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	<title>Philosophie</title>
	<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/</link>
	<description>Ce site est consacr&#233; &#224; l'enseignement de la philosophie dans l'Acad&#233;mie de Normandie.</description>
	<language>fr</language>
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le mythe du P&#232;re No&#235;l selon L&#233;vi-Strauss</title>
		<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article636</link>
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		<dc:date>2023-12-20T09:46:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Blondeau</dc:creator>


		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>Les pouvoirs de la parole</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pr&#233;sentation de l'article de Claude L&#233;vi-Strauss, Le P&#232;re No&#235;l supplici&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;Les pouvoirs de la parole&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le supplice du P&#232;re No&#235;l en 1951&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;No&#235;l est-elle une f&#234;te exclusivement chr&#233;tienne, celle de la Nativit&#233; ? Est-elle une op&#233;ration commerciale import&#233;e des &#201;tats-Unis ? Un moyen de contr&#244;le sur les enfants pour qu'ils soient sages et ob&#233;issants ? Ou bien No&#235;l est-elle la r&#233;surgence de mythes anciens sous une forme moderne, voire une nouvelle religiosit&#233; qui berce les adultes eux-m&#234;mes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces questions auxquelles r&#233;pond l'anthropologue Claude L&#233;vi-Strauss dans un article magistral et d'une belle &#233;criture, paru dans le n&#176;77 des &lt;i&gt;Temps modernes&lt;/i&gt; en 1952, &lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/levi_strauss_claude/pere_noel_supplicie/pere_noel_supplicie_texte.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le P&#232;re No&#235;l supplici&#233; &#187;&lt;/a&gt;. Ce texte est une le&#231;on d'anthropologie appliqu&#233;e &#224; l'espace et au temps les plus proches de L&#233;vi-Strauss, la France de la fin de 1951&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article a &#233;galement &#233;t&#233; &#233;dit&#233; au format livre : Claude L&#233;vi-Strauss, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part de L&#233;vi-Strauss est un fait presque divers qui pourrait &#233;tonner la lectrice ou le lecteur de 2023 : des eccl&#233;siastiques ont fait pendre et br&#251;ler le P&#232;re No&#235;l en effigie, le dimanche 23 d&#233;cembre 1951 vers 15h, devant le parvis de la cath&#233;drale de Dijon, en pr&#233;sence de centaines d'enfants. Cette information se trouve dans &lt;i&gt;France Soir&lt;/i&gt; du 24 d&#233;cembre 1951, comment&#233; par L&#233;vi-Strauss. Le fait montre une certaine fracture entre des autorit&#233;s chr&#233;tiennes qui veulent conserver No&#235;l comme une f&#234;te de la naissance de J&#233;sus-Christ, et des anticl&#233;ricaux qui en profitent pour se ranger du c&#244;t&#233; du P&#232;re No&#235;l. La question ne fait cependant pas l'unanimit&#233; au sein de l'&#201;glise elle-m&#234;me. L&#233;vi-Strauss se demande si les eccl&#233;siastiques ont raison de voir dans le P&#232;re No&#235;l un nouvel avatar du paganisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Analogies entre le P&#232;re No&#235;l et d'autres mythes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'anthropologue, fid&#232;le &#224; sa m&#233;thode structurale, parvient &#224; trouver des analogies entre le P&#232;re No&#235;l et beaucoup d'autres mythes, par exemple les &#171; &lt;i&gt;katchina&lt;/i&gt; des Indiens du Sud-Ouest des &#201;tats-Unis &#187;. Ces derniers ont coutume de porter des masques pour se faire passer pour les esprits des anc&#234;tres aupr&#232;s des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ces personnages costum&#233;s et masqu&#233;s incarnent des dieux et des anc&#234;tres ; ils reviennent p&#233;riodiquement visiter leur village pour y danser, et pour punir ou r&#233;compenser les enfants, car on s'arrange pour que ceux-ci ne reconnaissent pas leurs parents ou familiers sous le d&#233;guisement traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L&#233;vi-Strauss rappelle aussi que le P&#232;re No&#235;l a des points communs majeurs avec Saint Nicolas, ce qui est bien connu, et qu'il est en quelque sorte l'envers du P&#232;re Fouettard. Il &#233;crit &#233;galement :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[qu']il est g&#233;n&#233;ralement admis par les historiens des religions et par les folkloristes que l'origine lointaine du P&#232;re No&#235;l se trouve dans cet Abb&#233; de Liesse, Abbas Stultorum, Abb&#233; de la Malgouvern&#233; qui traduit exactement l'anglais Lord of Misrule, tous personnages qui sont, pour une dur&#233;e d&#233;termin&#233;e, rois de No&#235;l et en qui on reconna&#238;t les h&#233;ritiers du roi des Saturnales de l'&#233;poque romaine.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de civilisations, anciennes et modernes, ont des rites et mythes similaires, concernant des personnages qui reviennent chaque ann&#233;e vers le mois de d&#233;cembre et qui sont associ&#233;s aux morts et/ou aux enfants, les cat&#233;gories de personnes &#171; autres &#187;, en dehors du monde social habituel. L'auteur fait d'ailleurs un rapprochement tr&#232;s int&#233;ressant entre Halloween et No&#235;l. Lors de la f&#234;te d'Halloween, les enfants jouent les morts et pers&#233;cutent les adultes en &#233;change de cadeaux. C'est le d&#233;but de la &lt;strong&gt;dialectique de l'automne&lt;/strong&gt;, qui s'ach&#232;ve par les cadeaux des adultes aux enfants en toute &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le progr&#232;s de l'automne, depuis son d&#233;but jusqu'au solstice qui marque le sauvetage de la lumi&#232;re et de la vie, s'accompagne donc, sur le plan rituel, d'une d&#233;marche dialectique dont les principales &#233;tapes sont : le retour des morts, leur conduite mena&#231;ante et pers&#233;cutrice, l'&#233;tablissement d'un modus vivendi avec les vivants fait d'un &#233;change de services et de pr&#233;sents, enfin le triomphe de la vie quand, &#224; la No&#235;l, les morts combl&#233;s de cadeaux quittent les vivants pour les laisser en paix jusqu'au prochain automne.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le mois de d&#233;cembre est tr&#232;s souvent associ&#233; &#224; une forme de libert&#233;, de renversement temporaire des r&#244;les sociaux, ce qui permet de faire un lien entre No&#235;l et les Saturnales romaines. L&#233;vi-Strauss cite la belle expression du po&#232;te latin Horace, la &lt;i&gt;libertas decembris&lt;/i&gt;. Dans la &lt;a href=&#034;https://www.espace-horace.org/trad/patin/satires2.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;traduction d'Henri Patin&lt;/a&gt;, Horace &#233;crit le dialogue suivant :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;DAVE. Je suis l&#224;, depuis longtemps, guettant l'occasion : j'aurais &#224; te dire quelques mots ; mais je ne suis qu'un esclave, je n'ose.&lt;br class='autobr' /&gt;
HORACE. C'est toi, Dave ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DAVE. Oui, Dave, un serviteur attach&#233; &#224; son ma&#238;tre, et honn&#234;te, juste ce qu'il faut ; c'est-&#224;-dire qu'on peut &#234;tre sans inqui&#233;tude pour sa vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
HORACE. C'est bien ; tu peux user, ainsi l'ont voulu nos p&#232;res, des &lt;strong&gt;franchises de d&#233;cembre&lt;/strong&gt;. Je t'&#233;coute.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Horace, Satires, livre II, VII.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Typologie religieuse du P&#232;re No&#235;l&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En classe, je fais &#233;tudier aux &#233;l&#232;ves deux passages de l'article de L&#233;vi-Strauss, celui o&#249; le P&#232;re No&#235;l est class&#233; dans la typologie religieuse, et celui o&#249; les aspects religieux du P&#232;re No&#235;l chez les adultes sont mentionn&#233;s. Le P&#232;re No&#235;l &lt;strong&gt;n'est pas un &#234;tre mythique&lt;/strong&gt;, &#233;crit l'anthropologue, car &#171; il n'y a pas de mythe qui rende compte de son origine et de ses fonctions &#187;. &#201;videmment, depuis 1952, de nombreux contes et films ont tent&#233; de rendre compte de l'origine du P&#232;re No&#235;l et de ses fonctions, comme &lt;i&gt;Les Cinq l&#233;gendes&lt;/i&gt; de Peter Ramsey (2012). Mais au d&#233;part, il n'y a rien qui explique d'o&#249; vient le P&#232;re No&#235;l ni pourquoi il est le roi de l'hiver qui distribue des r&#233;compenses. Ensuite, le P&#232;re No&#235;l &lt;strong&gt;n'est pas une l&#233;gende&lt;/strong&gt;, &#171; puisqu'aucun r&#233;cit semi-historique ne lui est attach&#233; &#187;. Le personnage ne r&#233;sulte pas de l'ajout d'exploits plus ou moins miraculeux &#224; une personne dont l'existence est historiquement attest&#233;e. Il reste la &lt;strong&gt;cat&#233;gorie des divinit&#233;s&lt;/strong&gt; : le P&#232;re No&#235;l est un &#171; &#234;tre surnaturel et immuable, &#233;ternellement fix&#233; dans sa forme et d&#233;fini par une fonction exclusive et un retour p&#233;riodique &#187;. Les enfants lui vouent un culte, en lui envoyant des lettres avec des pri&#232;res, et le P&#232;re No&#235;l exerce la fonction classique de la justice divine, celle qui r&#233;compense sans erreur les bons et punit les m&#233;chants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, L&#233;vi-Strauss souligne l'insuffisance des explications utilitaires du r&#244;le social et culturel du P&#232;re No&#235;l. Le fait que des soldats am&#233;ricains aient popularis&#233; la f&#234;te apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, le fait que le mensonge des adultes serve &#224; rendre les enfants dociles, le fait que les papetiers veulent vendre plus d'emballages cadeaux, ne permettent pas de comprendre &#224; eux seuls le succ&#232;s de ce nouveau rite. Ce rite est class&#233; d'ailleurs parmi les rites de passage, puisque la croyance au P&#232;re No&#235;l distingue nettement deux classes d'&#226;ges, les enfants et les adultes. Mais les adultes, m&#234;me s'ils ne croient pas litt&#233;ralement au P&#232;re No&#235;l, ont besoin de lui :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Interrogeons-nous sur le soin tendre que nous prenons du P&#232;re No&#235;l ; sur les pr&#233;cautions et les sacrifices que nous consentons pour maintenir son prestige intact aupr&#232;s des enfants. N'est-ce pas qu'&lt;strong&gt;au fond de nous veille toujours le d&#233;sir de croire&lt;/strong&gt;, aussi peu que ce soit, en une &lt;strong&gt;g&#233;n&#233;rosit&#233; sans contr&#244;le, une gentillesse sans arri&#232;re-pens&#233;e&lt;/strong&gt; ; en un bref intervalle durant lequel sont suspendus toute crainte, toute envie et toute amertume ? Sans doute ne pouvons-nous partager pleinement l'illusion ; mais ce qui justifie nos efforts, c'est qu'entretenue chez d'autres, elle nous procure au moins l'occasion de &lt;strong&gt;nous r&#233;chauffer &#224; la flamme allum&#233;e dans ces jeunes &#226;mes&lt;/strong&gt;. La croyance o&#249; nous gardons nos enfants que leurs jouets viennent de l'au-del&#224; apporte un alibi au secret mouvement qui nous incite, en fait, &#224; les offrir &#224; l'au-del&#224; sous pr&#233;texte de les donner aux enfants. Par ce moyen, les cadeaux de No&#235;l restent un sacrifice v&#233;ritable &#224; la douceur de vivre, laquelle consiste d'abord &#224; ne pas mourir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;No&#235;l est l'occasion de croire temporairement qu'il existe dans ce monde de la bont&#233; et de l'espoir. D'o&#249; la surabondance et la cyclicit&#233; des fameuses com&#233;dies de No&#235;l qui repassent &#224; la t&#233;l&#233;vision chaque ann&#233;e, avec une &lt;i&gt;happy end&lt;/i&gt; syst&#233;matique. No&#235;l a un aspect fondamentalement religieux pour L&#233;vi-Strauss, et sur ce point les eccl&#233;siastiques ont donc raison. Mais pour L&#233;vi-Strauss, non seulement les individus ont le droit d'&#234;tre pa&#239;ens, mais de plus les eccl&#233;siastiques de 1951 ont eux-m&#234;mes mis la derni&#232;re main &#224; la dimension pa&#239;enne du P&#232;re No&#235;l en le br&#251;lant symboliquement. En effet :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Frazer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Georges Frazer, anthropologue &#233;cossais (1854-1941), auteur du Rameau d'or.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a jadis montr&#233; que le roi des Saturnales est lui-m&#234;me l'h&#233;ritier d'un prototype plus ancien qui, apr&#232;s avoir personnifi&#233; le roi Saturne et s'&#234;tre, pendant un mois, permis tous les exc&#232;s, &#233;tait solennellement sacrifi&#233; sur l'autel du Dieu. Gr&#226;ce &#224; l'autodaf&#233; de Dijon, voici donc le h&#233;ros reconstitu&#233; avec tous ses caract&#232;res, et ce n'est pas le moindre paradoxe de cette singuli&#232;re affaire qu'en voulant mettre fin au P&#232;re No&#235;l, les eccl&#233;siastiques dijonnais n'aient fait que restaurer dans sa pl&#233;nitude, apr&#232;s une &#233;clipse de quelques mill&#233;naires, une figure rituelle dont ils se sont ainsi charg&#233;s, sous pr&#233;texte de la d&#233;truire, de prouver eux-m&#234;mes la p&#233;rennit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_946 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;165&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://philosophie.ac-normandie.fr/IMG/odt/levistrauss-noel.odt' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='OpenDocument Text - 21.9 kio' type=&#034;application/vnd.oasis.opendocument.text&#034;&gt;&lt;img src='https://philosophie.ac-normandie.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/odt-251e4.svg?1779461500' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-946 '&gt;&lt;strong&gt;Le P&#232;re No&#235;l par L&#233;vi-Strauss
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-946 '&gt;Textes qui peuvent &#234;tre &#233;tudi&#233;s en classe, dans un cours sur la religion en Terminale ou sur les s&#233;ductions de la parole en Premi&#232;re.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'article a &#233;galement &#233;t&#233; &#233;dit&#233; au format livre : Claude L&#233;vi-Strauss, &lt;i&gt;Le P&#232;re No&#235;l supplici&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2016, avant-propos de Maurice Olender.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Horace, &lt;i&gt;Satires&lt;/i&gt;, livre II, VII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;James Georges Frazer, anthropologue &#233;cossais (1854-1941), auteur du &lt;i&gt;Rameau d'or&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Traiter le programme : organiser l'&#233;tude de la religion et de la justice.</title>
		<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article629</link>
		<guid isPermaLink="true">https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article629</guid>
		<dc:date>2023-07-12T08:27:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Leli&#232;vre, Fr&#233;d&#233;ric Blondeau</dc:creator>


		<dc:subject>Raison</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LA RELIGION &lt;br class='autobr' /&gt;
Notion sensible mais cruciale &lt;br class='autobr' /&gt;
La religion est une notion strat&#233;gique dans l'&#233;conomie de la discipline et l'insertion dans notre temps. Son &#233;tude en classe est li&#233;e &#224; une double difficult&#233; : D&#233;ficit de culture religieuse des &#233;l&#232;ves : effacement de rep&#232;res, opacit&#233; des r&#233;f&#233;rents, parfois et m&#234;me surtout chez les &#171; convertis &#187;. Obstacle &#224; l'&#233;tude de certains th&#232;mes et des auteurs antiques et classiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; l'obligation et l'int&#233;r&#234;t d'investir ce champ pour que les &#233;l&#232;ves (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;Enseigner la philosophie en classes technologiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Raison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot43" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- LA RELIGION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Notion sensible mais cruciale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La religion est une notion strat&#233;gique dans l'&#233;conomie de la discipline et l'insertion dans notre temps. Son &#233;tude en classe est li&#233;e &#224; une double difficult&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;D&#233;ficit de culture religieuse des &#233;l&#232;ves :&lt;/strong&gt; effacement de rep&#232;res, opacit&#233; des r&#233;f&#233;rents, parfois et m&#234;me surtout chez les &#171; convertis &#187;. Obstacle &#224; l'&#233;tude de certains th&#232;mes et des auteurs antiques et classiques.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'obligation et l'int&#233;r&#234;t d'investir ce champ pour que les &#233;l&#232;ves sachent de quoi il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Forclusion fr&#233;quente d'une dimension fondamentale de l'exp&#233;rience individuelle et collective et retour d'un horizon dont nous serions &#171; sortis &#187; :&lt;/strong&gt; contexte de menace et de violence, devoir de neutralit&#233; de l'enseignant. Caract&#232;re sensible du sujet et danger du refus de penser. Force des strat&#233;gies d'&#233;vitement ou, &#224; l'inverse, d'affrontement. R&#233;alit&#233; de forts clivages.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; un enjeu qui est &#224; la fois scolaire et politique : pouvoir conduire et proposer en classe, en toute libert&#233;, un enseignement inform&#233; et formateur, instruire les &#233;l&#232;ves, &#233;largir leur horizon, s'engager pour eux et avec eux dans l'&#233;tude d'un objet complexe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une obligation de traitement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La religion est inscrite, ne f&#251;t-ce que par contraste, dans le r&#233;f&#233;rentiel de comp&#233;tences communes aux m&#233;tiers du professorat et de l'&#233;ducation : &#171; &lt;strong&gt;faire partager les valeurs de la r&#233;publique&lt;/strong&gt; &#187;, &#171; aider les &#233;l&#232;ves &#224; d&#233;velopper leur esprit critique, &#224; distinguer les savoirs des opinions ou des &lt;strong&gt;croyances&lt;/strong&gt;, &#224; savoir argumenter et &#224; respecter la pens&#233;e des autres. &#187;. Ceci implique un travail de &lt;strong&gt;distinction entre foi et savoir&lt;/strong&gt;, religion et science, confession et recherche mais &#233;galement entre &lt;strong&gt;philosophie et th&#233;ologie&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;galement : &#171; Savoir transmettre et faire partager les principes de la vie d&#233;mocratique ainsi que les valeurs de la R&#233;publique : la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ; la &lt;strong&gt;la&#239;cit&#233;&lt;/strong&gt; ; le refus de toutes les discriminations. &#187;. D'o&#249; un second axe imp&#233;ratif de travail autour de &lt;strong&gt;la s&#233;paration moderne de l'&#201;tat et de la religion&lt;/strong&gt; et des concepts (citoyennet&#233; et &#233;galit&#233; de droit, libert&#233; de conscience, libert&#233; d'expression, &#201;tat et soci&#233;t&#233;) mais &#233;galement de ce qui la pr&#233;c&#232;de et dont elle se distingue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques axes possibles et objets de travail avec les &#233;l&#232;ves&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Axe anthropologique&lt;/i&gt; : &lt;strong&gt;la violence et le sacr&#233;, les rites et les interdits&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux racines du lien social : &#233;tude d'un interdit : par exemple, interdit du meurtre, de l'inceste, r&#232;gles de l'alliance, interdits alimentaires. Distinction du sacr&#233; et du profane. Ou encore r&#232;gles li&#233;es &#224; la s&#233;pulture. Montrer leur universalit&#233; et leur fonction &#224; partir de l'&#233;tude d'un exemple. Possibilit&#233; de leur mise en question sur l'exemple de la division sociale des sexes : l'emprise sur le corps des femmes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Axe herm&#233;neutique&lt;/i&gt; : &lt;strong&gt;le mythe, la science et la philosophie&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un r&#233;gime de discours : &#233;tude d'un texte ou d'un symbole : Adam et &#200;ve, Sacrifice d'Abraham, Mo&#239;se et Aaron, Crucifixion, Nuit du Miraj ou encore : Er le Pamphylien, &#338;dipe Roi, &#201;pim&#233;th&#233;e et Prom&#233;th&#233;e etc. Il faut prendre garde au fait qu'une religion est toujours aussi un ensemble de textes : r&#233;cits, histoires, psaumes, pri&#232;res, sermons, pr&#233;dications qui sont des &#034;ressources de sens&#034; et ouvrent &#224; une pluralit&#233; de versions et d'interpr&#233;tations. D&#233;jouer le litt&#233;ralisme et le positivisme. Travail &#233;galement possible sur les rituels qui sont ins&#233;parables des croyances et qui continuent de r&#233;gir la vie de certaines communaut&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Axe eschatologique&lt;/i&gt; : &lt;strong&gt;histoire et salut, id&#233;ologie et utopie&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un vecteur de m&#233;moire et de conflit de m&#233;moires : &#233;tude de la fonction de la religion dans son rapport &#224; la structuration du temps : rapport &#224; une m&#233;moire et &#224; une attente : comment elle organise une communaut&#233; et comment la gestion de sa m&#233;moire est un enjeu politique. L'exemple du &#171; progr&#232;s &#187; comme &#171; religion s&#233;culi&#232;re &#187;. Une m&#233;moire gag&#233;e sur l'absolu et orient&#233;e aussi vers l'attente du salut. Fonction remplie dans la communaut&#233; par des experts ou des virtuoses du sacr&#233; : le magicien, le pr&#234;tre ou le proph&#232;te.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- LA JUSTICE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A l'intersection de la morale et de la politique.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La notion de justice est cruciale pour ces s&#233;ries car elle permet une entr&#233;e dans &lt;i&gt;les questions politiques&lt;/i&gt;. Fondatrice de l'ordre social, la justice est &lt;i&gt;&#171; la vertu des vertus &#187;&lt;/i&gt; : elle est, en effet, d'abord une &lt;strong&gt; institution&lt;/strong&gt;. Elle est inscrite au c&#339;ur de la devise r&#233;publicaine : &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la justice offre &#233;galement une entr&#233;e privil&#233;gi&#233;e dans &lt;i&gt;la m&#233;taphysique et la morale&lt;/i&gt; &#224; travers la question de &lt;strong&gt;l'imputation&lt;/strong&gt; et de la responsabilit&#233; mais aussi celle de la violence, violence commise et violence subie, violence fondatrice et violence surmont&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'architectonique des programmes, l'&#233;tude de la notion de justice peut se d&#233;ployer selon trois axes : &lt;br class='autobr' /&gt;
1.	&lt;strong&gt;La justice et la raison&lt;/strong&gt; : l'&#233;tude de l'instauration de la norme, de son application, l'administration de la justice.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.	&lt;strong&gt;La justice et L'&#201;tat &lt;/strong&gt; : l'instauration d'un ordre qui attribue &#224; &#171; chacun ce qui lui revient &#187;. Cet axe permet de r&#233;fl&#233;chir &#224; &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;&#171; la structure de base de la soci&#233;t&#233; ou, plus exactement, la fa&#231;on dont les institutions sociales les plus importantes r&#233;partissent les droits et devoirs fondamentaux et d&#233;terminent la r&#233;partition des avantages tir&#233;s de la coop&#233;ration sociale &#187;&lt;/strong&gt;. Rawls, TJ, I, 2.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.	&lt;strong&gt;La justice et la religion&lt;/strong&gt; : la question des fondements universels ou relatifs de la justice et de son caract&#232;re absolu et transcendant ou purement instrumental. La mention de la religion conduit &#224; aller au-del&#224; de l'aspect social et politique vers une interrogation sur le mal radical ou, &#224; l'inverse, l'utopie d'une soci&#233;t&#233; sans &#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article631' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les ressources propos&#233;es ici par Jean-Charles Royer&lt;/a&gt; sont des diff&#233;rents dispositifs issus des travaux du GFEN dont il est un contributeur actif. Elles s'enracinent dans un travail sur la &lt;strong&gt; vengeance&lt;/strong&gt; et invite &#224; une exploration qui recroise les diff&#233;rentes dimensions &#233;num&#233;r&#233;es plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &lt;a href='https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article541' class=&#034;spip_in&#034;&gt;autre ressource propos&#233;e par Louis Rouill&#233;&lt;/a&gt; et nombreux articles sur le site &#224; propos de la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article631' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Suite et fin.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Montaigne et l'invention du scepticisme moderne</title>
		<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article617</link>
		<guid isPermaLink="true">https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article617</guid>
		<dc:date>2023-03-01T10:55:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Leli&#232;vre</dc:creator>


		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Humanit&#233;s, Litt&#233;rature et Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Science</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une journ&#233;e de formation s'est tenue &#224; Fort-de-France le 9 f&#233;vrier dernier. Elle portait sur les th&#232;mes et sur les &#339;uvres au programme des classes pr&#233;paratoires en pr&#233;sence des &#233;l&#232;ves de ces s&#233;ries. Ce texte de pr&#233;sentation de l'Apologie de Raymond Sebond est une incitation &#224; lire ce texte fondamental et &#224; le faire &#233;tudier.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?rubrique60" rel="directory"&gt;Publications originales&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;V&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot44" rel="tag"&gt;Humanit&#233;s, Litt&#233;rature et Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;tude de l'Apologie de Raymond Sebond&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Apologie de Raymond Sebond est un texte majeur de Montaigne situ&#233; au centre de la seconde partie de ses Essais. &#201;crit vers 1580, il y expose de fa&#231;on syst&#233;matique la forme la plus radicale du scepticisme. Inspir&#233; par les sources antiques (Sextus Empiricus, Cic&#233;ron et Augustin), Montaigne va largement au-del&#224;. Alors que l'essai se pr&#233;sente comme une &#171; apologie &#187;, c'est-&#224;-dire une d&#233;fense de l'ouvrage du th&#233;ologien catalan Raymond Sebond, intitul&#233; la Th&#233;ologie naturelle et que Montaigne a traduit, il en est, en v&#233;rit&#233;, la r&#233;futation pratiquement int&#233;grale. Alors que Sebond d&#233;fendait un humanisme optimiste et rationaliste (pour lequel il est possible de conna&#238;tre Dieu) : alors que sa position de fond &#233;tait anthropocentriste et optimiste (l'homme, cr&#233;ature &#233;minente de Dieu, occupe le sommet de sa cr&#233;ation et de l'&#233;chelle des &#234;tres), Montaigne, tout au contraire, d&#233;fend un fid&#233;isme strict et un pyrrhonisme qui rabaisse en particulier l'homme au niveau des autres &#171; b&#234;tes &#187;. En r&#233;alit&#233;, il s'agit d'une r&#233;ponse au d&#233;fi que Luther a pos&#233; &#224; l'&#201;glise en destituant ses Docteurs, ses Conciles et ses Papes de toute autorit&#233;. Ne valent pour le r&#233;formateur que la &#171; foi seule &#187; et &#171; l'&#201;criture seule &#187;. Cette rupture provoque une crise politique et religieuse majeure qui &#233;clate au moment o&#249; la d&#233;couverte de l'infinit&#233; de l'univers, autre s&#233;isme, et celle de la pluralit&#233; des cultures remettent en cause l'ordre d'un monde ancien. C'est la raison pour laquelle Montaigne ouvre avec cet essai un &#171; moment pyrrhonien &#187; que seuls Pascal et Descartes refermeront, pr&#232;s de cinquante ans plus tard, et invente une forme de scepticisme, destituant toute possibilit&#233; d'un fondement absolu, dont nous sommes les h&#233;ritiers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Introduction &lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Aux racines de la condition humaine&lt;/h4&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Nous avons &lt;i&gt;pour notre part&lt;/i&gt; l'inconstance, l'irr&#233;solution, l'incertitude, le deuil (la souffrance, le chagrin), la sollicitude (l'inqui&#233;tude) des choses &#224; venir, voire, apr&#232;s notre vie, l'ambition, l'avarice, la jalousie, les app&#233;tits d&#233;r&#233;gl&#233;s, forcen&#233;s et indomptables, la guerre, la d&#233;loyaut&#233;, la d&#233;traction (d&#233;nigrement) et la curiosit&#233;. Certes nous avons &#233;trangement surpay&#233; ce beau discours (la raison) de quoi nous nous glorifions et cette capacit&#233; de juger et de connaitre, si nous l'avons achet&#233; au prix de ce nombre infini de passions auxquelles nous sommes incessamment aux prises (p. 109).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les r&#233;f&#233;rences renvoient &#224; l'&#233;dition de l'Apologie &#233;tablie par Paul Mathias (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le scepticisme moderne, dont Montaigne donne ici la formule, diff&#232;re du scepticisme antique par le constat de l'impossibilit&#233;, pour tout &#234;tre humain, d'&#233;chapper &#224; ses passions et de mettre &#224; distance les repr&#233;sentations dont elles s'accompagnent dans son esprit pour l'inciter &#224; penser et &#224; agir de telle ou telle fa&#231;on. En effet, l'objectif antique des pyrrhoniens : &#171; cette assiette de leur jugement, droite et inflexible, recevant tous objets sans application et consentement et [qui] les achemine &#224; leur Ataraxie (s&#233;r&#233;nit&#233;, absence de troubles), exempte des agitations que nous recevons par l'impression de&lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt; l'opinion et science que nous pensons avoir des choses&lt;/strong&gt; &#187; (p. 133) est, pour Montaigne, parfaitement inaccessible. Notre exp&#233;rience ne cesse de nous le confirmer, &#171; c'est chose tendre que la vie, et ais&#233;e &#224; troubler &#187; (III, 9, De la vanit&#233;). Le ph&#233;nom&#232;ne de la croyance, c'est-&#224;-dire de la &#171; science que nous pensons avoir des choses &#187; est, pour cette forme moderne du scepticisme, la dimension centrale de notre esprit. Elle se manifeste par une cr&#233;dulit&#233; qu'il s'agit sans cesse de rectifier contre elle-m&#234;me mais aussi par une cr&#233;dibilit&#233; dont il faut savoir mesurer les degr&#233;s. A partir de Montaigne, le sceptique ne reste pas dans une pure suspension, il juge, tranche et prend position mais avec la conscience de la relativit&#233; de sa d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'on nous pr&#234;che, quoi que nous apprenions, il faudrait toujours se souvenir que c'est l'homme qui donne et l'homme qui re&#231;oit ; c'est une mortelle main qui nous le pr&#233;sente et c'est une mortelle main qui l'accepte (p. 221).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La centralit&#233; de notre humanit&#233; est ici le second trait d'un scepticisme qui est une r&#233;flexion sur la condition humaine. Cependant cette humanit&#233; est une humanit&#233; abaiss&#233;e qui ne peut se saisir que par cet abaissement et par l'humiliation de la &#171; pr&#233;somption &#187; qui lui est naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le moyen que je prends pour rabattre cette fr&#233;n&#233;sie et qui me semble le plus propre, c'est de froisser et fouler aux pieds l'orgueil et humaine fiert&#233;, leur faire sentir l'inanit&#233;, la vanit&#233; et d&#233;n&#233;antise de l'homme ; leur arracher des poings les ch&#233;tives armes de leur raison ; leur faire baisser la t&#234;te et mordre la terre sous l'autorit&#233; et r&#233;v&#233;rence de la majest&#233; divine (p. 55).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La disproportion entre la majest&#233; d'un Dieu inaccessible et la condition humaine est un point crucial de l'essai. Elle ouvre &#224; l'exploration positive de l'exp&#233;rience humaine qui est d'une extraordinaire diversit&#233;. Par l'Apologie, Montaigne balise le &#171; territoire de l'homme &#187;. Il conclut son essai par une formule tout &#224; la fois de fermeture et d'ouverture : &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;&#171; nous n'avons aucune communication &#224; l'&#234;tre et toute humaine nature est toujours au milieu entre na&#238;tre et mourir &#187;&lt;/strong&gt; (p. 275). Philosopher sera donc &#171; apprendre &#224; mourir &#187;, c'est-&#224;-dire se &#171; savoir mortel &#187;, mais ce sera aussi et du m&#234;me mouvement apprendre &#224; vivre.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire l'Apologie&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La lecture de cet essai, comme tout essai de Montaigne, pr&#233;sente trois difficult&#233;s : son &#233;criture n'est pas classique ; sa forme est d&#233;concertante ; son objet enfin, est, comme tr&#232;s rarement, celui indiqu&#233; par son titre.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt; Une &#233;criture baroque. &lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re difficult&#233; d'acc&#232;s au texte de l'auteur tient &#224; sa langue qui est un mixte de gascon et de latin. D'incessantes et parfois fort longues citations latines viennent sans cesse interrompre le cours de la lecture. L'&#233;crivain Montaigne est en r&#233;alit&#233; le produit d'une sorte d'exp&#233;rimentation p&#233;dagogique men&#233;e et imagin&#233;e par son p&#232;re. Celui-ci tenait &#224; le mettre &#224; la meilleure &#233;cole, celle de la &#171; plus haute et meilleure humanit&#233; &#187; qui parlait le latin et le grec. Il ordonna qu'on lui parl&#226;t dans ses premi&#232;res ann&#233;es en ces deux seules langues. Les textes antiques sont donc pour Montaigne une sorte de langue maternelle mais aussi un vaste r&#233;pertoire pour son esprit. Les citations, toujours instructives, peuvent donc avoir plusieurs fonctions et notamment une fonction strat&#233;gique en venant en appui de positions risqu&#233;es, comme, par exemple, quand il s'agit de sugg&#233;rer que notre &#226;me est par nature mortelle et corporelle en citant longuement Lucr&#232;ce, que Montaigne r&#233;v&#233;rait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais Montaigne est aussi et d'abord un &#233;crivain, un tr&#232;s grand &#233;crivain m&#234;me. C'est un auteur qui composait &#224; voix haute, en marchant et dictait son texte &#224; un secr&#233;taire. Un auteur qui n'a cess&#233; de prendre et de reprendre son texte pour le pr&#233;ciser et le compl&#233;ter (par des &#171; allongeails &#187;). Il est donc conseill&#233; de le lire comme &#224; voix haute, en prenant et en reprenant sa lecture.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Et quand personne ne me lira, ai-je perdu mon temps de m'&#234;tre entretenu tant d'heures oisives &#224; pensements (r&#233;flexions) si utiles et agr&#233;ables ? [&#8230;]. Je n'ai pas plus fait mon livre que mon livre m'a fait, livre consubstantiel &#224; son auteur, d'une occupation propre, membre de ma vie ; non d'une occupation et fin tierce et &#233;trang&#232;re comme tous autres livres (Du d&#233;mentir, livre II, 18).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt; Une structure d'essai&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Un essai n'est ni un trait&#233;, dot&#233; de chapitres et de parties distinctes, ni une dissertation qui expose dialectiquement un probl&#232;me pour le r&#233;soudre. C'est comme l'indiquent les &#171; attendus &#187; de l'&#233;preuve de la sp&#233;cialit&#233; &#171; Humanit&#233;s, litt&#233;rature et philosophie &#187;, un exercice d'argumentation qui &#171; rend compte d'une pens&#233;e &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;personnelle&lt;/strong&gt;, &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;progressive et ordonn&#233;e&lt;/strong&gt;, &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;appuy&#233;e sur des r&#233;f&#233;rences et des exemples pr&#233;cis &lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En toute cette fricass&#233;e que je barbouille ici n'est qu'un registre des essais de ma vie &#187; (III, 13, De l'exp&#233;rience), Montaigne s'engage et sollicite le lecteur avec une pr&#233;dilection d&#233;lib&#233;r&#233;e pour les exemples qui peuvent &#234;tre multipli&#233;s (comme pour le &#171; bestiaire &#187;). La composition proc&#232;de par modules connect&#233;s intuitivement plus que logiquement. Le fil en est sinueux, mais il est ferme. Vous trouverez &#224; la fin de ce texte une proposition de plan raisonn&#233;. L'Apologie commence par une entr&#233;e en mati&#232;re qui en donne le th&#232;me (la valeur de cette &#171; tr&#232;s utile et grande partie &#187; qu'est la science) et se termine par un paragraphe final qui r&#233;capitule sa le&#231;on : l'homme &#171; ne peut voir que de ses yeux ni saisir que de ses mains. Il s'&#233;l&#232;vera si Dieu lui pr&#234;te extraordinairement la main &#187; (p 279).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible de distinguer en son sein trois modules principaux :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Un long &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;&#171; bestiaire &#187;&lt;/strong&gt; qui souligne le compagnonnage entre l'animal et l'homme.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'expos&#233; tr&#232;s &#233;tendu du &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;&#171; pyrrhonisme &#187;&lt;/strong&gt; qui constitue le corps de l'ouvrage et qui se cl&#244;t par un final virtuose sur lequel nous reviendrons.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D'abord, un premier module qui souligne &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;la crise morale et religieuse&lt;/strong&gt; pr&#233;sente.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette entr&#233;e en mati&#232;re donne l'harmonique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pr&#234;tons volontiers &#224; la d&#233;votion que les offices (obligations) qui flattent nos passions. Il n'est point d'hostilit&#233; excellente comme la chr&#233;tienne. Notre z&#232;le fait merveilles, quand il va secondant notre pente vers la haine, la cruaut&#233;, l'ambition, l'avarice, la d&#233;traction (d&#233;nigrement), la r&#233;bellion. [&#8230;] Notre religion est faite pour extirper les vices ; elle les couvre, les nourrit les incite (p. 49).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette entr&#233;e en mati&#232;re permet de souligner le caract&#232;re politique de l'essai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant pour pr&#233;texte la d&#233;fense d'un th&#233;ologien aujourd'hui oubli&#233;, Montaigne livre ses r&#233;flexions sur les causes et les rem&#232;des d'un mal qui mit alors en p&#233;ril toute l'Europe et d'abord le Royaume de France. Montaigne est de ceux qui avec Jean Bodin, Michel de l'H&#244;pital, Jean-Auguste de Thou, Etienne Pasquier, avant eux, Etienne de la Bo&#233;tie, constituent le &#171; parti des politiques &#187;. Ils contribueront &#224; &#233;laborer les &#201;dits de Tol&#233;rance, dont le fameux &#171; &#201;dit de Nantes &#187;. S&#233;parant le politique du religieux, ils sont une des sources de la tol&#233;rance religieuse &#224; la fran&#231;aise et de la future la&#239;cit&#233;. Le pyrrhonisme est, pour Montaigne, un moyen puissant pour r&#233;soudre une guerre civile qui opposa deux France et la voie de d&#233;passement de conflits en apparence insolubles.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt; Un d&#233;fi radical&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;L'Apologie de Raymond Sebond est enfin un jalon essentiel dans l'histoire de la pens&#233;e et de la philosophie europ&#233;enne. Dans son dernier livre, livre-testament, &#171; Descartes et Pascal, lecteurs de Montaigne &#187;, L&#233;on Brunschvicg souligne la profondeur de la dette de nos deux philosophes classiques &#224; l'&#233;gard de Montaigne, et particuli&#232;rement celui de l'Apologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
De la date de sa parution (1580), &#224; celle du Discours de la m&#233;thode, (1637) puis des Pens&#233;es (1660), dont le titre aurait d&#251; &#234;tre Apologie pour la religion chr&#233;tienne, l'Apologie a constitu&#233; un &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;moment pyrrhonien&lt;/strong&gt; et un d&#233;fi &#224; toute la r&#233;flexion philosophique. Il a &#233;t&#233; longuement m&#233;dit&#233; et int&#233;gr&#233; par nos deux auteurs &#224; leur &#339;uvre m&#234;me. Lisant l'Apologie, le lecteur curieux pourra s'amuser &#224; y retrouver l'origine de formules c&#233;l&#232;bres : &#171; ob&#233;ir aux lois et coutumes de mon pays &#187;, &#171; v&#233;rit&#233; en de&#231;&#224; des Pyr&#233;n&#233;es, erreur au-del&#224; &#187;, &#171; le plus grand philosophe du monde sur une planche plus large qu'il ne faut &#187; etc. Il sera surpris d'y trouver nombre de sch&#232;mes argumentatifs dont l'argument du r&#234;ve qui est la cl&#233; de voute du &#171; cogito cart&#233;sien &#187; ou la mise en &#233;vidence de la &#171; force de l'imagination &#187; ou le &#171; discours sur la machine &#187; (le corps et les symboles du culte) sur lesquelles s'appuiera Pascal, mais pour une toute autre finalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Une apologie paradoxale : de l'humanisme optimiste &#224; l'humanisme d&#233;senchant&#233;&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt; Une double adresse : &#224; un p&#232;re et &#224; une reine de France&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'Apologie rappelle la double autorit&#233; et les circonstances de son &#233;criture. En effet, c'est d'abord le p&#232;re de Montaigne, &lt;strong&gt;Pierre Eyquem&lt;/strong&gt; (1495, 1568) qui aurait demand&#233; &#224; son fils une traduction d'un livre alors &#224; la mode, &#233;crit ou plut&#244;t transpos&#233; de l'espagnol au latin. La &#171; Th&#233;ologie naturelle, le livre des cr&#233;atures et de la nature ou la science de l'homme &#187; est l'&#339;uvre d'un pr&#234;tre s&#233;culier d'origine catalane, &lt;strong&gt;Raymond Sibiuda&lt;/strong&gt;. Elle est parue en 1436. Elle se pr&#233;sente comme une d&#233;fense de la religion chr&#233;tienne contre les infid&#232;les mais aussi contre la menace de l'humanisme sceptique et libertin qui commence alors &#224; se r&#233;pandre. Celle-ci se traduit par une forme d'indiff&#233;rentisme &#224; l'&#233;gard de la foi dont Montaigne ne sera pas totalement exempt. Sebond entend enraciner la foi chr&#233;tienne dans la connaissance rationnelle de la nature. L'ouvrage est moderne au sens o&#249; il est destin&#233; tant aux la&#239;cs qu'aux religieux. Sa traduction est, pour Montaigne, une op&#233;ration &#233;ditoriale qui lui assurera une premi&#232;re notori&#233;t&#233; et un public choisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ses lectrices figure en effet, la jeune&lt;strong&gt; Marguerite de Valois&lt;/strong&gt; dite &#171; Reine Margot &#187;, &#233;pouse d'Henri IV, future Reine de France, probable amante et, en tous cas, protectrice de Montaigne. Elle eut, comme elle le lui &#233;crit, la traduction de l'ouvrage entre les mains au moment de sa captivit&#233; au Louvre suite &#224; la Saint-Barth&#233;lemy. L'Apologie lui est destin&#233;e et peut-&#234;tre m&#234;me en a-t-elle command&#233; l'&#233;criture. Montaigne souligne combien le texte de Sebond est &#171; un livre tr&#232;s utile, et propre &#224; la saison en laquelle il lui donna ; ce fut lors que ces nouveaut&#233;s de Luther commen&#231;aient d'entrer en cr&#233;dit et &#233;branler en beaucoup de lieux notre ancienne cr&#233;ance &#187;. Le livre offre une &#171; quintessence de Saint Thomas d'Aquin &#187;, l'un des principaux ma&#238;tres de la philosophie scolastique (m&#233;di&#233;vale) et de la th&#233;ologie catholique (qui a &#233;t&#233; proclam&#233; &#171; docteur de l'&#201;glise &#187; par le pape Pie V en 1567). C'est donc un instrument id&#233;al pour lutter contre le &#171; calvinisme &#187; qui se r&#233;pand dans le royaume &#8211; et jusqu'au sein de la famille de Montaigne &#8211; et pour former les esprits &#224; une d&#233;fense intelligente du catholicisme, c'est-&#224;-dire de la religion &#233;tablie au fondement de la monarchie fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt; La vis&#233;e de la Th&#233;ologie naturelle : fonder la science de l'homme sur Dieu&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Ceci sans doute permettra de mieux comprendre le paradoxe de l'Apologie. Une &#171; apologie &#187; est d'ordinaire une &#171; d&#233;fense &#187;. Or, le texte de Montaigne, dont le travail de traduction permet de supposer qu'il lui a permis d'acqu&#233;rir une bonne maitrise des d&#233;dales de la th&#233;ologie de son temps, est plut&#244;t une &#171; r&#233;ponse &#187; &#224; son auteur et m&#234;me une &#171; attaque &#187; qui en prend l'exact contrepied sur des points essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sebond d&#233;fend un &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;rationalisme&lt;/strong&gt; strict en mati&#232;re de th&#233;ologie. Il veut, &#224; la suite de Raymond Lulle, &#171; passer du croire au savoir &#187; . &#171; Par cette science, peuvent &#234;tre r&#233;solues et sans difficult&#233;, toutes les questions qui se posent &#224; l'homme tant &#224; son propos qu'&#224; celui de Dieu &#187;. Ses arguments sont &#171; infaillibles &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les citations de Sebond sont extraites de l'&#233;tude d'Emmanuel Faye, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Traditionnellement, seuls les &#171; pr&#233;ambules de la foi &#187; pouvaient &#234;tre d&#233;montr&#233;s par la philosophie, comprise comme la &#171; servante de la th&#233;ologie &#187;. Sebond croit pouvoir justifier tous les dogmes de la religion, y compris l'Eucharistie ou la Trinit&#233;. Il tient que le &#171; livre de la nature &#187; est plus clair que le &#171; livre de Dieu &#187; et que son &#233;tude permet d'en &#233;lucider les obscurit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature est, pour lui, une &#171; &#233;chelle &#187;, au sommet de laquelle est plac&#233; l'homme. &#171; Tous les hommes ont &#233;galement le libre-arbitre qui est la propre et supr&#234;me dignit&#233; de l'homme &#187;. C'est un &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;anthropocentrisme&lt;/strong&gt; optimiste dont on retrouvera la formule dans Descartes. Une telle exaltation trouve sa racine dans une doctrine de la Cr&#233;ation centr&#233;e sur l'amour de Dieu pour l'homme. La prise de conscience de l'enracinement de notre vie dans le don divin de l'&#234;tre permet &#224; la cr&#233;ature et &#171; image de Dieu &#187; de se recentrer et trouver sa juste place. Elle est la pointe ultime d'une cr&#233;ation ordonn&#233;e selon l'&#233;chelle de &#171; l'&#234;tre &#187;, du &#171; vivre &#187;, du &#171; sentir &#187; et, enfin, de &#171; l'entendre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;coule que, pour celui qui sait retrouver, en et hors de lui, les plans du Cr&#233;ateur et rester fid&#232;le &#224; son amour, doivent primer optimisme et &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;pragmatisme&lt;/strong&gt;. Dieu agit toujours &#171; pour le mieux &#187;. De deux v&#233;rit&#233;s possibles donc, il conviendra de choisir toujours celle qui est &#171; la plus utile &#224; l'homme &#187;. Elle est celle que Dieu, le plus probablement, a mis en oeuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons, pour finir, que le livre de Sebond est divis&#233; en deux parties. La premi&#232;re traite de la &#171; condition &#187; humaine, la seconde de sa &#171; restitution &#187;, c'est-&#224;-dire de son &#171; rachat &#187; apr&#232;s la chute et apr&#232;s l'irruption, par la chair, du p&#233;ch&#233; en nos vies. La premi&#232;re partie couvre les deux tiers du livre de Sebond. Elle en constitue la partie la plus originale.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt; La double faille de la &#171; th&#233;ologie naturelle &#187; et la strat&#233;gie de Montaigne&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Montaigne prend l'exact contrepied de chacune de ces trois th&#232;ses. Scepticisme, pessimisme, humiliation de l'homme, tels sont les trois motifs qui peuvent permettre de s'orienter dans sa lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement d'humiliation est sa dimension majeure. Il trouve sa plus belle expression dans le &#171; bestiaire &#187; et dans une formule qui retourne par avance le &#171; devenir comme ma&#238;tres et possesseurs de la nature &#187; de Descartes.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;somption est notre maladie naturelle et originelle. La plus calamiteuse et fr&#234;le de toutes les cr&#233;atures, c'est l'homme, et quant et quand (en m&#234;me temps) la plus orgueilleuse. Elle se sent et voit log&#233;e ici, parmi la bourbe et le fient du monde, attach&#233;e et clou&#233;e &#224; la pire, plus morte et croupie partie de l'univers, au dernier &#233;tage du logis et le plus &#233;loign&#233; de la voute c&#233;leste, avec les animaux de la pire condition des trois (marchant, volant et nageant), et se va plantant par imagination, au-dessus du cercle de la Lune et ramenant le ciel sous ses pieds (p. 61).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre le paradoxe d'une apologie qui renverse ce qu'elle pr&#233;tend d&#233;fendre ? En r&#233;alit&#233;, Montaigne n'a pas l'intention de r&#233;p&#233;ter le propos de Sebond qu'il suffit d'aller lire directement dans une prose qu'il a longuement traduite. Il s'agit, pour lui, de d&#233;fendre ce livre aupr&#232;s du public de son temps et de r&#233;pondre &#224; deux objections qui constituent deux s&#233;rieux points de fragilit&#233; de sa d&#233;fense de la religion chr&#233;tienne. Elles menacent de ruiner l'ensemble de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;L'accusation d'impi&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;. &#171; La premi&#232;re r&#233;pr&#233;hension qu'on fait de son ouvrage, c'est que les Chr&#233;tiens se font tort de vouloir appuyer leur cr&#233;ance sur des raisons humaines, qui ne se con&#231;oit que par foi et par une inspiration particuli&#232;re de la gr&#226;ce divine &#187;, (p. 44). La pr&#233;face du livre de Sebond, en effet, a &#233;t&#233; mise &#224; l'index. L'auteur y affirmait, que &#171; tout ce qui s'apprend et se voit au livre de la nature est &#233;crit en celui de la Bible et [&#8230;] tout ce que disent les Saintes &#201;critures est contenu dans le livre de la nature &#187;. Autrement dit, il n'y a pas pour lui, de hi&#233;rarchie entre l'un et l'autre. Pire, par sa clart&#233; la raison humaine est un guide s&#251;r pour &#233;clairer les obscurit&#233;s et les myst&#232;res de la r&#233;v&#233;lation. C'est de servante, faire acc&#233;der la philosophie au rang de &#171; ma&#238;tresse de la th&#233;ologie &#187;. Chacun voit la modernit&#233; d'une position qui donne &#224; la raison un pouvoir d'ex&#233;g&#232;se sur les textes sacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;Le cercle de la d&#233;monstration&lt;/strong&gt;. Ce deuxi&#232;me point de faiblesse est l'effet ind&#233;sir&#233; de la strat&#233;gie du th&#233;ologien catalan pour r&#233;pondre &#224; l'objection. Sebond souligne que l'irruption du p&#233;ch&#233; originel et la chute d'Adam qui s'ensuit sont ce qui le rend incapable de lire d&#233;sormais le &#171; livre de la nature &#187;. Et c'est pourquoi il est n&#233;cessaire de lui en restituer le sens. La compr&#233;hension de sa &#171; condition &#187; suppose sa &#171; restauration &#187; par la religion. Les &#171; arguments infaillibles &#187; de la philosophie ne valent dont que sur le fond et par le secours de la th&#233;ologie. Seul sera convaincu celui qui est d&#233;j&#224; sauv&#233; par le bapt&#234;me et illumin&#233; par la gr&#226;ce. C'est introduire &#224; l'initial ce qui &#233;tait &#224; d&#233;montrer. Aussi &#171; aucuns (certains) disent que ses arguments sont faibles et ineptes (insuffisants) &#224; v&#233;rifier (d&#233;montrer) ce qu'il veut, et entreprennent de les choquer (renverser) ais&#233;ment &#187; (p. 55) Comme nous le verrons, ces adversaires sont autrement s&#233;rieux et redoutables : &#171; il faut secouer ceux-ci un peu plus rudement car ils sont plus dangereux et plus malicieux (malfaisants) que les premiers. On couche volontiers le sens des &#233;crits d'autrui &#224; la faveur des opinions qu'on a pr&#233;jug&#233;es en soi ; et un ath&#233;iste se flatte de ramener tous auteurs &#224; l'ath&#233;isme, infectant de son propre venin la mati&#232;re innocente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montaigne r&#233;pond &#224; la &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;premi&#232;re accusation&lt;/strong&gt; d'impi&#233;t&#233; par une d&#233;fense de la philosophie. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'enqu&#234;te philosophique a toute l&#233;gitimit&#233; pour se livrer &#224; l'examen et l'analyse de l'histoire naturelle des croyances. Elle a d'autant plus d'utilit&#233; qu'elle apporte &#224; la foi sa force critique. &#171; Les uns font accroire au monde qu'ils croient ce qu'ils ne croient pas. Les autres, en plus grand nombre, se le font accroire &#224; eux-m&#234;mes, ne sachant p&#233;n&#233;trer ce que c'est que croire &#187; (p. 47). L'objectif de l'Apologie est ainsi d'&#233;clairer la force et l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne de la croyance en l'homme. C'est un vaste panorama d'histoire compar&#233;e des religions, des m&#339;urs et des croyances humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette critique ne peut se faire sans pr&#233;supposer une id&#233;e de la &#171; vraie &#187; foi qui lui sert de contrepoint critique. L'Apologie ne cessera d'y revenir : la seule vraie foi est une &#171; gr&#226;ce &#187;. Elle vient de Dieu seul et exc&#232;de la cr&#233;ature et sa raison. Toute pr&#233;tention &#224; poss&#233;der l'&#233;tat de chr&#233;tien est une &#171; pr&#233;somption &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le n&#339;ud qui devrait attacher notre jugement et notre volont&#233;, qui devrait &#233;treindre notre &#226;me et joindre &#224; notre cr&#233;ateur, ce devrait &#234;tre un n&#339;ud prenant ses replis et ses forces, non pas de nos consid&#233;rations, de nos raisons et passions, mais d'une &#233;treinte divine et supernaturelle, n'ayant qu'une force, un visage et un lustre, qui est l'autorit&#233; de Dieu et sa gr&#226;ce &#187; (p. 52).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il est alors possible de r&#233;pondre &#224; la&lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt; seconde objection&lt;/strong&gt; et cette r&#233;ponse occupe l'essentiel de l'essai. &#171; Les th&#233;ologiens &#233;crivent trop humainement et les humanistes trop peu th&#233;ologalement &#187; II, 16, De la pri&#232;re). &#171; Non seulement fausses, mais impies aussi et injurieuses sont [les images] que l'homme a forg&#233; de son invention &#187; (p. 148). La &#171; vraie religion &#187; et la &#171; v&#233;rit&#233; &#187; sont inaccessibles &#224; l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il m'a toujours sembl&#233; qu'&#224; un homme Chr&#233;tien cette sorte de parler est pleine d'indiscr&#233;tion et d'irr&#233;v&#233;rence : Dieu ne peut mourir, Dieu ne peut se d&#233;dire, Dieu ne peut faire ceci ou cela. Je ne trouve pas bon d'enfermer ainsi la puissance divine sous les lois de notre parole, En l'apparence qui s'offre &#224; nous en ces propositions, il la faudrait repr&#233;senter plus r&#233;v&#233;remment et plus religieusement (p. 167).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il faut contester l'ambition de la raison humaine &#224; saisir la nature des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce dernier tour d'escrime ici, il ne le faut employer que comme un extr&#234;me rem&#232;de. C'est un coup d&#233;sesp&#233;r&#233;, auquel il faut abandonner vos armes pour faire perdre &#224; votre adversaire les siennes, et un tour secret, duquel il faut se servir rarement et r&#233;serv&#233;ment (avec r&#233;serve) &#187; (p. 213). Il occupe pourtant l'essentiel de l'Apologie. Car il s'agit d'affronter un adversaire autrement redoutable, Luther et, avec lui, d'entrer dans la querelle th&#233;ologico-politique qui enflamme la Renaissance. Le d&#233;fi spirituel et politique lanc&#233; par la R&#233;forme est l'&#233;l&#233;ment impr&#233;vu qui change du tout au tout les enjeux d'une lecture de Sebond.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt; L'intention apolog&#233;tique v&#233;ritable de l'essai et la r&#233;ponse au d&#233;fi de Luther&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat alarmant de corruption de l'&#201;glise, son incurie et l'inculture de ses clercs n'ont cess&#233; de nourrir toute la litt&#233;rature humaniste de la Renaissance, notamment l'&#201;loge de la folie d'&#201;rasme, d'autant que les perspectives ouvertes par la red&#233;couverte des langues de l'Ancien et du Nouveau Testament et par leur traduction nourrissent l'espoir d'un retour au christianisme primitif. Pourtant, c'est de Luther &#8211; et avec lui de la R&#233;forme, que vient la contestation la plus radicale de l'&#201;glise, du principe d'autorit&#233; sur lequel elle repose et, avec lui, de son organisation hi&#233;rocratique qui sert d'appui tant aux r&#233;gimes monarchiques qu'aux empires europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;A moins, dit-il, dans sa fameuse d&#233;claration devant la Di&#232;te de Worms, en 1521, que je ne sois reconnu coupable d'erreur par un t&#233;moignage de l'&#201;criture sainte ou (comme je ne place aucune confiance en la seule autorit&#233; du Pape et des Conciles puisqu'il est &#233;vident qu'ils se sont souvent tromp&#233;s et souvent contredit) que, par un raisonnement manifeste, je ne sois coupable devant l'&#201;criture sainte &#224; laquelle je me remets, je ne peux ni ne veux abjurer quoi que ce soit car agir contre ma conscience n'est ni s&#251;r pour nous ni possible. Telle est ma position. Elle ne pourrait &#234;tre autre. Que Dieu me porte secours. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Luther ne reconna&#238;t que deux principes :&lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt; &#171; l'&#201;criture sainte &#187;&lt;/strong&gt; et le &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;t&#233;moignage de la conscience&lt;/strong&gt; du croyant. Il r&#233;duit &#224; n&#233;ant les deux &#171; r&#232;gles de la foi &#187; qui servaient jusque-l&#224; &#224; arbitrer les conflits doctrinaux au sein de l'&#201;glise et de la chr&#233;tient&#233;. La r&#233;f&#233;rence aux &#171; docteurs de la foi &#187; et aux textes &#171; canoniques &#187; de la communaut&#233; chr&#233;tienne universelle (i.e. catholique) servaient de r&#233;f&#233;rence partag&#233;e par l'ensemble des chr&#233;tiens. Ils &#233;taient comme une charte commune pour r&#233;gler leur vie en commun. Certes, ils confortaient l'autorit&#233; de l'&#201;glise et donc, en derni&#232;re instance, celle du Pape et de ses Conciles, mais ils permettaient d'&#233;viter des d&#233;chirures plus graves. Confront&#233; &#224; un d&#233;saccord de fond et surtout &#224; l'intransigeance du Pape, Luther brise ce modus vivendi. Il revendique l'&#201;criture et la Foi, c'est-&#224;-dire, comme l'&#233;crira Calvin, &#171; un tel sentiment qu'il ne se peut engendrer que de r&#233;v&#233;lation divine.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institution de la religion chr&#233;tienne, Gen&#232;ve, 1955, I, p. 42. Cit&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il n'a donc plus besoin de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce geste est d&#233;cisif. Il constitue la matrice commune &#224; toutes les &#201;glises R&#233;form&#233;es. Il engage toute une s&#233;rie de cons&#233;quences pratiques que l'on retrouve d'ailleurs dans l'islam contemporain. Lisant l'&#201;criture dans ce qu'il croit &#234;tre sa langue originelle, ou y acc&#233;dant par sa traduction dans sa propre langue, le fid&#232;le a le sentiment de se tenir face &#224; face devant Dieu. Il se fait fort de pouvoir se passer de toute m&#233;diation et de revenir &#224; l'&#201;glise des premiers temps, celle des ap&#244;tres. Il r&#233;cuse une s&#233;rie de dogmes et de rites consid&#233;r&#233;s comme superstitieux, voire m&#234;me comme h&#233;r&#233;tiques. Il r&#233;cuse enfin et surtout la pr&#233;&#233;minence d'une hi&#233;rarchie consacr&#233;e et &#233;lev&#233;e ind&#251;ment au-dessus des fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montaigne conteste fermement ces points. Il doute en particulier que la lecture d'un texte, qu'il s'agisse de l'&#201;criture sainte ou de celle d'un autre, puisse servir d'argument pour trancher une querelle philosophique ou th&#233;ologique. Nous avons l'exp&#233;rience, dit-il :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;qu'il n'est aucun sens ni visage (apparence), ou droit, ou amer, ou doux, ou courbe, que l'esprit humain ne trouve aux &#233;crits qu'il entreprend de fouiller. En la parole la plus nette, pure et parfaite qui puisse &#234;tre, combien de fausset&#233; et de mensonge a-t-on fait na&#238;tre ? Quelle h&#233;r&#233;sie n'y a trouv&#233; des fondements assez et t&#233;moignages, pour entreprendre et pour se maintenir. C'est pour cela que les auteurs de telles erreurs ne veulent jamais se d&#233;partir de cette preuve et du t&#233;moignage des mots (p. 253).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le recours au texte est plus un facteur de discorde qu'un moyen propre &#224; esp&#233;rer clore les d&#233;bats. &#171; Nos proc&#232;s ne naissent que du d&#233;bat de l'interpr&#233;tation des lois, et la plupart des guerres, de cette impuissance &#224; n'avoir su clairement exprimer les conventions et les trait&#233;s d'accord des princes. Combien de querelles et combien importante a produit au monde le doute du sens de cette syllabe hoc ! &#187;(p. 168).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;f&#233;rence &#224; &#171; ceci est mon corps &#187; de l'&#201;vangile &#8211; Mathieu XXVI, 26 - et &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la strat&#233;gie la plus forte et la plus neuve de l'Apologie consiste &#224; remonter plus haut. Montaigne souligne les effets de la pr&#233;tention d'une conscience humaine &#224; s'&#233;lever, au-dessus de toute autorit&#233;, pour, au nom de la possession d'une v&#233;rit&#233; absolue, pr&#233;tendre r&#233;gir la conscience des autres et bouleverser de fond en comble leur vie. Il en conteste la possibilit&#233;. Face au radicalisme de celui qui parle au nom de l'absolu, plus aucune discussion, aucun doute, ni aucune mod&#233;ration ne seront plus possibles. Quel garde-fou opposer &#224; celui qui dit, comme Luther dans son Trait&#233; du &lt;i&gt;Serf arbitre&lt;/i&gt;, en r&#233;ponse &#224; &#201;rasme, &#171; anath&#232;me au chr&#233;tien, qui ne serait pas certain de ce qui lui est ordonn&#233; et qui ne le comprendrait pas : comment croirait-il ce dont il doute ? &#187; Et que dire &#224; Ignace de Loyola lorsque, dans ses &lt;i&gt;Exercices spirituels&lt;/i&gt; (r&#232;gle 401-402), il commande que, &#171; afin d'&#234;tre &#224; l'abri de toute erreur, nous devons toujours &#234;tre dispos&#233;s &#224; croire que ce qui nous appara&#238;t blanc est noir, si l'&#201;glise hi&#233;rarchiquement d&#233;cide ainsi &#187; ? Comment d&#233;partager deux consciences &#233;galement persuad&#233;es de d&#233;tenir seules la v&#233;rit&#233; ? Ce sera la croix de la querelle dite de &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;la r&#232;gle de la foi&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Afin que nous puissions d&#233;cider la controverse qui est entre nous sur la r&#232;gle du vrai, il faut que nous ayons une r&#232;gle avou&#233;e et reconnue par laquelle nous puissions juger de la bont&#233; de cette autre r&#232;gle ; et afin que nous ayons cette autre r&#232;gle avou&#233;e et reconnue, il faudrait d'abord trancher entre nous la querelle que nous avons sur la r&#232;gle de v&#233;rit&#233;. Ainsi la dispute est prise dans le moyen de ce que nous avons appel&#233; le cercle vicieux (ou diall&#232;le). On ne sait plus comment trouver une r&#232;gle de v&#233;rit&#233;, d'autant plus que nous ne permettons pas aux dogmatiques d'&#233;tablir une r&#232;gle de v&#233;rit&#233; par supposition (ou p&#233;tition de principe) et que, s'ils veulent juger d'une r&#232;gle de v&#233;rit&#233; par une autre r&#232;gle de v&#233;rit&#233;, nous les r&#233;duirons au moyen que nous avons appel&#233; la r&#233;gression &#224; l'infini (H.P. I,15).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette citation de Sextus Empiricus, dont l'ouvrage est alors red&#233;couvert et traduit par l'humaniste Henri Estienne, est extraite des &lt;i&gt;Hypotyposes&lt;/i&gt; (c'est-&#224;-dire esquisses ou indications) &lt;i&gt;pyrrhoniennes&lt;/i&gt;. C'est un expos&#233; complet de la doctrine sceptique que Montaigne a longuement m&#233;dit&#233;. Il en fit inscrire, sur les solives de sa biblioth&#232;que, une s&#233;rie de formules qui &#233;maillent aussi l'Apologie. Cette inspiration en constitue le socle et la r&#233;f&#233;rence majeure.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; D&#233;fense et illustration du pyrrhonisme&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt; M&#233;thode et fins du scepticisme antique&lt;/h4&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Le scepticisme (&#963;&#954;&#949;&#968;&#953;&#962; -skepsis), explique Sextus Empiricus, est la facult&#233; d'opposer ph&#233;nom&#232;nes et noum&#232;nes (ce qui appara&#238;t et ce qui est pens&#233;) de toutes les mani&#232;res possibles, pour en arriver, par l'instrument de la force &#233;gale (&#953;&#963;&#959;&#963;&#952;&#949;&#957;&#949;&#953;&#945; - isosth&#233;nie) des choses et des raisons qui s'opposent, d'abord &#224; la suspension (&#949;&#960;&#959;&#967;&#951; - &#233;poch&#232;), ensuite &#224; l'absence de trouble et la paix (&#945;&#964;&#945;&#961;&#945;&#958;&#953;&#945; -ataraxie) (H.P. I, 4,8.).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le terme de scepticisme a fini par d&#233;signer une attitude n&#233;gative de la pens&#233;e. Le sceptique passe volontiers &#224; pr&#233;sent pour un esprit faible et h&#233;sitant, incapable de se prononcer sur rien. Pr&#233;f&#233;rant se reposer sur &#171; le mol oreiller du doute &#187;, il se r&#233;fugie dans le refus et m&#234;me dans le d&#233;nigrement. Ce portrait tr&#232;s &#224; charge ne correspond pas au scepticisme philosophique. Il confond la r&#233;serve avec la faiblesse, la conscience de la relativit&#233; de tout choix avec l'incapacit&#233; &#224; s'engager. Le terme scepticisme signifie &#171; examen &#187;. Le sceptique est un &#171; chercheur &#187;. &#171; Que sais-je ? &#187; est un appel &#224; la curiosit&#233; et un rappel de la richesse in&#233;puisable du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette recherche suppose une m&#233;thode. C'est la &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;suspension du jugement&lt;/strong&gt;. Montaigne la met syst&#233;matiquement en &#339;uvre dans l'Apologie. Elle commande d'opposer raisons aux raisons, exp&#233;riences aux exp&#233;riences, donc preuves aux preuves. Elle permet surtout d'op&#233;rer un renversement m&#233;thodique de nos croyances les plus enracin&#233;es. Les sceptiques &#171; ne mettent en avant leurs propositions que pour combattre celles qu'ils pensent que nous ayons en notre cr&#233;ance. Si vous prenez la leur, ils prendront aussi volontiers le contraire &#224; soutenir : tout leur est un ; ils n'y ont aucun choix. Si vous &#233;tablissez que la neige soit noire, ils argumentent au rebours qu'elle est blanche. Si vous dites qu'elle n'est ni l'un, ni l'autre, c'est &#224; eux &#224; maintenir qu'elle est tous les deux &#187; (p. 133). La structure d'ensemble de l'Apologie peut &#234;tre comprise &#224; partir de ce renversement : de notre plan&#232;te aux autres astres ; de notre esp&#232;ce, &#224; l'ensemble des &#234;tres vivants ; de l'&#226;me par rapport au corps ; des sages, au commun des mortels, de la raison par rapport aux sens, etc. Mais ce retournement n'est pas vain ; il sert &#224; contester toute id&#233;e de hi&#233;rarchie et de s&#233;paration entre des ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour contester le scepticisme, Aristote r&#233;pondait : &lt;i&gt;&#171; celui qui doute si la neige est blanche n'a qu'&#224; ouvrir les yeux et celui qui se demande s'il faut respecter ses parents m&#233;rite une bonne correction &#187;. &lt;/i&gt; Le pyrrhonien r&#233;pond &#224; la premi&#232;re objection que si la neige est blanche, l'eau est noire et il rend ainsi palpable l'ind&#233;termination de la couleur de l'eau. Il souligne la pluralit&#233; des apparences d'une seule et m&#234;me chose. &#171; Si notre entendement &#233;tait capable de la forme, des lin&#233;aments, du port et du visage de la v&#233;rit&#233;, il la verrait enti&#232;re, aussi bien que demi &#187; (p. 219). Le sceptique ne doute pas de l'apparence mais de ce que l'on en dit et du choix que l'on fait entre l'une et l'autre. Il rappelle qu'elle n'est qu'une apparence, jamais la &#171; forme propre &#187; de la chose &#8211; si cela est concevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette prise de conscience de la relativit&#233; de nos raisons et pr&#233;f&#233;rences d&#233;coulent la &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;mod&#233;ration des passions&lt;/strong&gt; et la &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;tranquillit&#233; de l'&#226;me&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cette assiette de leur jugement, droite et inflexible, recevant tous objets sans application et consentement, les achemine [les philosophes pyrrhoniens] &#224; leur Ataraxie (absence de troubles) qui est condition de vie paisible, rassise (pond&#233;r&#233;e), exempte des agitations que nous recevons par l'impression de l'opinion et science que nous pensons avoir des choses. D'o&#249; naissent la crainte, l'avarice (la cupidit&#233;), l'envie, les d&#233;sirs immod&#233;r&#233;s &#187; (p. 133).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Outre cette diversit&#233; et division infinie, par le trouble que notre jugement nous donne &#224; nous-m&#234;mes, et l'incertitude que chacun sent en soi, il est ais&#233; de voir qu'il a son assiette bien mal assur&#233;e. Combien diversement jugeons-nous des choses, Combien de fois changeons-nous nos fantaisies ? Ce que je tiens aujourd'hui et ce que je crois, je le tiens et le crois de toute ma croyance ; tous mes outils et tous mes ressorts empoignent cette opinion et m'en r&#233;pondent sur tout ce qu'ils peuvent. [&#8230;] Mais ne m'est-il pas advenu, non une fois, mais cent, mais mille, et tous les jours, d'avoir embrass&#233; quelque autre chose &#224; (avec) ces m&#234;mes instruments, en cette m&#234;me condition, que depuis j'ai trouv&#233; fausse &#187; (p. 221).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La balance, que Montaigne fit mettre sur ses armoiries, est m&#233;taphore de l'&#233;quilibre du jugement. Elle est aussi le symbole de la justice. Celle-ci commande de se garder de ses passions et de tenir l'&#233;quilibre entre les raisons et les apparences contraires. L'exemple du respect d&#251; aux parents, c'est-&#224;-dire du respect des lois et des m&#339;urs, est l'occasion de faire un pas de plus dans la compr&#233;hension de l'attitude sceptique. Elle est la cons&#233;quence de l'absence de tout fondement substantiel &#224; nos r&#232;gles. Certes, il est possible de r&#233;pondre &#224; Aristote que le respect d&#251; aux parents peut prendre &#171; mille formes &#187;, qu'il y a loin de la r&#232;gle &#224; l'action droite, voire, qu'il y a &#171; divers chemins qui m&#232;nent &#224; une fin &#187; et, enfin, qu'il faut savoir d&#233;sob&#233;ir pour gagner leur respect &#8211; ou notre libert&#233;. Mais le scepticisme, mettant en lumi&#232;re qu'il n'est d'autre fondement aux r&#232;gles morales et sociales que le hasard de notre naissance et que la seule convention, renforce paradoxalement la n&#233;cessit&#233; d'y ob&#233;ir. Il le faut, non parce qu'elles sont justes ou parce qu'elles seraient sacr&#233;es, mais parce qu'elles sont en usage. Elles permettent, et elles seules, de s'entendre. Elles nous prot&#232;gent de l'arbitraire et de la violence. &#171; &#201;picure disait que les lois les pires &#233;taient si n&#233;cessaires que, sans elles, les hommes se mangeraient les uns, les autres &#187; (p. 214). L'exp&#233;rience ne cesse de nous l'enseigner. &#171; La premi&#232;re loi que Dieu donna jamais &#224; l'homme, ce fut une loi de pure ob&#233;issance : ce fut un commandement nu et simple o&#249; l'homme n'e&#251;t rien &#224; conna&#238;tre et &#224; causer. [&#8230;] De l'ob&#233;ir et c&#233;der na&#238;t toute autre vertu, comme du cuider (de la pens&#233;e) tout p&#233;ch&#233; &#187; (p. 112).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les historiens rapportent que l'on avait confi&#233; &#224; Pyrrhon la charge de Pontife, c'est-&#224;-dire de gardien des cultes de sa cit&#233;. Cela tenait sans doute &#224; l'estime o&#249; &#233;tait tenue sa l&#233;gendaire indiff&#233;rence, sa mod&#233;ration et sa r&#233;serve face &#224; toute position extr&#234;me. Montaigne &#233;galement ne cesse de s'opposer &#224; la cruaut&#233; des hommes et de d&#233;noncer leur inhumanit&#233;, quelque pr&#233;texte qu'elle prenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il op&#232;re cependant une transformation d&#233;cisive et sur laquelle il nous faut &#224; pr&#233;sent insister. Le scepticisme, &#224; partir de lui, inclut dans le mouvement du doute celui qui l'op&#232;re. Il n'est plus le privil&#232;ge du sage mais le caract&#232;re de toute pens&#233;e enracin&#233;e dans la conscience de sa finitude.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt; Sp&#233;cificit&#233; du scepticisme moderne : &#171; que sais-je ? &#187;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le pyrrhonisme antique &#233;tait conscient de la difficult&#233; d'une position qui refuse toute position. Il y r&#233;pondait en rapportant la r&#233;flexion philosophique &#224; la vie qui la d&#233;passe.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le sceptique, &#233;crivait Sextus Empiricus, ne vit pas conform&#233;ment &#224; une doctrine philosophique mais, en prenant l'exp&#233;rience et la vie pour guide non philosophique, il est capable de choisir et d'&#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Montaigne commente ceci par une formule ironique que rependra Pascal. &#171; Un ancien &#224; qui on reprochait qu'il faisait profession de la philosophie, de laquelle pourtant il ne tenait pas grand compte, r&#233;pondit que cela, c'&#233;tait vraiment philosopher &#187; (p. 145). Le philosophe doit d'abord vivre. Pour cela, il lui faut des &#171; guides &#187; et le scepticisme antique en &#233;num&#232;re quatre : &#171; ce qu'indique la nature &#187;, la faim qui pousse &#224; manger ou la soif &#224; boire ; &#171; ce qu'exigent nos dispositions &#187;, ce qu'indiquent nos sens et notre intelligence ; &#171; ce que nous transmettent les coutumes et les lois &#187;, savoir distinguer une vie de pi&#233;t&#233; ou une mauvaise vie ; enfin, &#171; ce qu'enseignent les arts &#187; notamment empiriques H.P. I, 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montaigne est un juriste qui pratique l'art de juger. Il en conna&#238;t la complexit&#233; et en souligne la confusion. Il a &#233;galement une bonne connaissance de la m&#233;decine et de ses rem&#232;des, en particulier de leur peu d'efficacit&#233; sur son cas. Cependant, il sait bien la contradiction manifeste d'une m&#233;thode qui refuse toute pr&#233;supposition et, plus encore, l'impossibilit&#233; d'une sagesse qui pr&#244;ne l'abstention et la pure indiff&#233;rence. L'Apologie, en poussant un cran plus loin la vanit&#233; de tout fondement, retourne celle-ci sur le penseur lui-m&#234;me. Qu'il s'agisse de science ou d'action, il n'y a plus, pour Montaigne, de fondement inconditionn&#233; - f&#251;t-ce celui de la suspension et du principe de pure indiff&#233;rence. Elles sont impraticables. L'Apologie met en &#233;vidence le cercle ind&#233;passable de l'implication subjective de la conscience dans son objet ainsi que dans son exp&#233;rience corporelle et sociale. Montaigne invente, tout &#224; la fois et d'un m&#234;me mouvement, le &#171; discours sur soi &#187; qu'il mettra particuli&#232;rement en &#339;uvre dans le &#171; Tiers livre &#187;, et l'exploration de la diversit&#233; infinie des m&#339;urs ; le &#171; discours sur l'autre &#187; qui fondera l'anthropologie. L'expression &#171; que sais-je ? &#187; inclut dans son propre mouvement le &#171; je &#187; qui en est ins&#233;parable. Le n&#244;tre et celui de nos semblables. La question ne cesse de faire retour sur lui et sur ceux qui permettront d'y r&#233;pondre. Montaigne invente ainsi un usage radical du doute. Celui-ci porte sur le &#171; savoir &#187; lui-m&#234;me et sur sa racine. &#171; Que sais-je ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt; Usage critique, usage m&#233;thodique et usage radical du doute sur les fondements&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;L'Apologie, au d&#233;but de l'exposition sur la nature du scepticisme, reprend une distinction essentielle qui nous permettra de distinguer trois formes du doute.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Quiconque cherche quelque chose, il en vient &#224; ce point, ou qu'il dit, qu'il l'a trouv&#233;e ; ou qu'elle ne se peut trouver ; ou qu'il en est encore en qu&#234;te. Toute la philosophie est r&#233;partie en ces trois genres. Son dessein est de chercher la v&#233;rit&#233;, la science, et la certitude. Les P&#233;ripat&#233;ticiens, &#201;picuriens, Sto&#239;ciens, et autres, ont pens&#233; l'avoir trouv&#233;e. Ceux-ci ont &#233;tabli les sciences, que nous avons, et les ont trait&#233;es, comme notices certaines. Clitomachus, Carn&#233;ade, et les Acad&#233;miciens, ont d&#233;sesp&#233;r&#233; de leur qu&#234;te ; et jug&#233; que la v&#233;rit&#233; ne se pouvait concevoir par nos moyens. La fin de ceux-ci, c'est la faiblesse et humaine ignorance. Ce parti a eu la plus grande suite, et les sectateurs les plus nobles. Pyrrhon et autres sceptiques ou &#233;p&#233;chistes (de &#233;poch&#232;), desquels les dogmes plusieurs anciens ont tenu tir&#233;s de Hom&#232;re, les Sept sages, [etc.] disent qu'ils sont encore en cherche de la v&#233;rit&#233; (p. 131 ; 132).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le doute n'est pas absent du discours dogmatique. Il en est m&#234;me l'instrument. C'est le&lt;strong&gt; doute critique&lt;/strong&gt;. Il repose sur la possession d'un crit&#232;re et d'une connaissance qui permettent de discriminer le vrai du faux. &#171; La v&#233;rit&#233;, comme disait Spinoza, est crit&#232;re d'elle-m&#234;me et du faux &#187;. Il faut, pour discerner les fausses apparences et d&#233;busquer les erreurs, disposer d'une norme du vrai. La connaissance scientifique suppose le doute et son usage m&#233;thodique. C'est ce sens critique du doute que l'on retrouve dans les trois &lt;i&gt;Critiques&lt;/i&gt; de Kant. Elles supposent un dogmatisme, c'est-&#224;-dire la possession d'une &#171; table des cat&#233;gories &#187; consid&#233;r&#233;es comme d&#233;finitives et une &#171; m&#233;taphysique des m&#339;urs &#187;, tout autant qu'une &#171; m&#233;taphysique de la nature &#187;, qui permettent de fonder, partout et toujours, la connaissance et la morale.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ceci expose l'entreprise kantienne &#224; la critique sceptique de type historique d'un Montaigne car l'ensemble des cat&#233;gories et des principes qui servent &#224; Kant &#224; fonder la physique de Newton ont &#233;t&#233; rendus obsol&#232;tes par les d&#233;couvertes ult&#233;rieures de la physique et de la logique math&#233;matique. A ce sujet, on peut consulter de M. Ferraris &lt;i&gt;Goodbye Kant ! &lt;/i&gt; Ce qui reste aujourd'hui de la critique de la raison pure, Ed. L'&#233;clat, 2009&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une autre forme de doute, bien connue des lecteurs de Descartes, et particuli&#232;rement de la premi&#232;re de ses &lt;i&gt;M&#233;ditations m&#233;taphysiques&lt;/i&gt;, est le &lt;strong&gt;doute acad&#233;mique&lt;/strong&gt;. Il op&#232;re en l'&#226;me l'exp&#233;rience d'un &#171; d&#233;sespoir du vrai &#187;. Le doute &#171; m&#233;thodique et hyperbolique &#187; est un exercice spirituel qui permet le passage du sensible &#224; l'intelligible, de n&#233;ant d'&#234;tre &#224; la m&#233;taphysique. On en trouve la racine dans Augustin et peut-&#234;tre d&#233;j&#224;, comme le remarque Montaigne, dans Platon avec son usage des dialogues apor&#233;tiques comme le &lt;i&gt;Parm&#233;nide&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;M&#233;non&lt;/i&gt;. C'est un moment de crise. Il peut &#234;tre un point final, comme avec le philosophe acad&#233;mique Arc&#233;silas, dont on dit qu'il garda d&#233;finitivement le silence. Le plus souvent, comme avec Augustin ou Descartes et Pascal, le moment de la &#171; conversion &#187; permet un retournement du scepticisme extr&#234;me &#224; l'&#233;vidence du vrai ou de la foi qui sauve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le doute pyrrhonien r&#233;invent&#233; par Montaigne, diff&#232;re des deux autres. Il est &#224; la fois &lt;strong&gt;radical et il est perp&#233;tuel&lt;/strong&gt;. Il ne laisse pas d'autre issue que la confrontation aux limites de notre condition et &#224; notre finitude. Il saisit le sujet humain, de l'int&#233;rieur, pour lui faire &#233;prouver le peu de r&#233;alit&#233; de son moi et la mati&#232;re fluente dont il est fait. &#171; Ne baillant (livrant) de soi qu'une obscure apparence et d&#233;bile opinion : si, de fortune, vous fichez votre pens&#233;e &#224; vouloir saisir son &#234;tre, ce sera ni plus ni moins que qui voudrait empoigner de l'eau : car tant plus il serrera et pressera ce qui de nature coule partout, tant plus il perdra ce qu'il voulait tenir et empoigner &#187; (p. 276). Ce doute n'interdit ni de vivre ni d'&#233;tudier. Il y incite. Mais il interdit de croire pouvoir arr&#234;ter sa recherche et fonder en raison ses jugements. Comme le disait d&#233;j&#224; Victor Brochard du scepticisme antique : &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;&#171; le vrai sceptique est celui qui, de propos d&#233;lib&#233;r&#233; et pour des raisons g&#233;n&#233;rales, doute de tout, &lt;i&gt;except&#233; des ph&#233;nom&#232;nes &#187;&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;. Les dogmes du &#171; dogmatisme &#187; d&#233;signent, non toute affirmation, mais &#171; un assentiment &#224; une chose d&#233;termin&#233;e parmi les choses obscures qui sont objets de recherche parmi les sciences &#187; H.P. I, 13.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt; Doute radical et mise en &#339;uvre de la d&#233;construction sceptique dans l'Apologie&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur trouvera &#224; la fin de cette pr&#233;sentation une proposition de plan d&#233;taill&#233; de la mise en &#339;uvre syst&#233;matique du doute dans l'essai. &lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de &#171; en voil&#224; assez pour v&#233;rifier&#8230; &#187; (p. 212), Montaigne r&#233;capitule brillamment l'ensemble de ses arguments selon les axes suivants.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt; Destitution de la raison et principe de relativit&#233;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Prenant pour objet l'ensemble des &#171; choses obscures qui sont objet de recherche parmi les sciences &#187; (Dieu, les astres, les &#233;l&#233;ments, l'&#226;me et le corps), l'Apologie ne cesse de proc&#233;der par accumulation de th&#232;ses diverses pour montrer la vanit&#233; qu'il y aurait &#224; conclure en donnant ainsi &#224; voir &#171; ce tintamarre de tant de cervelles philosophiques ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res pages accentuent cette d&#233;construction et mettent en &#233;vidence la d&#233;pendance de tout jugement &#224; des mobiles et motifs pr&#233;sents. &#171; Maintes fois (comme il m'advient de faire volontiers) ayant pris pour exercice et pour &#233;bat &#224; maintenir (d&#233;fendre) une contraire opinion &#224; la mienne, mon esprit, s'appliquant et tournant de ce c&#244;t&#233;-l&#224;, m'y attache si bien que je ne trouve plus la raison de mon premier avis, et m'en d&#233;pars (d&#233;tache). Je m'entra&#238;ne quasi o&#249; je penche, comment que ce soit, et m'emporte de mon poids &#187; (p. 225).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la raison, pour Montaigne, n'a en soi aucune r&#233;alit&#233;, ni autonomie. Ni comme &#171; facult&#233; des principes &#187;, ni comme &#171; facult&#233; des concepts &#187;, c'est-&#224;-dire en tant qu'instrument de connaissance et de mise en ordre de nos raisonnements. En r&#233;alit&#233;, elle est discours, fantaisie, imagination. Elle suit et &#233;pouse la vari&#233;t&#233; des apparences et des occasions.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La raison va toujours, et torte, et boiteuse ; et d&#233;hanch&#233;e, et avec le mensonge comme avec la v&#233;rit&#233;. Pour ainsi (c'est pourquoi), il est malais&#233; de d&#233;couvrir son m&#233;compte et d&#233;r&#232;glement. J'appelle toujours raison cette apparence de discours que chacun forge en soi, cette raison de l'apparence de laquelle il y en peut avoir cent contraires autour d'un m&#234;me sujet, c'est un instrument de plomb et de cire, allongeable, ployable et accommodable &#224; tous biais et &#224; toutes mesures : il ne reste que la suffisance de le savoir contourner (p. 223, 224).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt; H&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de l'exp&#233;rience et de la sensation et principe d'implication&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience comme &#233;preuve et essai, comme m&#233;moire et le&#231;on v&#233;cue, sensation enfin et mise en relation avec le monde ext&#233;rieur est la source fondamentale de la connaissance. Elle donne acc&#232;s aux &#171; ph&#233;nom&#232;nes &#187; qui sont la mati&#232;re du travail du jugement et de l'examen sceptique. C'est donc l&#233;gitimement avec elle que Montaigne choisira de conclure l'ensemble de ses Essais. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais c'est aussi pourquoi il choisit de mettre en &#233;vidence, &#224; la fin de l'Apologie, l'interaction qu'une sensation suppose toujours entre la chose, l'organe qui y donne acc&#232;s et l'esprit qui l'interpr&#232;te. &#171; Notre &#233;tat (int&#233;rieur) accommodant les choses &#224; soi et les transformant selon soi, nous ne savons plus quelles sont les choses en v&#233;rit&#233; ; car rien ne vient &#224; nous que falsifi&#233; et alt&#233;r&#233; par nos sens. O&#249; le compas, l'&#233;querre et la r&#232;gle sont gauches, toutes les proportions qui s'en tirent, tous les b&#226;timents qui se dressent &#224; sa mesure, sont aussi n&#233;cessairement manques (imparfaits) et d&#233;faillants. L'incertitude de nos sens [que les pages pr&#233;c&#233;dentes de l'Essai ont longuement d&#233;taill&#233;es] rend incertain tout ce qu'ils produisent &#187; (p. 273/274).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montaigne explicite ainsi l'ab&#238;me de la question du rapport entre le &#171; ph&#233;nom&#232;ne &#187; et la &#171; chose en soi &#187; sur lequel s'ouvre l'Esth&#233;tique transcendantale de Kant &#8211; et que ce dernier croit pouvoir r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Pour juger des apparences que nous recevons des objets, il nous faudrait un instrument judicatoire ; pour v&#233;rifier cet instrument, il nous faut de la d&#233;monstration ; pour v&#233;rifier la d&#233;monstration, un instrument ; nous voil&#224; au rouet (p. 275).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt; Cercle de la d&#233;monstration et impossibilit&#233; de l'inconditionn&#233;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur aura reconnu ici la figure sceptique du &#171; cercle vicieux &#187; que nous avons d&#233;j&#224; mentionn&#233; &#224; l'occasion de la pr&#233;sentation de la querelle dite de la &#171; r&#232;gle de la foi &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette difficult&#233; bien connue tient &#224; la structure de la d&#233;monstration. Comme le dit Aristote, toute d&#233;monstration est &#171; un discours par lequel, certaines choses &#233;tant pos&#233;es (les pr&#233;misses) une autre chose diff&#233;rente d'elles (la conclusion) en est tir&#233;e, par les choses m&#234;mes qui sont pos&#233;es &#187;. La v&#233;rit&#233; de la d&#233;monstration d&#233;pend donc de la rectitude formelle de l'op&#233;ration de d&#233;duction. Elle d&#233;pend surtout de la v&#233;rit&#233; dite &#171; mat&#233;rielle &#187; des pr&#233;misses. Pour &#234;tre vraiment probantes, celles-ci doivent &#234;tre ultimement &#171; premi&#232;res et vraies &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; connues &#224; partir d'elles-m&#234;mes &#187;. Montaigne conteste cette possibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure du &#171; cercle &#187;, sur laquelle se cl&#244;t l'expos&#233; sceptique de l'Apologie, met en oeuvre une structure ternaire. Elle est connue depuis sous le nom de &#171; trilemme de M&#252;nchhausen &#187;. Sextus l'attribue &#224; l'&#233;cole d'Agrippa. Soit la d&#233;monstration est suspendue &#224; une r&#233;gression &#224; l'infini : &#171; par laquelle nous disons que ce qui est fourni en vue d'emporter la d&#233;cision sur la chose propos&#233;e &#224; l'examen a besoin d'une autre garantie, et celle-ci d'une autre, et ainsi ind&#233;finiment, de sorte que, n'ayant rien &#224; partir de quoi nous pourrons commencer d'&#233;tablir quelque chose, la suspension du jugement s'ensuit. &#187; Soit op&#232;re une p&#233;tition de principe &#171; quand les dogmatiques partent de quelque chose qu'ils n'&#233;tablissent pas mais jugent bon de prendre simplement et sans d&#233;monstration &#187;. Enfin le sceptique d&#233;c&#232;le un cercle vicieux ou diall&#232;le (&#224; savoir l'un par l'autre) &#171; quand ce qui sert &#224; assurer la chose sur laquelle porte la recherche a besoin de la chose elle-m&#234;me pour emporter la conviction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sceptique, pour sa part, s'installe au-del&#224; de la contradiction en se donnant le &#171; droit d'affirmer de toutes choses qu'elle n'est ni ainsi ni non, ni l'une et l'autre, ni ni l'une, ni l'autre &#187;. La diversit&#233;, c'est-&#224;-dire, la contradiction et la variation, forment le fond de l'exp&#233;rience de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt; Mobilisme et mouvement perp&#233;tuel de la vie&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;L'essai se termine par la conclusion de l'implication ind&#233;passable de tout vivant dans un ordre &#8211; la nature - qui est mobilit&#233; et mouvement perp&#233;tuel de naissance et de mortalit&#233;. &#171; Nous n'avons aucune communication &#224; l'&#234;tre parce que toute humaine nature est toujours au milieu entre na&#238;tre et mourir &#187;. Cette conclusion est essentielle car elle r&#233;capitule les le&#231;ons de l'Apologie toute enti&#232;re. Elle est essentielle aussi parce que, de fa&#231;on plus positive, elle permet de justifier la tenue d'un discours non dogmatique qui ne prend pas le chemin de la th&#232;se mais celui du r&#233;cit, du compte-rendu sans cesse repris, de la recherche qui peut toujours &#234;tre approfondie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien le sens de la c&#233;l&#232;bre d&#233;claration qui ouvre l'essai Du repentir.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les autres forment l'homme ; je le r&#233;cite et en repr&#233;sente un particulier bien mal form&#233;, et lequel, si j'avais &#224; fa&#231;onner de nouveau, je ferais vraiment bien autre qu'il n'est. Meshuy (d&#233;sormais) c'est fait. Or les traits de ma peinture ne fourvoient point, quoi qu'ils se changent et diversifient. Le monde n'est qu'une branloire (i.e. une planche en &#233;quilibre pr&#233;caire) p&#233;renne. Toutes choses y branlent (changent) sans cesse : la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d'&#201;gypte, et du branle public et du leur. La constance m&#234;me n'est autre chose qu'un branle plus languissant.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Conclusion et le&#231;ons g&#233;n&#233;rales de l'Apologie&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; Chacun porte en soi, la forme enti&#232;re de l'humaine condition &#187;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on la plus essentielle de l'essai, c'est d'abord le constat de l'irr&#233;ductible instabilit&#233; de la condition humaine. &#171; Nous avons pour notre part l'inconstance, l'irr&#233;solution, l'incertitude &#187;. Cette prise de conscience implique que, quand bien m&#234;me il faille opter pour un parti plut&#244;t que l'autre et prendre une d&#233;cision, c'est toujours sur le fond de la possibilit&#233; du contraire et d'un changement qui pourrait s'op&#233;rer en nous. Tout homme est donc bien &#171; ondoyant et divers &#187; : divers, c'est-&#224;-dire diff&#233;rent mais aussi contradictoire, au besoin avec lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons acc&#232;s &#224; la v&#233;rit&#233; mais elle a &#171; mille visages &#187;. Il nous est impossible de la &#171; reconna&#238;tre &#187; ni de la poss&#233;der &#171; toute enti&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'homme peut reconna&#238;tre [&#8230;] qu'il doit &#224; la fortune et rencontre (hasard) la v&#233;rit&#233; qu'il d&#233;couvre lui seul, puisque, lors m&#234;me quelle lui est tomb&#233;e en main, il n'a pas de quoi la saisir et la maintenir, et que sa raison n'a pas la force de s'en pr&#233;valoir. Toutes choses produites par notre discours et suffisance, autant vraies que fausses, sont sujettes &#224; incertitude et d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat naturel de l'esprit est celui de la croyance ou de l'instinct qui nous fait acquiescer ou assentir aux apparences. Il permet &#224; l'homme du commun tant qu'au sage de se guider en cette vie, et met &#224; &#233;galit&#233; le sauvage et le citadin, l'animal et l'homme. Et c'est pourquoi le long &#171; bestiaire &#187; au commencement de l'Apologie a valeur strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; Nous sommes chr&#233;tiens &#224; m&#234;me titre que [...] ou p&#233;rigourdins ou allemands &#187;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La seconde le&#231;on porte sur la querelle th&#233;ologique qui est &#224; l'arri&#232;re-plan et sur la d&#233;fense, par Montaigne, de la religion de son prince. Celle-ci est sans doute efficace mais bien peu catholique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Montaigne d&#233;fend un relativisme raisonnable et une prudente loyaut&#233; &#224; l'&#233;gard des traditions religieuses. Il le fait, non pas parce qu'elles seraient sup&#233;rieures, mais parce qu'elles y sont en commun usage et qu'elles brident l'esprit de chacun qui est en r&#233;alit&#233; sans r&#232;gles. &#171; On a raison de donner &#224; l'esprit humain les barri&#232;res les plus contraintes qu'on peut. En l'&#233;tude comme au reste, il lui faut compter et r&#233;gler ses marches, il le faut tailler par art les limites de sa chasse. On le bride et le garrotte de religions, de lois, de coutumes, de science, de pr&#233;ceptes, de peines et r&#233;compenses mortelles et immortelles ; encore voit-on que ; par sa volubilit&#233; et dissolution, il &#233;chappe &#224; toutes ces liaisons. C'est un corps vain qui n'a pas o&#249; &#234;tre ass&#233;n&#233; et saisi, un corps divers et difforme, auquel on ne peut asseoir n&#339;ud ou prise &#187; (p. 215).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, par la foi, &#171; si Dieu lui preste extraordinairement la main, [l'homme] s'&#233;l&#232;vera abandonnant et renon&#231;ant &#224; ses propres moyens, et se laissera hausser et soulever par les moyens purement c&#233;lestes &#187;. Mais ceci reste une possibilit&#233; qui &#233;chappe tant au croyant qu'&#224; toute autorit&#233; humaine. Montaigne, qui observait le culte catholique, est-il chr&#233;tien par prudence ou par conviction ? Le Christ, en tous cas, est absent de ses Essais. Et quand il &#233;crit : &#171; la vue de nos crucifix et peinture de ce piteux (pitoyable, en sens positif) supplice, [..] les ornements et mouvements c&#233;r&#233;monieux de nos &#201;glises, [..] les voix accommod&#233;es &#224; la d&#233;votion de notre pens&#233;e et cette &#233;motion des sens qui &#233;chauffent l'&#226;me des peuples, d'une passion religieuse, [sont] de tr&#232;s utile effet &#187; (p. 149), on peut juger cette d&#233;fense bien ti&#232;de. Ne suffit-il de lire ailleurs : &#171; qui verra l'homme sans le flatter, il n'y verra ni efficace ni facult&#233; qui sente autre chose que la mort et la terre &#187; (p. 207) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui vaut pour la d&#233;fense de la religion &#233;tablie en France, vaudra pour son r&#233;gime et pour la forme de son &#201;tat. Refus du radicalisme et aussi conservatisme prudent par amour de sa libert&#233;. &#171; Non par opinion cependant, &#233;crit-il dans De la vanit&#233;, mais en v&#233;rit&#233;, l'excellente et meilleure police est &#224; chaque nation celle sous laquelle elle s'est maintenue. Sa forme et commodit&#233; essentielle d&#233;pend de l'usage. Nous nous d&#233;plaisons volontiers de la condition pr&#233;sente. Mais je tiens pourtant que d'aller d&#233;sirant le commandement de peu en un &#201;tat populaire, ou en la monarchie une autre esp&#232;ce de gouvernement, c'est vice et folie.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Aime l'&#201;tat tel que tu le vois &#234;tre,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;S'il est royal, aime la royaut&#233; ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;S'il est de peu, ou bien communaut&#233;,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Aime l'aussi, car Dieu t'y a fait na&#238;tre.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de vers d'un quatrain de Pibrac, un ami de Montaigne et membre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Rien ne presse un &#201;tat que l'innovation : le changement donne seul forme &#224; l'injustice et &#224; la tyrannie. Quant quelque pi&#232;ce se d&#233;manche, on peut l'&#233;tayer : on peut s'opposer &#224; ce que l'alt&#233;ration et corruption naturelle &#224; toutes choses ne nous &#233;loigne trop de nos commencements et principes. Mais d'entreprendre &#224; refondre une si grande masse et &#224; changer les fondements d'un si grand b&#226;timent, c'est &#224; faire &#224; ceux qui pour d&#233;crasser effacent, qui veulent amender les d&#233;fauts particuliers par une confusion g&#233;n&#233;rale et gu&#233;rir les maladies par la mort, &#171; d&#233;sireux moins de changer le gouvernement que de le d&#233;truire &#187; [citation extraite du Trait&#233; des devoirs de Cic&#233;ron].&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; Notre grand et glorieux chef d'&#339;uvre c'est vivre &#224; propos &#187;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, si le nom de Dieu est l'index d'une possibilit&#233; de fondement de la croyance par le haut, celui de la &#171; nature &#187;, d'un acc&#232;s bien plus ais&#233; et plus fiable, est celui d'un fondement du croire et suivre son penchant par le bas. Sa marque ineffa&#231;able est le plaisir. &#171; Nature, &#233;crit Montaigne, dans son ultime essai, est un doux guide, mais non pas plus doux, que prudent et juste &#187;. &#171; Elle a maternellement observ&#233; cela, que les actions qu'elle nous a enjointes pour notre besoin nous fussent aussi voluptueuses, et nous y convie non seulement par la raison mais aussi par l'app&#233;tit : c'est injustice de corrompre ses r&#232;gles. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le doute donc, il reste toujours la ressource du plaisir que l'on prend &#224; telle ou telle activit&#233;. C'est un guide secourable et fiable et Montaigne indique dans &#171; Des trois commerces &#187;, ses principales sources : la lecture des livres, la compagnie des femmes et la pratique de l'amiti&#233;. Le bon r&#233;gime politique et la civilisation la plus raffin&#233;e seront donc ceux qui permettent &#224; chacun d'y acc&#233;der. Notre vie toute enti&#232;re ne doit-elle &#234;tre mesur&#233;e &#224; leur aune ? Quelles lectures nous ont marqu&#233;s, quelles exp&#233;riences amoureuses nous avons travers&#233;es et enfin quels amis avons-nous eu la chance de rencontrer ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;F. Leli&#232;vre, le 26 f&#233;vrier 2023.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ouvrages consult&#233;s :&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Nous avouons notre grande dette &#224; l'&#233;gard de trois &#233;tudes tr&#232;s pr&#233;cieuses.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Le scepticisme de Montaigne&lt;/strong&gt; de Fr&#233;d&#233;ric Brahami, paru au PUF en 1997.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'histoire du scepticisme d'&#201;rasme &#224; Spinoza&lt;/strong&gt;, de Richard H Popkin, traduit au PUF en 1995.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Enfin, la biographie de Christophe Bardyn, &lt;strong&gt;Montaigne, la splendeur de la libert&#233;&lt;/strong&gt;, Flammarion, 2015. Ouvrage d'un philosophe qui a lu beaucoup d'historiens qui montre de fa&#231;on vivante l'implication politique de l'auteur et qui &#233;claire toutes sortes d'aspects de la vie de Montaigne en suivant le conseil de L&#233;o Strauss : &#234;tre attentif &#224; ce que le texte raconte, mais sans en avoir l'air de le dire. Ce qu'il dit vraiment de la vie, des femmes et des secrets de Montaigne. Suggestif et brillant.
&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_document_896 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://philosophie.ac-normandie.fr/IMG/pdf/plan_et_structure_argumentative_de_l_apologie.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 33.1 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://philosophie.ac-normandie.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779444972' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-896 '&gt;&lt;strong&gt;Plan et structure argumentative de l'Apologie
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les r&#233;f&#233;rences renvoient &#224; l'&#233;dition de l'Apologie &#233;tablie par Paul Mathias et publi&#233;e par GF en 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les citations de Sebond sont extraites de l'&#233;tude d'Emmanuel Faye, Philosophie et perfection de l'homme, de la Renaissance &#224; Descartes, Vrin, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institution de la religion chr&#233;tienne, Gen&#232;ve, 1955, I, p. 42. Cit&#233; par Popkin, p. 41. Cf. &#338;uvres consult&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;f&#233;rence &#224; &#171; ceci est mon corps &#187; de l'&#201;vangile &#8211; Mathieu XXVI, 26 - et &#224; la querelle qui lui est li&#233;e de la pr&#233;sence r&#233;elle du Christ dans l'hostie&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit de vers d'un quatrain de Pibrac, un ami de Montaigne et membre comme lui du parti des Politiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chantiers pour une ann&#233;e qui commence</title>
		<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article612</link>
		<guid isPermaLink="true">https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article612</guid>
		<dc:date>2022-09-23T14:14:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Leli&#232;vre</dc:creator>


		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>Science</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Humanit&#233;s, Litt&#233;rature et Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Lettre de rentr&#233;e de l'IPR et pr&#233;sentation des priorit&#233;s et des formations propos&#233;es&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?rubrique70" rel="directory"&gt;Communications de l'IA-IPR&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot44" rel="tag"&gt;Humanit&#233;s, Litt&#233;rature et Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ch&#232;res et chers coll&#232;gues,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re que, pour vous toutes et tous, cette rentr&#233;e scolaire s'est pass&#233;e dans les meilleures conditions et je souhaite la bienvenue &#224; celles et ceux d'entre vous qui sont nouveaux dans notre acad&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e qui commence est la troisi&#232;me pour la mise en &#339;uvre des nouvelles modalit&#233;s de l'examen. Mode de correction, pr&#233;paration et &#233;valuation d'une &#233;preuve de sp&#233;cialit&#233; et d'un &#171; Grand Oral &#187;, ce sont autant des modifications d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous remercie pour le s&#233;rieux avec lequel vous vous y &#234;tes impliqu&#233;s. Vous avez ainsi contribu&#233; &#224; la promotion de notre discipline, vous avez fait partager par vos &#233;l&#232;ves le plaisir pris &#224; la pratiquer et vous &#234;tes efforc&#233;s de maintenir, particuli&#232;rement au moment des diff&#233;rents confinements, un lien avec eux, avec leurs familles et avec vos coll&#232;gues au sein de vos &#233;tablissements. Pour tout ceci, soyez-en remerci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La pr&#233;paration du baccalaur&#233;at de juin 2023.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous venons d'en avoir confirmation, &lt;strong&gt;les &#233;preuves de sp&#233;cialit&#233;&lt;/strong&gt; se d&#233;rouleront &#224; la mi-mars et les th&#232;mes susceptibles d'&#234;tre propos&#233;s &#224; l'examen resteront tr&#232;s certainement identiques. Il vous faudra donc pr&#233;parer vos &#233;l&#232;ves en tenant compte de cette contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bonne tenue des &lt;strong&gt;&#233;preuves de juin&lt;/strong&gt; suppose elle aussi une attention particuli&#232;re de l'institution &#224; vos conditions de travail, &#224; l'ad&#233;quation entre le travail de l'ann&#233;e et les sujets propos&#233;s et surtout au caract&#232;re juste, &#233;quitable et fond&#233; de l'&#233;valuation. La qualit&#233; de votre travail et la bonne mise en &#339;uvre des moments d'entente et d'harmonisation constituent &#224; cet &#233;gard des garanties essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous remercie de votre engagement sur tous ces points. Deux r&#233;unions se sont tenues l'an pass&#233; avec les services de la division des examens et concours pour tirer les le&#231;ons de l'exp&#233;rience. Elles ont permis de mesurer les contraintes et de r&#233;fl&#233;chir ensemble &#224; la meilleure r&#233;partition des copies, &#224; la prise en compte des d&#233;lais de correction et au choix des modalit&#233;s de travail, en pr&#233;sence et &#224; distance, particuli&#232;rement pour l'harmonisation des notes. Ces moments d'&#233;changes sont pr&#233;cieux et ils seront reconduits. Je remercie celles et ceux qui ont bien voulu y participer ainsi que les nombreux contributeurs &#224; l'enqu&#234;te qui vous a &#233;t&#233; propos&#233;e pour la richesse de leurs r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une prochaine r&#233;union a &#233;t&#233; fix&#233;e qui se tiendra &#224; distance le lundi 3 octobre prochain de 16 h 30 &#224; 18 heures. L'invitation a &#233;t&#233; envoy&#233;e &#224; celles et ceux qui l'avaient sollicit&#233;e mais le lien pourra &#234;tre &#233;galement communiqu&#233;, &#224; la demande, &#224; qui souhaiterait y &#234;tre pr&#233;sent. Chacun pourra ainsi y assister et &#234;tre d&#233;charg&#233; si besoin, sur ce moment, de ses obligations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Modalit&#233;s de la formation continue.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e prochaine verra, pour tous les personnels, l'unification de notre acad&#233;mie. Des formations auront bien lieu &#224; Caen et Rouen mais vous pourrez cette fois, sans doute, &#171; passer le fleuve &#187; pour en profiter si vous le souhaitez. Ainsi, gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de son organisatrice, une premi&#232;re journ&#233;e de formation a bien eu lieu &#224; Rouen le lundi 14 septembre dernier qui portait sur le lien entre &lt;strong&gt;&#171; f&#233;minisme et philosophie &#187;&lt;/strong&gt;. Elle a permis d'examiner certaines &#171; questions vives &#187; (wokisme, intersectionnalit&#233;, etc.) gr&#226;ce aux contributions de jeunes chercheurs et a trouv&#233; un &#233;cho bien au-del&#224; de notre discipline. C'est une incitation &#224; poursuivre dans cette voie. Des ressources seront, comme d'habitude, bient&#244;t &#224; votre disposition sur le site acad&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, deux dispositifs nouveaux seront mis en &#339;uvre cette ann&#233;e qui visent &#224; vous associer plus largement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;conf&#233;rences&lt;/strong&gt; seront donn&#233;es&lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt; &#224; distance&lt;/strong&gt; suivies d'un temps d'&#233;change. Elles permettront &#224; chacun d'y participer, sur inscription, depuis tous lieux de notre acad&#233;mie. La conf&#233;rence de Paul Mathias sur l'Apologie de Raymond Sebond portera sur &lt;strong&gt;&#171; Lire Montaigne comme Montaigne lit &#187;&lt;/strong&gt; ; Maud Pourradier nous pr&#233;sentera la reprise par &lt;strong&gt;Etienne Gilson&lt;/strong&gt; des cat&#233;gories esth&#233;tiques aristot&#233;liciennes. Ces conf&#233;rences sont naturellement ouvertes au-del&#224; de notre discipline aux professeurs de Lettres, d'Arts plastiques et de toute autre discipline, qui seraient int&#233;ress&#233;s. Vous serez prochainement inform&#233;s des dates et des modalit&#233;s d'inscription.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, j'irai &#224; votre rencontre sur tout le territoire pour des &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;rencontres didactiques&lt;/strong&gt; auxquelles l'ensemble des professeurs de philosophie sera convi&#233;. Il s'agira soit d'une journ&#233;e de formation qui portera sur la sp&#233;cialit&#233; &lt;i&gt;&#171; Humanit&#233;s, Litt&#233;rature et Philosophie &#187;&lt;/i&gt; et, en particulier, sur &lt;strong&gt;la forme de l'essai&lt;/strong&gt;, son apprentissage et son &#233;valuation, en compagnie d'un inspecteur de Lettres et des professeurs de fran&#231;ais qui y interviennent avec vous. Ou bien, pour les autres professeurs de philosophie, une journ&#233;e de rencontre aura lieu, avec ma participation, qui portera sur les &lt;i&gt;&#171; Nouveaux Programmes &#187; &lt;/i&gt; et en particulier sur &lt;strong&gt;les nouvelles notions&lt;/strong&gt; (la nature, la science, la raison) ou sur celles qui peuvent m&#233;riter une nouvelle attention (la religion, le travail notamment). Elle portera &#233;galement sur l'organisation d'ensemble et &lt;strong&gt;la mise en r&#233;seau des notions sur l'ann&#233;e&lt;/strong&gt; et sur la nature et l'apprentissage en classe de &lt;strong&gt;la dissertation &lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;l'explication de texte&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement la question de &lt;strong&gt;l'enseignement de la philosophie en s&#233;ries technologiques&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;l'investissement p&#233;dagogique du num&#233;rique &lt;/strong&gt; restent des priorit&#233;s pour lesquelles des groupes de travail ont &#233;t&#233; constitu&#233;s. Des &lt;strong&gt;ateliers de philosophie en lyc&#233;e professionnel &lt;/strong&gt; ont &#233;t&#233; mis en place sur trois &#233;tablissements au moins sur notre acad&#233;mie. Ceci doit permettre de corriger l'image infond&#233;e et d&#233;l&#233;t&#232;re d'&lt;i&gt;un enseignement pour &#171; happy few &#187;&lt;/i&gt; qui la prive de son potentiel critique et n'est pas en accord avec l'attente favorable dont elle dispose dans l'esprit de nos &#233;l&#232;ves. A cet &#226;ge, comme le dit Platon, l'y introduire c'est &#171; &lt;strong class=&#034;caractencadre2-spip spip&#034;&gt;mettre du feu sur du feu&lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous sachant tous et toutes attach&#233;s &#224; cette vocation, je vous renouvelle mes v&#339;ux pour cette ann&#233;e scolaire qui s'engage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Leli&#232;vre Caen, le 22 septembre 2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Ressources philosophiques pour l'approfondissement de la libert&#233; d'expression</title>
		<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article594</link>
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		<dc:date>2022-04-19T12:36:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Leli&#232;vre</dc:creator>


		<dc:subject>Devoir</dc:subject>
		<dc:subject>L'&#201;tat</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En compl&#233;ment des ressources minist&#233;rielles et pour un travail &#224; plus long cours, vous trouverez ici quelques indications de traitements possibles de ces sujets en lien avec l'&#233;tude en classe de : la religion, l'Etat, le devoir et la libert&#233;, la rencontre des cultures, notamment.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;Les valeurs de la R&#233;publique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;Devoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;L'&#201;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;Libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces ressources int&#233;ressent non seulement l'enseignement de la Philosophie, mais aussi celui d'&#201;ducation morale et civique (EMC) ainsi que d'Humanit&#233;s, Lettres &amp; Philosophie (HLP).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chers coll&#232;gues,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re propose une s&#233;rie de &lt;i&gt;ressources&lt;/i&gt; pour le traitement des questions li&#233;es aux &lt;strong&gt;libert&#233;s fondamentales&lt;/strong&gt; et aux &lt;strong&gt;fondements de la R&#233;publique&lt;/strong&gt;. Il s'agit de 16 textes ou documents pr&#233;sent&#233;s et comment&#233;s mais &#233;galement de plus amples ressources pour l'&lt;strong&gt;enseignement moral et civique&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://cache.media.eduscol.education.fr/file/021120/86/8/2_novembre_2020_documents_commentes_college-lycee_1343868.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://cache.media.eduscol.education.fr/file/021120/86/8/2_novembre_2020_documents_commentes_college-lycee_1343868.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://eduscol.education.fr/cid154946/2-novembre-hommage-m-samuel-paty-unite-autour-des-valeurs-de-la-republique.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://eduscol.education.fr/cid154946/2-novembre-hommage-m-samuel-paty-unite-autour-des-valeurs-de-la-republique.html&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;traitement de certaines notions du programme&lt;/strong&gt; peut &#234;tre &#233;galement l'occasion d'approfondir ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle, en compl&#233;ment et pour un travail &#224; plus long cours, vous trouverez ci-dessous &lt;strong&gt;quelques indications de traitements possibles&lt;/strong&gt; de ces sujets en lien avec l'&#233;tude en classe de : la &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;religion&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;, l'&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Etat&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;, le &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;devoir&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; et la &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;libert&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;, la &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;rencontre des cultures&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;, notamment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles ne sont naturellement ni imp&#233;ratives ni exhaustives.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;F. Leli&#232;vre,&lt;br class='autobr' /&gt;
IA-IPR de Philosophie,&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 1er novembre 2020.&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Religion et fanatisme.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La lecture de &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Voltaire&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; est redevenue d'actualit&#233; et notamment l'&lt;strong&gt;article &#171; fanatisme &#187;&lt;/strong&gt; du &lt;i&gt;Dictionnaire philosophique&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://actualites.ecoledeslettres.fr/education/fanatisme-article-du-dictionnaire-philosophique-portatif-de-voltaire-1764/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://actualites.ecoledeslettres.fr/education/fanatisme-article-du-dictionnaire-philosophique-portatif-de-voltaire-1764/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci se termine par ces mots et par &lt;strong&gt;une distinction tout &#224; fait bienvenue pour nos &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Les sectes des philosophes &#233;taient non seulement exemptes de cette peste, mais elles en &#233;taient le rem&#232;de ; car l'effet de la philosophie est de rendre l'&#226;me tranquille, et le fanatisme est incompatible avec la tranquillit&#233;. Si notre sainte religion a &#233;t&#233; si souvent corrompue par cette fureur infernale, c'est &#224; la folie des hommes qu'il faut s'en prendre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme nous le voyons h&#233;las, par-del&#224; l'ironie voltairienne, &lt;strong&gt;cette folie meurtri&#232;re peut toucher toutes les religions&lt;/strong&gt; et m&#234;me celles qui, en apparence, peuvent nous para&#238;tre les plus inoffensives. Si &#171; &lt;i&gt;le fanatique est celui qui soutient sa folie par le meurtre&lt;/i&gt; &#187;, la relation si frappante et parfaitement d'actualit&#233; entre religion et violence demande &#224; &#234;tre approfondie et sera certainement questionn&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme vous le savez, cette relation est au centre des travaux de &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ren&#233; Girard&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; et notamment de son livre si stimulant : &lt;i&gt;La violence et le sacr&#233;&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
La moindre violence peut entra&#238;ner une escalade cataclysmique. M&#234;me si cette v&#233;rit&#233;, sans &#234;tre aucunement p&#233;rim&#233;e, est devenue malais&#233;ment visible, au moins dans notre vie quotidienne, nous savons tous que le spectacle de la violence a quelque chose de contagieux. Il est presque impossible, parfois, de se soustraire &#224; cette contagion. A l'&#233;gard de la violence, l'intol&#233;rance peut se r&#233;v&#233;ler aussi fatale, en fin de compte, que la tol&#233;rance. Quand la violence devient manifeste, il y a des hommes qui se donnent &#224; elle, avec enthousiasme m&#234;me : il y en a d'autres qui s'opposent &#224; ses progr&#232;s ; mais ce sont eux, souvent, qui lui permettent de triompher. Aucune r&#232;gle n'est universellement valable, aucun principe ne finit par r&#233;sister. [&#8230;] Le sacr&#233;, c'est tout ce qui ma&#238;trise l'homme d'autant plus s&#251;rement que l'homme se croit capable de le ma&#238;triser &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; GIRARD, &#171; La violence et le sacr&#233; &#187;, dans De la violence &#224; la divinit&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce rappel est un &lt;strong&gt;appel &#224; la prudence&lt;/strong&gt;. Il est utile mais il touche &lt;strong&gt;une propri&#233;t&#233; contenue dans l'objet m&#234;me&lt;/strong&gt; qu'il s'agit d'&#233;tudier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus que la r&#233;publique, l'&#233;cole &#171; &lt;i&gt;ne reconna&#238;t ni ne subventionne aucun culte&lt;/i&gt; &#187;. Suivant &#171; &lt;i&gt;les lois et les coutumes de notre pays&lt;/i&gt; &#187;, &lt;strong&gt;la discr&#233;tion doit &#234;tre ici de rigueur d&#232;s qu'il s'agit d'engagement, de confession religieuse ou d'hostilit&#233; &#224; son &#233;gard&lt;/strong&gt;. C'est l&#224; une mani&#232;re de &lt;strong&gt;prot&#233;ger vos &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt; et de leur faire respecter l'imp&#233;ratif d'&lt;strong&gt;&#233;galit&#233; de traitement&lt;/strong&gt; et d'&lt;strong&gt;&#233;gards r&#233;ciproques&lt;/strong&gt; pour l'expression de leurs convictions. Cependant &lt;strong&gt;la religion, les rapports de la foi, de la croyance, de la pratique religieuse, des rites et de l'intelligence, le statut et le sens de textes tenus pour sacr&#233;s ne peuvent absolument pas &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme ext&#233;rieurs &#224; notre discipline&lt;/strong&gt;, d'autant que celle-ci a l'interrogation m&#233;taphysique pour vocation. Il suffit ici d'&#233;voquer &lt;i&gt;les Lois&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Trait&#233; Th&#233;ologico-politique&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;Formes &#233;l&#233;mentaires de la vie religieuse&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;la Pesanteur et la Gr&#226;ce&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;Deux sources&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;l'Avenir d'une illusion&lt;/i&gt;, pour prendre les travaux d'auteurs de notre programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour apporter &#224; ce traitement la fermet&#233; mais aussi la s&#233;r&#233;nit&#233; que Voltaire consid&#233;rait comme l'effet bienfaisant de la r&#233;flexion philosophique, c'est-&#224;-dire du savoir critique, le conseil serait de &lt;strong&gt;se garder de la tentation du dogmatisme&lt;/strong&gt;. Les all&#233;gations touchant la &#171; vraie religion &#187;, le &#171; seul Dieu &#187;, les : &#171; c'est l'islam, il n'est pas compatible avec la R&#233;publique &#187; ou les : &#171; cela n'a rien &#224; voir avec l'islam &#187; ne peuvent &#233;maner que des croyants ou de propagandistes. Ils ne concernent pas le savant, l'historien, la philosophie et celui qui l'enseigne. Ils sont certainement caract&#233;ristiques du discours des &#171; id&#233;ologues du religieux &#187; et autres propagandistes de tous bords dont l'objectif est d'abord de s'assurer des positions de pouvoir et de d&#233;signer un ennemi. Ils manquent le v&#233;ritable sens de la religion qui est un &lt;strong&gt;effort int&#233;rieur&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;r&#233;alit&#233; sociale&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;diverse&lt;/strong&gt; comme les temps, les lieux et les soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse de l'approche confessionnelle, il peut &#234;tre utile de rappeler le caract&#232;re toujours analytique et de notre discours condamn&#233; &#224; rester partiel et relatif. Nous ne saurions trop vous recommander de vous garder de la pr&#233;tention &#171; encyclop&#233;dique &#187; ou de la posture &#171; &#339;cum&#233;nique &#187; . Il est inutile de nier l'existence de lignes de failles et de conflits qui travaillent toutes les religions et qui n'&#233;pargnent pas la recherche scientifique ni la m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'agissant de l'islam&lt;/strong&gt;, &#224; la fois civilisation, religion et dor&#233;navant dans certains groupes, instrument de mort et de d&#233;solation, le propos d'un tr&#232;s bon connaisseur peut servir de point de rep&#232;re, il s'agit de &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jacques Berque&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; qui &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'islam a souffert de trop de proximit&#233; et peut-&#234;tre de trop de complicit&#233; avec la civilisation m&#233;diterran&#233;enne. Ce fut pour lui un grand malheur. C'est le cousin m&#233;connu, c'est le fr&#232;re rejet&#233; et qui se sent tel, c'est vraiment l'&#233;ternel d&#233;ni&#233;, l'&#233;ternel proscrit, l'&#233;ternel accus&#233;, l'&#233;ternel suspect&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons bien comment les &lt;strong&gt;propagandistes&lt;/strong&gt; instrumentalisent cette &lt;strong&gt;posture victimaire&lt;/strong&gt; et comment la tourmente pr&#233;sente renvoie notre pays &#224; son &lt;strong&gt;histoire&lt;/strong&gt;, &#224; celle de son industrie, &#224; la r&#233;partition des populations sur son territoire et &#224; un contexte g&#233;opolitique qui d&#233;passe largement l'Hexagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions concernent plut&#244;t un enseignement de sciences politiques, cependant, en tant qu'enseignants de philosophie, nous sommes plus directement interpell&#233;s, dans notre responsabilit&#233; d'&#233;ducateurs, par &lt;strong&gt;la s&#233;duction que le discours radical peut exercer sur certains de nos &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt; et par l'&#233;pouvante et la &lt;strong&gt;peur&lt;/strong&gt; que suscitent les assassinats. Se posent naturellement aussi des questions vivres ayant trait &#224; l'&lt;strong&gt;identit&#233; collective&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;personnelle&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ressource philosophique opportune peut nous &#234;tre propos&#233; par le travail de notre coll&#232;gue &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jacob Rogozinski&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; intitul&#233; &lt;i&gt;Djihadisme, Le retour du sacrifice&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, Descl&#233;e de Brouwer, 2017, p. 232, 233.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sans doute une des contributions philosophiques les plus stimulantes &#224; notre disposition et d'autant plus utile qu'elle contient une large &lt;strong&gt;bibliographie&lt;/strong&gt; sur ces questions (radicalisation, rapport du religieux et du politique, dimension messianique et apocalyptique). Ci-dessous quelques liens concernant ce travail :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pileface.com/sollers/spip.php?page=imprime&amp;id_article=1911&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.pileface.com/sollers/spip.php?page=imprime&amp;id_article=1911&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pileface.com/sollers/spip.php?page=imprime&amp;id_article=1911&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.facebook.com/151446978204/videos/10155860040013205/?comment_id=10155861965478205.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ligne d'une interrogation qui se revendique de Freud et de Foucault et en lien avec notre fil conducteur indiqu&#233; plus haut : religion, violence et fanatisme, s'inspirant fortement de Girard, l'auteur soutient que :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif religieux &lt;i&gt; &lt;strong&gt;contient&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; la violence &#224; tous les sens du mot : il tente de l'endiguer, il l'absorbe pour mieux lui r&#233;sister mais en l'absorbant, il la garde en lui, pr&#234;te &#224; ressurgir lorsque ses d&#233;fenses d&#233;faillent &#187;. Aussi &#171; les religions ne sont-elles pas, comme telles, violentes mais tentent au contraire de prot&#233;ger les hommes contre leur violence meurtri&#232;re en la sublimant dans des symboles, des rites qui les r&#233;gulent et les apaisent.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rogozinski, Djihadisme, Le retour du sacrifice, p. 232-3.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Rappeler que &lt;strong&gt;comme les deux autres monoth&#233;ismes&lt;/strong&gt;, le &lt;strong&gt;Coran&lt;/strong&gt; est structur&#233; par le &lt;strong&gt;&#171; tu ne tueras point &#187;&lt;/strong&gt; et par &lt;strong&gt;la rem&#233;moration du sacrifice &#8211; interdit &#8211; d'Abraham&lt;/strong&gt;, n'est sans doute pas inutile. Cela rend d'autant plus paradoxal et inqui&#233;tant le &lt;strong&gt;retour d'une cruaut&#233; archa&#239;que&lt;/strong&gt;, pr&#233;cis&#233;ment au nom d'Allah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous trouverez &#233;galement des &#233;l&#233;ments de pr&#233;sentation int&#233;ressants en ligne mais &#233;galement dans la conf&#233;rence en ligne de notre coll&#232;gue sociologue &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Camille Tarot&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Actualit&#233; de la religion&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Camille TAROT, Actualit&#233; de la religion, introduction critique aux sciences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui est un v&#233;ritable instrument de recherche et d'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&#034;http://demosthene.asso.fr/wp-content/uploads/2015/09/conf-de-C-Tarot-mai-2015.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://demosthene.asso.fr/wp-content/uploads/2015/09/conf-de-C-Tarot-mai-2015.pdf&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Libert&#233; de conscience, tol&#233;rance et la&#239;cit&#233;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, &lt;strong&gt;le probl&#232;me pos&#233; par la pluralit&#233; des cultures rapport&#233;e &#224; l'unit&#233; du genre humain est une des questions les plus difficiles de la philosophie contemporaine&lt;/strong&gt;. &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Paul Ric&#339;ur&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;, qui vient d'&#234;tre introduit dans la liste de nos auteurs, a propos&#233; une r&#233;flexion intitul&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Tol&#233;rance, intol&#233;rance, intol&#233;rable&lt;/i&gt; &#187; que je me permets de vous signaler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul RICOEUR, Lectures 1, Autour du politique, Paris, Seuil, 1991, p. 293.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre article portant sur le couple &#171; &lt;i&gt;Ethique et morale&lt;/i&gt; &#187;, Ric&#339;ur relie la &lt;strong&gt;situation critique&lt;/strong&gt; que vivent nos soci&#233;t&#233;s industrielles avanc&#233;es &#224; la rencontre de &lt;strong&gt;r&#233;f&#233;rences culturelles fondamentales&lt;/strong&gt; mais &lt;strong&gt;discordantes&lt;/strong&gt;. Des &lt;strong&gt;conflits entre des normes&lt;/strong&gt; &#224; pr&#233;tention absolue mais profond&#233;ment divergentes peuvent donner lieu non seulement &#224; des engagements fanatiques mais, en un m&#234;me individu, comme nous le voyons aussi, &#224; une profonde et p&#233;rilleuse d&#233;sorientation. Il en r&#233;sulte des d&#233;chirements profonds et des violences tragiques au sein d'une m&#234;me nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion autour de la port&#233;e et du sens des &#171; &lt;strong&gt;droits de l'homme&lt;/strong&gt; &#187; et de sa compr&#233;hension au sein des diff&#233;rentes aires culturelles qui communiquent dor&#233;navant sur la sc&#232;ne du monde en est un bon exemple. Caricaturer le proph&#232;te, rire des choses sacr&#233;es, brocarder tel ou tel comportement constituent-t-il un droit inali&#233;nable ? S'agit-il et quand d'une offense et d'une forme intol&#233;rable de discrimination ? Cela t&#233;moigne-t-il d'une absence de respect ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Appliqu&#233;e &#224; la lettre la r&#232;gle d'universalisation cr&#233;e des situations conflictuelles du fait que la pr&#233;tention &lt;i&gt;universaliste&lt;/i&gt;, interpr&#233;t&#233;e par une certaine tradition qui ne s'avoue pas, se heurte au particularisme solidaire des contextes historiques et communautaires d'effectuation de ces m&#234;mes r&#232;gles. Nous sommes les t&#233;moins et souvent les acteurs, en Europe occidentale, de tels conflits o&#249; s'affrontent la morale des droits de l'homme et l'apologie des diff&#233;rences culturelles. Ce que nous ne voyons pas, c'est que la pr&#233;tention d'universalisme attach&#233;e &#224; notre profession des droits de l'homme est elle-m&#234;me entach&#233;e de particularisme en raison de la longue cohabitation entre ces droits et les cultures europ&#233;ennes et occidentales o&#249; ils ont &#233;t&#233; pour la premi&#232;re fois formul&#233;s. Cela ne veut pas dire que d'authentiques universaux ne soient pas m&#234;l&#233;s &#224; cette pr&#233;tention ; mais c'est seulement une longue discussion entre les cultures &#8211; discussion &#224; peine commenc&#233;e &#8211; qui fera para&#238;tre ce qui m&#233;rite vraiment d'&#234;tre appel&#233; &#8216;universel'.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;RICOEUR, Id. p. 266.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ricoeur rappelle &#233;galement que la &lt;strong&gt;question cruciale&lt;/strong&gt; est alors celle de savoir s'&lt;strong&gt;il y a ou non&lt;/strong&gt; de l'&lt;strong&gt;intol&#233;rable&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;en quoi il consiste&lt;/strong&gt;. Comment le distinguer de &#171; l'objet de notre &lt;strong&gt;intol&#233;rance&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire de la violence de notre conviction &#187; ? Pourquoi certaines choses ne doivent absolument pas et en aucun cas &#234;tre accept&#233;es ? Pour Ric&#339;ur &lt;strong&gt;ce qui ne doit absolument pas &#234;tre tol&#233;r&#233;, c'est l'atteinte &#224; la personne d'autrui et &#224; sa libert&#233; d'expression&lt;/strong&gt;. C'est &lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;le refus de pr&#233;sumer la libert&#233; d'adh&#233;sion dans la croyance adverse&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;. Ceci peut permettre de mieux comprendre pourquoi ni l'insolence, la provocation, ni l'accusation de blasph&#232;me ou de pr&#233;tendue h&#233;r&#233;sie ne peuvent et en aucun cas justifier une quelconque violence et une atteinte &#224; la vie d'une personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi conform&#233;ment &#224; ce principe fondamental, s'agissant de l'islamisme, comme l'&#233;crit par exemple &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Claude Habib&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;M&#233;pris des femmes, haine des juifs, refus de l'apostasie forment, dans nos soci&#233;t&#233;s, le triptyque de l'intol&#233;rable : c'est ce sur quoi il est toujours coupable de fl&#233;chir, que le fl&#233;chissement soit personnel ou qu'il soit institutionnel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude HABIB, Comment peut-on &#234;tre tol&#233;rant ?, Paris, Descl&#233;e de Brouwer, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce point s'av&#232;re, comme vous le savez crucial. Pour cerner le caract&#232;re axial de la proclamation de la &#171; libert&#233; de conscience &#187; dans le dispositif juridique et constitutionnel qui fonde et encadre la la&#239;cit&#233;, il est sans doute important d'y insister. Et la connaissance de la lettre des textes juridiques est certainement d'un grand secours pour tous et notamment pour nos &#233;l&#232;ves. La &lt;strong&gt; &lt;i&gt;loi de 1905 de s&#233;paration des Eglises et de l'Etat&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; pose en son &lt;strong&gt;article 1&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;publique &lt;strong&gt;assure&lt;/strong&gt; la &lt;strong&gt;libert&#233; de conscience&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; De m&#234;me, pour expliciter le sens de la notion de la&#239;cit&#233;, l'&lt;strong&gt;article premier &lt;/strong&gt; de la &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Constitution de 1958&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; pr&#233;cise :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
La France est une R&#233;publique indivisible, la&#239;que, d&#233;mocratique et sociale. Elle assure &lt;strong&gt;l'&#233;galit&#233;&lt;/strong&gt; devant la loi de tous les citoyens &lt;strong&gt;sans distinction d'origine, de race ou de religion&lt;/strong&gt;. Elle respecte &lt;strong&gt;toutes&lt;/strong&gt; les croyances &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;libert&#233; de conscience&lt;/strong&gt; pr&#233;suppose &lt;strong&gt;le droit de n'avoir aucune religion&lt;/strong&gt;. Elle a toujours &#233;t&#233; utilis&#233;e pour pouvoir parler contre les religions, ou s'opposer &#224; des paroles d'autorit&#233; en leur sein. Cette notion peut &#234;tre l'objet d'une &#233;tude sp&#233;cifique &#224; l'occasion d'un travail sur &#034;la conscience&#034; ou sur &#034;le devoir&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#233;tude tr&#232;s compl&#232;te et pr&#233;cise sur cette notion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique AVON, La libert&#233; de conscience, histoire d'une notion et d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le sp&#233;cialiste de l'islam sunnite &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dominique Avon&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; montre comment &lt;strong&gt;la notion explicite et ferme de la libert&#233; de conscience n'est apparue que tr&#232;s progressivement&lt;/strong&gt; en Europe &#224; la Renaissance &lt;strong&gt;en se d&#233;tachant de la seule libert&#233; religieuse&lt;/strong&gt; et &#224; partir de la &lt;strong&gt;promotion de l'individu&lt;/strong&gt;. &#171; &lt;i&gt;Car la libert&#233; religieuse a n&#233;cessairement une dimension collective &#8211; on ne fait pas religion tout seul &#8211;, alors que la libert&#233; de conscience est personnelle&lt;/i&gt; &#187;. Sa premi&#232;re formulation rigoureuse peut &#234;tre retrouv&#233;e sous la plume du juriste fran&#231;ais protestant, &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean de Barbeyrac&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; [1674-1744], lorsque celui-ci &#233;crit en 1713 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Aucun homme mortel peut-il &#173;dominer sur la conscience d'un autre ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; de conscience d&#233;fend &lt;strong&gt;la pleine autonomie&lt;/strong&gt; de l'&lt;strong&gt;individu&lt;/strong&gt; ; elle le distingue et &lt;strong&gt;l'affranchit&lt;/strong&gt; de son int&#233;gration &#224; un groupe ou de son all&#233;geance &#224; une communaut&#233;. Elle figure &#224; l'&lt;strong&gt;article 18&lt;/strong&gt; de la &lt;strong&gt; &lt;i&gt;D&#233;claration universelle des droits de l'homme&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; adopt&#233;e aux Nations Unies en 1948 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Toute personne a droit &#224; la libert&#233; de pens&#233;e, de conscience et de religion.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Fort discut&#233;e en particulier dans les pays musulmans mais pas seulement, elle constitue certainement &lt;strong&gt;le point d'Archim&#232;de de la libert&#233; individuelle&lt;/strong&gt;. Elle est sans doute le talon d'Achille de tous ceux, communautariens ou conservateurs, qui posent que l'individu n'est rien hors de son int&#233;gration &#224; une communaut&#233;, une famille, une religion, une nation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Insolence, irr&#233;v&#233;rence, humour et courage de la v&#233;rit&#233;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La libert&#233; de conscience&lt;/strong&gt; trouve sa premi&#232;re manifestation, mais non sa formulation expresse, dans le &lt;strong&gt;proc&#232;s de Socrate&lt;/strong&gt; qui se d&#233;fend au nom d'une libert&#233; int&#233;rieure lors d'un proc&#232;s intent&#233;, d&#233;j&#224;, pour impi&#233;t&#233;. Une ressource utile et un &#233;clairage opportun peut &#234;tre trouv&#233; dans le dernier &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Foucault&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; et le &#171; &lt;strong&gt;courage de la v&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt; &#187;. La &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;parrh&#232;sia&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; a &#233;t&#233; traduite en latin par &#171; &lt;strong&gt;libertas&lt;/strong&gt; &#187;. En effet, elle peut se manifester par l'effronterie d'un Diog&#232;ne, la franchise d'un Epict&#232;te face au tyran, la r&#233;sistance d'un Cavaill&#232;s, les dessins enfin de Charb et de Cabu. Notre coll&#232;gue &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;J&#233;r&#244;me Laurent&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; le rappelle dans un bel article intitul&#233; &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dire ce que l'on pense : la parrh&#232;sia chez Michel Foucault&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;. Il a bien voulu mettre &#224; votre disposition. Il vous est d'abord destin&#233; plut&#244;t naturellement qu'&#224; vos &#233;l&#232;ves (cliquer sur le lien) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article593&#034;&gt;https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article593&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a certainement beaucoup de ressources disciplinaires pour permettre &#224; ceux-ci de profiter du fruit de cette analyse. S'agissant du &lt;strong&gt;rire lib&#233;rateur et irr&#233;v&#233;rencieux&lt;/strong&gt;, vous pouvez naturellement penser, parmi tant d'autres ressources, au &lt;i&gt;Nom de la Rose&lt;/i&gt; d'Umberto Eco et &#224; la place que l'auteur accord au trait&#233; perdu d'Aristote sur la com&#233;die ou bien au &lt;i&gt;Livre du rire et de l'oubli&lt;/i&gt; de Kundera. Et vous noterez que l'un a &#233;t&#233; &#233;crit pendant les &#171; ann&#233;es de plomb &#187; et les attentats &#233;pouvantables qui secouaient alors l'Italie, et, l'autre, au sein d'un r&#233;gime qui ne supportait pas le rire. Cependant, me souvenant que beaucoup de caricatures de Charlie insupportables aux mollahs, &#224; ce p&#232;re de famille et &#224; ces autres gardiens des bonnes m&#339;urs concernaient fondamentalement le &lt;strong&gt;sexe&lt;/strong&gt;, le &lt;strong&gt;corps d&#233;couvert&lt;/strong&gt; et la &lt;strong&gt;jubilation du plaisir&lt;/strong&gt; - l'esprit joyeux et libertaire de 68 - je pr&#233;f&#232;re, pour finir, en appeler &#224; un autre totem de ce temps-l&#224;, dont on dit qu'&#224; pr&#233;sent la science l'aurait d&#233;finitivement r&#233;fut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un court article de 1927, apostille &#224; son &lt;i&gt;Mot d'esprit et les manifestations de l'inconscient&lt;/i&gt;, &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Freud&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;, cet autre grand ma&#238;tre de l'ironie et de l'humour noir, d&#233;veloppe ce trait d'esprit autour duquel tourne tout l'article :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Un &#171; d&#233;linquant, men&#233; &#224; la potence un lundi s'&#233;crie : la semaine commence bien !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais &lt;strong&gt;pourquoi ne peut-on s'emp&#234;cher de sourire&lt;/strong&gt; ? Et en quoi, ici, l'intelligence permet-elle de supporter le tragique d'une situation, &#224; tous les sens du terme, d&#233;sesp&#233;r&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'humour a non seulement quelque chose de lib&#233;rateur, analogue en cela &#224; l'esprit et au comique, mais encore quelque chose de sublime et d'&#233;lev&#233;, traits qui ne se retrouvent pas dans ces deux autres modes d'acquisition du plaisir par une activit&#233; intellectuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sublime tient &#233;videmment au triomphe du narcissisme, &#224; l'invuln&#233;rabilit&#233; du moi qui s'affirme victorieusement. Le moi se refuse &#224; se laisser entamer, &#224; se laisser imposer la souffrance par les r&#233;alit&#233;s ext&#233;rieures, il se refuse &#224; admettre que les traumatismes du monde ext&#233;rieur puissent le toucher ; bien plus, il fait voir qu'ils peuvent m&#234;me lui devenir occasions de plaisir. Ce dernier trait est la caract&#233;ristique essentielle de l'humour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Supposons que le criminel men&#233; un lundi &#224; la potence ait dit : &#171; Cela m'est &#233;gal, qu'est-ce que &#231;a peut faire qu'un type comme moi soit pendu, le monde n'en continuera pas moins &#224; tourner &#187; - il nous faudrait avouer que ce propos e&#251;t manifest&#233; la m&#234;me domination grandiose de la situation r&#233;elle, qu'il e&#251;t &#233;t&#233; sage et pertinent, mais nous n'y saurions trouver la moindre trace d'humour ; bien plus, il repose sur une appr&#233;ciation de la r&#233;alit&#233; qui est en contradiction absolue avec celle qu'en aurait l'humour. L'humour ne se r&#233;signe pas, il d&#233;fie, il implique non seulement le triomphe du moi, mais encore du principe du plaisir qui trouve ainsi moyen de s'affirmer en d&#233;pit de r&#233;alit&#233;s ext&#233;rieures d&#233;favorables. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est exact de dire que le plaisir humoristique n'atteint jamais au degr&#233; o&#249; parvient le plaisir du comique ou de l'esprit, qu'il ne se manifeste jamais par des &#233;clats de rire ; il est &#233;galement exact que le surmoi, lorsqu'il provoque l'attitude humoristique, &#233;carte au fond la r&#233;alit&#233; et sert une illusion. Cependant nous attribuons &#224; cet assez faible plaisir - sans trop savoir pourquoi - un caract&#232;re de haute valeur, nous le ressentons comme particuli&#232;rement apte &#224; nous lib&#233;rer et &#224; nous exalter. &lt;br class='autobr' /&gt;
La plaisanterie que fait l'humour n'en est d'ailleurs pas l'&#233;l&#233;ment essentiel, elle n'a que la valeur d'une &#233;preuve ; le principal est l'intention que sert l'humour, qu'il s'exerce aux d&#233;pens de soi-m&#234;me ou d'autrui. L'humour semble dire :&lt;br class='autobr' /&gt; &#034;Regarde ! voil&#224; le monde qui te semble si dangereux ! Un jeu d'enfant ! le mieux est donc de plaisanter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais Freud conclut :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Tous les hommes ne sont pas &#233;galement capables d'adopter l'attitude humoristique ; c'est l&#224; un don rare et pr&#233;cieux, et &#224; beaucoup manque jusqu'&#224; la facult&#233; de jouir du plaisir humoristique qu'on leur offre.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En annexe de : classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/le_mot_d_esprit/le_mo&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Utile rappel sans doute de la limite de l'humour. Il ne peut se pratiquer ni se comprendre, selon un mot fameux, avec n'importe qui ni n'importe comment. Il est fait de mille nuances et tient &#224; ce &#171; &lt;i&gt;je ne sais quoi&lt;/i&gt; &#187; sur lequel Balthazar Gracian et Vladimir Jank&#233;l&#233;vitch ont &#233;crit de si belles pages. La surdit&#233; de certains hommes tient-elle &#224; une d&#233;ficience ou &#224; un refus ? Est-elle r&#233;dhibitoire ou s'agit-il de d'un refus concert&#233;, d'une fragilit&#233; et d'une profonde inqui&#233;tude devant cette libert&#233; supr&#234;me que procure le rire ? Tel est pourtant le sens du fameux &#171; &lt;i&gt;rire des Dieux&lt;/i&gt; &#187; dans Hom&#232;re. Nagu&#232;re le &#171; fou du roi &#187; devait ramener, gr&#226;ce &#224; lui, le Prince &#224; sa simple humanit&#233;. Ceci &#233;choie dor&#233;navant aux humoristes souvent &#224; leurs risques et p&#233;rils. Et malheur &#224; qui ose parler de corde dans la maison du pendu ou faire remarquer que &#171; le roi est nu &#187; ! C'est pourtant le legs d'Aristophane, de Rabelais ou de Moli&#232;re. Le sens de l'humour est pr&#233;cieux et, enfoui, malgr&#233; tout, en chacun de nous ; il faut travailler &#224; l'&#233;veiller. Pour le plus grand bien et le profit de tous.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques indications bibliographiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Pour une premi&#232;re approche et un approfondissement philosophique de l'&lt;strong&gt;islam et de l'ex&#233;g&#232;se contemporaine&lt;/strong&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. A. AMIR-MOEZZI&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Le coran silencieux et le coran parlant&lt;/i&gt;, CNRS Editions, Paris, 2011, sous la direction de : Dictionnaire du Coran, Robert Laffont, Paris 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sou&#226;d AYADA&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;L'islam des th&#233;ophanies, Une religion &#224; l'&#233;preuve de l'art&lt;/i&gt;, CNRS Editions, Paris 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean BOLLACK, Christian JAMBET, Abdelwahab MEDDEB&lt;/strong&gt;, L&lt;i&gt;a conf&#233;rence de Ratisbonne, Enjeux et controverses&lt;/i&gt;, Bayard, Paris 2017. Controverse c&#233;l&#232;bre en son temps et fort int&#233;ressante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;mi BRAGUE&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Sur la religion et La controverse, dialogue sur l'islam&lt;/i&gt; (avec Souleymane Bachir DIAGNE), Les essais, Stock, Paris, 2018 et 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdelwahab MEDDEB&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;La maladie de l'islam&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Sortir de la mal&#233;diction&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil. Pour une premi&#232;re approche mais tr&#232;s pr&#233;cieuse et incisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des &#233;l&#233;ments plus historiques l'on peut consulter : &lt;strong&gt;Bernard LEWIS&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Islam&lt;/i&gt;, Quarto, Gallimard, Paris, 2005, notamment : &lt;i&gt;Islam et d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le retour de l'islam&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Que s'est-il pass&#233; ?&lt;/i&gt;,&lt;i&gt;L'islam, l'Occident et la modernit&#233;&lt;/i&gt;, ou encore &lt;i&gt;Les Assassins, Terrorisme et politique dans l'islam m&#233;di&#233;val&lt;/i&gt;, Les Belles lettres, Paris, 2019.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; GIRARD, &#171; La violence et le sacr&#233; &#187;, dans &lt;i&gt;De la violence &#224; la divinit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Grasset &amp; Fasquelle, 2007 p. 332.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paris, Descl&#233;e de Brouwer, 2017, p. 232, 233.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rogozinski, &lt;i&gt;Djihadisme, Le retour du sacrifice&lt;/i&gt;, p. 232-3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Camille TAROT, &lt;i&gt;Actualit&#233; de la religion, introduction critique aux sciences sociales de la religion&lt;/i&gt;, Paris, Editions le bord de l'eau, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul RICOEUR, &lt;i&gt;Lectures 1&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Autour du politique&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1991, p. 293.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;RICOEUR, Id. p. 266.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude HABIB, &lt;i&gt;Comment peut-on &#234;tre tol&#233;rant ?&lt;/i&gt;, Paris, Descl&#233;e de Brouwer, 2019, p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique AVON, &lt;i&gt;La libert&#233; de conscience, histoire d'une notion et d'un droit&lt;/i&gt;, Presses universitaires de Rennes, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En annexe de : &lt;a href='https://philosophie.ac-normandie.fr/classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/le_mot_d_esprit/le_mot_d_esprit.html'&gt;classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/le_mot_d_esprit/le_mot_d_esprit.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Neutralit&#233;</title>
		<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article590</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pavel Depierre</dc:creator>


		<dc:subject>L'&#201;tat</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Raison</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Si Dieu m'apparaissait, dit le Sage, je discuterais avec Dieu &#187;, Alain.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;Les valeurs de la R&#233;publique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;L'&#201;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;Libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Raison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce choix de textes et de supports est propos&#233; par des professeurs de l'acad&#233;mie de Normandie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;TEXTE&lt;/h3&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;NEUTRALIT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui dirigent ou surveillent l'enseignement donn&#233; par l'&#201;tat ne laissent &#233;chapper aucune occasion de parler du respect qu'ils ont pour toutes les croyances, et de la neutralit&#233; stricte qu'ils entendent conserver ; et ils ont raison d'opposer ainsi leur tol&#233;rance et leur mod&#233;ration &#224; la violence et &#224; l'intol&#233;rance des congr&#233;ganistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais encore est-il bon de s'entendre, et de ne pas para&#238;tre promettre plus qu'on ne peut tenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien entendu que pour les pendaisons, les buchers, les brodequins et le supplice de l'eau consid&#233;r&#233;s comme moyens de persuasion, nous sommes tous d'accord. De m&#234;me aussi nous croyons que la torture contemporaine, qui consiste en injures, calomnies, sobriquets et cris d'animaux, est tout &#224; fait contraire au respect que chacun de nous doit &#224; la personne d'autrui. Que l'&#201;tat s'engage &#224; ne jamais user d'arguments de ce genre pour ouvrir l'esprit des enfants, rien de mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, il faut bien instruire ; et instruire c'est troubler, c'est inqui&#233;ter, c'est irriter m&#234;me quelquefois. Le dormeur qu'on secoue et qu'on r&#233;veille se plaint souvent. La discussion libre et la contradiction sont souvent prises pour des esp&#232;ces d'injures, et l'on sait qu'une des graves offenses que l'on puisse faire &#224; quelqu'un, c'est de n'&#234;tre pas de son avis, lorsqu'il vous en prie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons-nous donc, par bont&#233; d'&#226;me, &#233;pargner &#224; l'erreur et &#224; l'ignorance les attaques de la libre critique ? Allons-nous, faibles m&#233;decins, aimer la maladie &#224; force d'aimer le malade, et respecter dans autrui jusqu'aux faiblesses qui le rendent moins respectable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Et sans doute on va r&#233;p&#233;tant que toutes les croyances sont respectables. Mais cela n'a aucun sens. Toutes les personnes sont respectables ; mais aucune croyance n'est respectable. Aucune doctrine n'a le privil&#232;ge de faire tomber devant elle tous les arguments, ni d'imposer autour d'elle le silence et la muette adoration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; m&#234;me, la pure et auguste v&#233;rit&#233;, cesserait d'&#234;tre la v&#233;rit&#233; si elle s'imposait par la force, si elle consentait &#224; entrer dans les &#226;mes serviles, si elle triomphait comme triomphent les empereurs, avec des captifs li&#233;s &#224; son char. La v&#233;rit&#233; doit &#234;tre librement accept&#233;e. Cela seul a droit au respect qui, apr&#232;s examen, est reconnu digne de respect. Celui qui aime le plus la V&#233;rit&#233; et la Raison, est aussi celui qui discute le plus et qui croit le moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc jamais lieu de s'arr&#234;ter, parce qu'on rencontre sur son chemin une opinion tr&#232;s ancienne ou tr&#232;s r&#233;pandue. Nul n'a le droit de dire &#224; la Raison Humaine : &#034;&lt;i&gt;Tu t'arr&#234;teras ici, tu n'iras pas plus loin&lt;/i&gt;&#034;. Si Dieu m'apparaissait, dit le Sage, je discuterais avec Dieu. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
ALAIN, jeudi 14 juin 1900, Chronique parue dans &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che de Lorient&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;COMMENTAIRE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t les c&#233;l&#232;bres formules de &lt;strong&gt;Jaur&#232;s&lt;/strong&gt; en r&#233;ponse aux campagnes r&#233;p&#233;t&#233;es pour imposer une stricte neutralit&#233; scolaire aux instituteurs dans les ann&#233;es qui suivirent la loi de 1905 : &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;seul le n&#233;ant est neutre&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;la neutralit&#233; est une prime &#224; la paresse de l'intelligence, un oreiller commode pour le sommeil de l'esprit&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus t&#244;t, quoiqu'avec un argumentaire sensiblement diff&#233;rent de celui du militant socialiste, Alain pointait d&#233;j&#224; l'&lt;strong&gt;impasse&lt;/strong&gt; d'une &lt;strong&gt;absolue neutralit&#233;&lt;/strong&gt; de l'&lt;strong&gt;enseignement&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que, pour Alain, m&#234;me en se tenant aux bornes l&#233;gitimes de l'impartialit&#233;, m&#234;me en cultivant la vertu de tol&#233;rance, &#171; &lt;i&gt;il faut bien instruire&lt;/i&gt; &#187;. Or, l'&lt;strong&gt;instruction v&#233;ritable ne saurait se s&#233;parer d'un effort pour &#233;veiller l'esprit des &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;, pour les aider &#224; distinguer &lt;strong&gt;croire&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;savoir&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;opiner&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;penser&lt;/strong&gt;. Cet effort, on le sait, s'enracine pour Alain dans l'&lt;strong&gt;activit&#233; volontaire&lt;/strong&gt; du &lt;strong&gt;doute&lt;/strong&gt;. &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Qui n'a qu'une id&#233;e, n'a pas id&#233;e&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187; aime &#224; dire le philosophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, &lt;i&gt; &lt;strong&gt;penser&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, le mot lui-m&#234;me l'indique, suppose de &lt;i&gt; &lt;strong&gt;peser&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. Peser ses id&#233;es, donc en former de nouvelles et prendre avec elles le recul n&#233;cessaire &#224; la &lt;strong&gt;critique&lt;/strong&gt;. Et c'est ainsi cet examen critique, ce travail du doute, propre &#224; l'instruction, qui interdit aux enseignants de &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;promettre plus qu'on ne peut tenir&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187; en mati&#232;re de neutralit&#233;. Le &lt;strong&gt;doute&lt;/strong&gt; en effet &lt;strong&gt;lib&#232;re de la cr&#233;dulit&#233;, du fanatisme&lt;/strong&gt;. Si, paradoxalement, &lt;strong&gt;il ne s'oppose pas &#224; la foi authentique&lt;/strong&gt;, il exasp&#232;re pourtant toujours &lt;strong&gt;les tyrans&lt;/strong&gt; &#8211; eux qui, le mot est encore d'Alain &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;n'aiment pas la v&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;, puisque &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;la v&#233;rit&#233; n'ob&#233;it pas&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'homme est un Dieu pour l'homme</title>
		<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article589</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pavel Depierre</dc:creator>


		<dc:subject>L'&#201;tat</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Raison</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Dans un &#201;tat libre il est loisible &#224; chacun de penser ce qu'il veut et de dire ce qu'il pense &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;Les valeurs de la R&#233;publique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;L'&#201;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;Libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Raison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce choix de textes et de supports est propos&#233; par des professeurs de l'acad&#233;mie de Normandie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'homme est un dieu pour l'homme &#187; est la traduction de &#171; Homo homini Deus &#187;, c&#233;l&#232;bre de Spinoza r&#233;ponse au &#171; Homo homini lupus &#187; que l'on associe &#224; Hobbes. Le renversement tient &#224; ce que &#171; l'exercice de la charit&#233; et de l'&#233;quit&#233; &#187; permet aux hommes de sortir de la peur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;TEXTE&lt;/h3&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Pour que la fid&#233;lit&#233; et non la complaisance soit jug&#233;e digne d'estime, pour que le pouvoir du souverain ne souffre aucune diminution, n'ait aucune concession &#224; faire aux s&#233;ditieux, &lt;i&gt;il faut n&#233;cessairement accorder aux hommes la libert&#233; du jugement et les gouverner de telle sorte que, professant ouvertement des opinions diverses et oppos&#233;es, ils vivent cependant dans la concorde&lt;/i&gt;. Et nous ne pouvons douter que cette r&#232;gle de gouvernement ne soit la meilleure, puisqu'elle s'accorde le mieux avec la nature humaine. Dans un &#201;tat d&#233;mocratique (c'est celui qui rejoint le mieux l'&#233;tat de nature) nous avons montr&#233; que tous conviennent d'agir par un commun d&#233;cret, mais non de juger et de raisonner en commun ; c'est-&#224;-dire, comme les hommes ne peuvent penser exactement de m&#234;me, ils sont convenus de donner force de d&#233;cret &#224; l'avis qui rallierait le plus grand nombre de suffrages, se r&#233;servant l'autorit&#233; d'abroger les d&#233;cisions prises sit&#244;t qu'une d&#233;cision meilleure leur para&#238;trait pouvoir &#234;tre prise. &lt;i&gt;Moins il est laiss&#233; aux hommes de libert&#233; de juger, plus on s'&#233;carte de l'&#233;tat le plus naturel, et plus le gouvernement a de violence&lt;/i&gt;. Pour que l'on voie maintenant comment cette libert&#233; n'a pas d'inconv&#233;nients qui ne puissent qui ne puissent &#234;tre &#233;vit&#233;s par la seule autorit&#233; du souverain et comment, par cette seule autorit&#233;, des hommes professant ouvertement des opinions diff&#233;rentes peuvent &#234;tre mis ais&#233;ment dans l'impossibilit&#233; de se nuire les uns aux autres, les exemples ne manquent pas et point n'est besoin de les chercher loin. Que la ville d'Amsterdam nous soit en exemple, cette ville qui, avec un si grand profit pour elle-m&#234;me et &#224; l'admiration de toutes les nations, a go&#251;t&#233; les fruits de la libert&#233; ; dans cette r&#233;publique tr&#232;s florissante, dans cette ville tr&#232;s &#233;minente, des hommes de toutes nations et de toutes sectes vivent dans la plus parfaite concorde et s'inqui&#232;tent uniquement, pour consentir un cr&#233;dit &#224; quelqu'un, de savoir s'il est riche ou pauvre et s'il a accoutum&#233; d'agir en homme de bonne foi ou en fourbe. &lt;i&gt;D'ailleurs la religion ou la secte ne les touche en rien, parce qu'elle ne peut servir &#224; gagner ou &#224; perdre sa cause devant le juge&lt;/i&gt; : et il n'est absolument aucune secte, pour odieuse qu'elle soit, dont les membres (pourvu qu'ils ne causent de tort &#224; personne, rendent &#224; chacun le sien et vivent honn&#234;tement)&lt;/i&gt; ne soient prot&#233;g&#233;s et assist&#233;s par l'autorit&#233; des avocats.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Spinoza, &lt;i&gt;Trait&#233; th&#233;ologico-politique&lt;/i&gt; (1670), Chapitre 20, G-F, Trad. Charles Appuhn, p. 334.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;COMMENTAIRE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est extrait du chapitre final du &lt;i&gt;Trait&#233; th&#233;ologico-politique&lt;/i&gt;. Ce livre est une r&#233;f&#233;rence majeure quand il s'agit d'&#233;tudier l'&#233;mergence d'une explicitation des principes d'une interpr&#233;tation rationnelle des &#201;critures mais aussi la place et fonction de la Religion dans l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son chapitre final porte plus particuli&#232;rement sur le probl&#232;me de la libert&#233; d'expression dans un &#201;tat libre. Son titre se suffit &#224; lui-m&#234;me et vaut comme un des th&#233;or&#232;mes que d&#233;montre l'&#201;thique : &#171; &lt;i&gt;O&#249; l'on montre que dans un &#201;tat libre il est loisible &#224; chacun de &lt;strong&gt;penser&lt;/strong&gt; ce qu'il veut et de &lt;strong&gt;dire&lt;/strong&gt; ce qu'il pense&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter cependant que cette libert&#233; de penser et de dire &#8211; le lien ici importe car le &lt;i&gt;dire&lt;/i&gt; implique la libert&#233; d'imprimer et donc celle du livre et de l'image &#8211; n'implique pas que certaines &lt;i&gt;opinions&lt;/i&gt; ne soient ou ne doivent &#234;tre, en tant que telles, consid&#233;r&#233;es &#224; bon droit par l'&#201;tat comme &lt;i&gt;s&#233;ditieuses&lt;/i&gt;. Tel est n&#233;cessairement le cas, note Spinoza lorsqu'elles sapent l'autorit&#233; souveraine et &lt;i&gt;agissent&lt;/i&gt; &#224; titre d'incitations &#224; la r&#233;bellion, &#224; la vengeance priv&#233;e ou au crime. Cela n'implique pas, non plus, qu'il ne faille aussi distinguer strictement la libert&#233; d'expression de celle de l'action. Les sujets n'ont pas &#224; d&#233;cider quelles actions sont ou non interdites par la loi et, par suite, sont passibles de sanctions. Ils doivent laisser enti&#232;rement, en vue de paix civile qui constitue la finalit&#233; de tout &#201;tat, &#224; l'autorit&#233; civile le pouvoir d'en d&#233;cider. Mais rien ne leur interdit cependant d'exercer librement leur jugement &#224; ce propos ni de l'&#233;crire. Les hommes &lt;i&gt;&#171; ne pourraient vivre en paix si l'individu n'avait renonc&#233;, &#224; son droit d'agir suivant le seul d&#233;cret de sa pens&#233;e. C'est donc seulement au droit d'&lt;strong&gt;agir&lt;/strong&gt; par son propre d&#233;cret qu'il a renonc&#233;, non au droit de &lt;strong&gt;raisonner&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;juger&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;fense r&#233;solue de la libert&#233; peut para&#238;tre contraires aux formules bien connues de Spinoza par lesquels il r&#233;fute l'existence d'une &#171; pr&#233;tendue &#187; libert&#233; du vouloir ou &#171; libre-arbitre &#187; que &lt;i&gt; &#034;tous se vantent de poss&#233;der et qui consiste en cela seul que les hommes se croient libres parce qu'ils ont conscience de leurs d&#233;sirs et ignorent les causes qui les d&#233;terminent&#034; &lt;/i&gt;. En r&#233;alit&#233;, la coh&#233;rence est ici profonde. La d&#233;fense de la libert&#233; de penser et de parler d&#233;coule rigoureusement de la r&#233;flexion de Spinoza sur le sens et la place de la n&#233;cessit&#233; en toutes choses. Ext&#233;rieure ici, int&#233;rieure, l&#224;. La diversit&#233; des individus implique qu'ils ne peuvent pas &lt;i&gt;ne pas &#171; former des opinions diverses et oppos&#233;es &#187; et encore moins &#171; se taire &#187;&lt;/i&gt;. L'&#201;tat &lt;i&gt;ne&lt;/i&gt; peut les y contraindre. &lt;i&gt;&#171; Mo&#239;se qui, non par fourberie, mais par sa vertu divine, s'&#233;tait si bien empar&#233; du jugement de son peuple, d'autant qu'on croyait ses paroles et tous ses actes inspir&#233;s par Dieu, ne put cependant &#233;chapper ni aux rumeurs ni aux interpr&#233;tations d&#233;favorables ; encore bien moins les autres monarques y &#233;chappent-ils. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc impossible &#224; un quelconque souverain, m&#234;me avec des moyens consid&#233;rables, d'esp&#233;rer priver ses sujets de leur capacit&#233; de penser ce qu'ils pensent &#224; partir de leur propre complexion, de leurs affects et de leur exp&#233;rience. S'il veut y parvenir, il r&#233;sulte de l'usage des mobiles utilis&#233;s et qui tiendront &#224; la peur, &#224; l'avidit&#233;, &#224; la dissimulation et &#224; la flatterie que les &lt;i&gt;&#171; les hommes ne cesseront d'avoir des opinions en d&#233;saccord avec le langage et la bonne foi &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; L'encouragement donn&#233; &#224; la d&#233;testable adulation et &#224; la perfidie am&#232;nera le r&#232;gne de la fourberie et la corruption de toutes les relations sociales &#187;&lt;/i&gt;. C'est donc une tentative ruineuse m&#234;me si elle correspond &#224; certains &#233;tats des relations sociales et un rem&#232;de pire que le mal. &lt;strong&gt;L'&#201;tat libre doit donc absolument &#234;tre neutre&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;&#171; Combien ne vaudrait-il pas mieux contenir la col&#232;re et la fureur du vulgaire que d'&#233;tablir des lois dont les seuls violateurs possibles sont les amis des arts et de la vertu, et de r&#233;duire l'&#201;tat &#224; ce qu'il ne puisse supporter les hommes d'&#226;me fi&#232;re ! &lt;i&gt;Quelle pire condition concevoir pour l'&#201;tat que celle o&#249; les hommes de &lt;i&gt;vie droite&lt;/i&gt;, parce qu'ils ont des &lt;i&gt;opinions dissidentes&lt;/i&gt; et ne savent pas dissimuler, sont envoy&#233;s en exil ou comme des malfaiteurs ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Dans un &#201;tat neutre pour ce qui regarde les dogmes des religions et, mieux encore, dans une d&#233;mocratie &lt;i&gt;&#171; o&#249; tous, ou au moins la plus grande partie du peuple, participent au pouvoir collectif &#187;&lt;/i&gt;, la soumission aux lois communes ne peut que devenir &lt;i&gt;concorde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concorde renforce la capacit&#233; de chacun &#224; vivre sous la conduite des lois et sa raison, c'est-&#224;-dire de ses d&#233;sirs propres et de la recherche de ce qui peut lui &#234;tre utile autant qu'aux autres. Dans une ville ordonn&#233;e &#224; l'image de l'Amsterdam de son temps, o&#249; &lt;i&gt;&#171; l'on go&#251;te les fruits de la libert&#233; &#187;&lt;/i&gt;, les actions des uns alors se combinent et se coordonnent aux actions des autres. Chacun augmente infiniment la puissance d'agir des autres dont il re&#231;oit en retour l'impulsion. &lt;i&gt;&#034;Ce n'est pas pour tenir l'homme par la crainte et faire qu'il appartienne &#224; un autre que l'&#201;tat est institu&#233; ; au contraire, c'est pour lib&#233;rer l'individu de la crainte, pour qu'il vive autant que possible en s&#233;curit&#233;, c'est-&#224;-dire conserve, aussi bien qu'il le pourra, sans dommage pour autrui son droit naturel de penser et d'agir &#034;&lt;/i&gt;. C'est donc parce qu'en son sein &lt;i&gt;&#171; il est loisible &#224; chacun de penser ce qu'il veut et de dire ce qu'il pense &#187;&lt;/i&gt; qu'un &#201;tat est libre par une cons&#233;quence n&#233;cessaire qui suit de la nature de l'homme et du lien qui l'unit &#224; ses semblables aussi rigoureusement que l'effet suit de sa cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence finale &#224; Amsterdam, ville o&#249; s&#233;journ&#232;rent, &#224; la m&#234;me &#233;poque, Descartes ou Rembrandt et tant d'autres artistes, penseurs et inventeurs m&#233;morables, vaut d'abord et aussi hommage au cin&#233;aste Th&#233;o Van Gogh assassin&#233; dans la rue et au journal danois qui subit le premier la campagne de menace, au d&#233;part de l'affaire des caricatures avec les suites que l'on sait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_la_controverse_des_caricatures_de_Mahomet&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_la_controverse_des_caricatures_de_Mahomet&lt;/a&gt;]]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Graham Priest 2018 &#171; Buddhism &amp; Science &#187;</title>
		<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article581</link>
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		<dc:date>2022-01-14T12:43:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Rouill&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>Science</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un entretien de Graham Priest, r&#233;alis&#233;e en 2018 par Orestis Palermos, qui est la conclusion d'un Massive Online Open Course (MOOC) de l'Universit&#233; d'&#201;dimbourg de 8 &#233;pisodes intitul&#233;s &#171; Buddhism and Science &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;Fiches de lecture&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;V&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le nouveau programme offre une &#171; &lt;a href=&#034;https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article565&#034;&gt;image approchante de l'infini&lt;/a&gt; &#187;. D'abord par la &lt;a href=&#034;https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article550&#034;&gt;combinatoire des notions&lt;/a&gt;, mais aussi par l'introduction de nouveaux auteur.es tr&#232;s divers, dont les profs de philo ne connaissent r&#233;ellement, aujourd'hui et pour longtemps, qu'un petit tiers pour les d&#233;butants, voire un gros tiers pour les moins d&#233;butants. C'est la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut y voir un probl&#232;me &#224; r&#233;soudre, et le qualifier de politique. On peut aussi essayer d'interpr&#233;ter la chose : o&#249; va-t-on ainsi ? Non pas que ce second probl&#232;me d'interpr&#233;tation ne soit pas politique, car il vise &#224; lutter contre la d&#233;sorientation des coll&#232;gues qui, face &#224; l'immensit&#233;, ont souvent un r&#233;flexe pascalien qui consiste &#224; contempler avec effroi plus qu'&#224; agir. Au fond, si une question philosophique est une question simple qui appelle des r&#233;ponses infinies, alors, nous autres, nous devrions &#234;tre les mieux plac&#233;s pour s'orienter dans l'infini concoct&#233; avec l'infinie intelligence qui caract&#233;rise nos sup&#233;rieurs responsables de l'&#233;volution (non moins infinie) des programmes qui nous guident... vers l'infini. Bref, nous devrions savoir interpr&#233;ter le programme et lui donner un sens partageable, que ce soit dans le but de le changer ou de l'enseigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce court entretien de Graham Priest dessine l'id&#233;e directrice de la &#171; philosophie mondiale &#187;, comme on parle d'histoire mondiale, qui pourrait donner du sens &#224; ce nouveau programme. Il s'agit d'explorer les &#233;changes entre la philosophie occidentale et orientale. Le point de d&#233;part, ce sont des consid&#233;rations logiques. Il y parle de contradiction, de bouddhisme, d'ineffable, d'Heidegger, de Catu&#7779;ko&#7789;i. Il y a l&#224; tout pour d&#233;raper, et sans doute l'interviewer pousse-t-il au d&#233;rapage, et pourtant &#231;a ne d&#233;rape pas. Chacun.e estimera la superficialit&#233; ou la profondeur des propos.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La traduction est assur&#233;e par votre serviteur. Si vous trouvez des erreurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe src=&#034;https://podeduc.apps.education.fr/video/60039-graham-priest-2018-buddhism-science/?is_iframe=true&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;360&#034; style=&#034;padding: 0; margin: 0; border:0&#034; allowfullscreen title=&#034;Graham Priest 2018 &#034;Buddhism &amp; Science&#034;&#034; &gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et puisque N&#257;g&#257;rjuna est au programme, il faudra se former en philosophie bouddhiste. Graham Priest a con&#231;u un MOOC d'introduction &#224; la philosophie bouddhiste disponible en 8 &#233;pisodes de 15min environ. L'interview ci-dessus est la conclusion de ce MOOC. Ce cours s'intitule &#171; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=V-P3j3S2beA&amp;list=PLKuMaHOvHA4rag4t-jjdbeDdye5nb0rlF&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Buddhism &amp; Science&lt;/a&gt; &#187; et est en anglais.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La traduction du cours demanderait beaucoup de travail et je ne pr&#233;vois pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est un cours qui aborde par ailleurs les notions de religion et de science de mani&#232;re tr&#232;s habile et originale, pour celles et ceux qui en auraient marre de raconter toujours les m&#234;mes b&#234;tises sur ces notions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour le fun, Graham Priest a &#233;dit&#233; un livre de vulgarisation philosophique sur la philosophie des arts martiaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_687 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://philosophie.ac-normandie.fr/local/cache-vignettes/L370xH492/martial-39557.png?1779540124' width='370' height='492' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-687 '&gt;&lt;strong&gt;Couverture de Priest 2010
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ce volume, Priest &#233;crit une &#171; interview de Bodhidharma &#187;, le moine bouddhiste indien qui s'installa au temple de Shaolin, au Japon, au VIe si&#232;cle introduisant ainsi ce qu'on appelle aujourd'hui le bouddisme Zen et le Kung Fu Shaolin. Voici ce petit dialogue en version originale :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_686 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://philosophie.ac-normandie.fr/IMG/pdf/priest_2010_martial_arts_and_philosophy.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 183.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://philosophie.ac-normandie.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779444972' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-686 '&gt;&lt;strong&gt;Priest 2010 &#171; An Interview with Bodhidharma &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La question fondamentale des arts martiaux, c'est certainement la question de la violence, &#233;crit Graham Priest quelque part. Tiens, il me semble que cette notion est au programme quelque part...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La traduction est assur&#233;e par votre serviteur. Si vous trouvez des erreurs de traduction, merci de me les signaler : &#231;a arrive.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La traduction du cours demanderait beaucoup de travail et je ne pr&#233;vois pas de faire cela dans l'imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vad&#233;m&#233;cum &#224; l'usage des jeunes professeur.es de philosophie</title>
		<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article566</link>
		<guid isPermaLink="true">https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article566</guid>
		<dc:date>2021-08-27T12:07:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Leli&#232;vre</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Bonheur</dc:subject>
		<dc:subject>Conscience</dc:subject>
		<dc:subject>Devoir</dc:subject>
		<dc:subject>L'&#201;tat</dc:subject>
		<dc:subject>Inconscient</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Raison</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>Science</dc:subject>
		<dc:subject>Technique</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'exercice du m&#233;tier de professeur de philosophie dans l'enseignement public fran&#231;ais suppose que soient bien identifi&#233;s : Son cadre institutionnel, sa place au sein de l'&#201;tat et les missions de l'enseignant. Les comp&#233;tences attendues et les ressources dont il dispose. Les normes des exercices enseign&#233;s et &#233;valu&#233;s lors de l'examen. L'esprit de ses programmes. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'enseignement de la philosophie au sein du syst&#232;me &#233;ducatif &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis sa fondation sous la Monarchie de Juillet, sous l'impulsion (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;Contenus p&#233;dagogiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;V&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Bonheur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Conscience&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;Devoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;L'&#201;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot33" rel="tag"&gt;Inconscient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;Libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Raison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot40" rel="tag"&gt;Technique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot43" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'exercice du m&#233;tier de professeur de philosophie dans l'enseignement public fran&#231;ais suppose que soient bien identifi&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Son &lt;strong&gt;cadre institutionnel&lt;/strong&gt;, sa place au sein de l'&#201;tat et les missions de l'enseignant.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les &lt;strong&gt;comp&#233;tences attendues&lt;/strong&gt; et les ressources dont il dispose.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les normes des &lt;strong&gt;exercices&lt;/strong&gt; enseign&#233;s et &#233;valu&#233;s lors de l'examen.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'esprit de ses &lt;strong&gt;programmes&lt;/strong&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'enseignement de la philosophie au sein du syst&#232;me &#233;ducatif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa fondation sous la Monarchie de Juillet, sous l'impulsion de Victor Cousin, l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e est l'affaire de l'Etat. Mais l'Etat n'est pas l'affaire des professeurs de philosophie. En tant que fonctionnaires, ils sont soumis aux obligations communes aux &#171; agents du service public de l'&#233;ducation &#187;, conform&#233;ment au &lt;strong&gt;&lt;sc&gt;statut g&#233;n&#233;ral de la fonction publique&lt;/sc&gt;&lt;/strong&gt; ; en particulier, &lt;strong&gt;l'obligation de service&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;l'obligation d'ob&#233;issance hi&#233;rarchique et de formation&lt;/strong&gt; ; &lt;strong&gt;l'obligation de secret et de discr&#233;tion professionnelle&lt;/strong&gt;, enfin, &lt;strong&gt;l'obligation de neutralit&#233;, l'obligation de moralit&#233;&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;dignit&#233;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;l'obligation de r&#233;serve et l'obligation de d&#233;sint&#233;ressement&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la m&#234;me raison, les droits suivants leurs sont garantis :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; attach&#233;s &#224; la fonction : &lt;strong&gt;droits &#224; la r&#233;mun&#233;ration&lt;/strong&gt; et &#224; &lt;strong&gt;la retraite&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;droit de protection&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;droit de retrait&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;droit de formation&lt;/strong&gt; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; en tant que citoyens : &lt;strong&gt;principe de non-discrimination&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;droit syndical&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;droit de gr&#232;ve et droits sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Pour la source officielle de ces droits et obligations, voir : &lt;a href=&#034;https://www.fonction-publique.gouv.fr/statut-general-des-fonctionnaires&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fonction-publique.gouv.fr/statut-general-des-fonctionnaires&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les autres professeurs et personnels de l'enseignement, le professeur de philosophie est appel&#233; &#224; mettre en &#339;uvre un certain nombre de comp&#233;tences communes. Il doit, en particulier, &lt;strong&gt;&#171; faire partager les valeurs de la R&#233;publique &#187;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique de &#171; savoir transmettre et faire partager les principes de la vie d&#233;mocratique ainsi que les valeurs de la R&#233;publique :&lt;strong&gt; la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ; la la&#239;cit&#233; ; le refus de toutes les discriminations&lt;/strong&gt; ; aider les &#233;l&#232;ves &#224; d&#233;velopper leur &lt;strong&gt;esprit critique&lt;/strong&gt;, &#224; distinguer les savoirs des opinions ou des croyances, &#224; savoir argumenter et &#224; respecter la pens&#233;e des autres. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de &lt;strong&gt;la&#239;cit&#233;&lt;/strong&gt;, comme le stipule l'article premier de la loi du 9 d&#233;cembre 1905, dite de s&#233;paration des Eglises et de l'Etat, &#171; &lt;strong&gt;la R&#233;publique assure la libert&#233; de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes&lt;/strong&gt; sous les seules restrictions &#233;dict&#233;es ci-apr&#232;s dans l'int&#233;r&#234;t de l'ordre public &#187;. &#171; Vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule &#224; cette chose d&#233;licate et sacr&#233;e, qui est la conscience de l'enfant &#187; disait Jules Ferry.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la mani&#232;re de Confucius : &#171; On respecte les dieux en gardant ses distances &#187;.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La la&#239;cit&#233; est le cadre de l'exercice lib&#233;ral de l'enseignement de la philosophie. Elle pr&#233;serve l'&#233;l&#232;ve et le professeur de tout &#171; droit d'immixtion, de surveillance, de contr&#244;le et de veto &#187; sur sa conscience et ses pens&#233;es mais non sur ses actes et ses paroles, conform&#233;ment aux lois en vigueur :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3003&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3003&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2020/12/lettre_ferry_instituteurs.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2020/12/lettre_ferry_instituteurs.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La la&#239;cit&#233; n'est pas une doctrine. Elle concerne tout autant le &lt;strong&gt;champ politique&lt;/strong&gt; que le &lt;strong&gt;champ religieux&lt;/strong&gt;. Elle se r&#233;sume dans &lt;strong&gt;l'obligation de neutralit&#233;&lt;/strong&gt;. Elle donne au professeur, dans son champ de comp&#233;tence, &lt;strong&gt;le droit imprescriptible de former le jugement critique de ses &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt; et d'armer leur raison gr&#226;ce aux r&#233;sultats de la recherche. Porteur d'un savoir, il n'a donc pas, dans l'exercice de ses fonctions, &#224; promouvoir ou &#224; d'interdire un quelconque syst&#232;me de croyances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre et dans le cadre de l'enseignement disciplinaire, &lt;strong&gt;la connaissance du fait religieux&lt;/strong&gt; fait partie des missions de l'&#233;cole. Cet enseignement concerne, pour la philosophie, particuli&#232;rement mais pas seulement, l'&#233;tude des questions li&#233;es &#224; la notion de &#171; religion &#187;. Il permet d'approfondir &lt;strong&gt;la culture&lt;/strong&gt; des &#233;l&#232;ves, de leur faire saisir &lt;strong&gt;la complexit&#233; du monde contemporain et des dimensions de leur propre existence&lt;/strong&gt; et de reconna&#238;tre &lt;strong&gt;le pluralisme des opinions, des croyances et des cultures&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit toujours &#234;tre subordonn&#233; &#224; la &lt;strong&gt;reconnaissance de l'autorit&#233; des sciences&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;l'&#233;gale dignit&#233; de chaque &#234;tre humain quel que soit son sexe, son histoire ou sa confession&lt;/strong&gt;. L'ouverture progressive des auteurs du programme, notamment &#224; des auteures philosophes, r&#233;pond &#224; cet imp&#233;ratif de lutte contre toutes les discriminations.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'enseignement de la philosophie au sein du lyc&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de philosophie en terminale est &lt;strong&gt;int&#233;gr&#233; au tronc commun des s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et technologiques&lt;/strong&gt;. Plac&#233; &#224; un moment charni&#232;re de son parcours scolaire, il apporte &#224; l'&#233;l&#232;ve sa dimension critique sp&#233;cifique et ses rep&#232;res. Il peut &#233;galement intervenir au sein de :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://eduscol.education.fr/1711/programmes-et-ressources-en-humanites-litterature-et-philosophie-voie-g&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La sp&#233;cialit&#233; &#171; Humanit&#233;s, Litt&#233;rature et philosophie &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://eduscol.education.fr/1681/programmes-et-ressources-en-enseignement-moral-et-civique-voie-gt&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'enseignement moral et civique (E.M.C.), de la Seconde &#224; la Terminale&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://eduscol.education.fr/1718/programmes-et-ressources-en-droit-et-grands-enjeux-du-monde-contemporain-voie-gt&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les grands enjeux du monde contemporain (D.G.M.C)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.education.gouv.fr/bo/21/Hebdo15/MENE2109013N.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les ateliers de philosophie en lyc&#233;e professionnel&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le professeur de philosophie participe au &#171; &lt;strong&gt;conseil d'enseignement&lt;/strong&gt; &#187; qui permet, en fin d'ann&#233;e, de r&#233;fl&#233;chir &#224; l'organisation du travail de la discipline, &#224; la r&#233;partition &#233;quitable des classes, &#224; l'organisation coll&#233;giale des devoirs et des corrections et aux projets p&#233;dagogiques. Il si&#232;ge &#233;galement ou est repr&#233;sent&#233; au&lt;strong&gt; &#171; conseil p&#233;dagogique &#187; de l'&#233;tablissement&lt;/strong&gt;. Cet organe consultatif assiste le chef d'&#233;tablissement et contribue &#224; la d&#233;termination et &#224; la mise en &#339;uvre du projet d'&#233;tablissement ainsi qu'&#224; toute perspective de travail originale, en particulier en terme de co-enseignement. Dans ses fonctions d'&lt;strong&gt;&#233;ducateur&lt;/strong&gt; enfin, le professeur de philosophie est attentif &#224; tous ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'esprit de l'enseignement philosophique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Il se r&#233;sume dans deux imp&#233;ratifs :&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Apprendre &#224; penser par soi-m&#234;me&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Michel Foucault d&#233;finit la critique comme &#171; l'art de l'inservitude volontaire ou de l'indocilit&#233; r&#233;fl&#233;chie. &#187; L'enseignement de la philosophie repose sur un paradoxe. Il vise l'acc&#232;s, pour chacun, &#224; une pens&#233;e libre et singuli&#232;re mais il suppose une discipline. &lt;strong&gt;La formation du jugement critique&lt;/strong&gt; apprend &#224; motiver, en toute connaissance de causes, adh&#233;sion, refus, ou r&#233;serve. Elle repose sur la capacit&#233; &#224; comprendre son objet, &#224; former son concept, &#224; sonder sa l&#233;gitimit&#233; et &#224; en interroger le sens. Cette capacit&#233; se d&#233;veloppe par le travail de distinction et de clarification des notions qu'op&#232;re l'enseignement de la philosophie et par la confrontation avec les philosophes. Si l'expression &#171; penser par soi-m&#234;me &#187; a un sens, c'est donc d'abord pour le professeur. &#171; Etre soi-m&#234;me, &#224; condition d'&#234;tre quelqu'un &#187; disait Georges Canguilhem. Le professeur est garant de son cours. Il doit savoir choisir et en fixer le cadre et proposer un cours &#171; personnel, suivi et explicite &#187;. Il doit exercer pleinement sa responsabilit&#233; intellectuelle, s'il veut pouvoir former celle de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Apprendre &#224; lire et &#224; faire &#233;tudier les philosophes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie fran&#231;ais est un enseignement d'histoire de la philosophie. Il suppose et repose sur la lecture d'&#339;uvres appartenant &#224; la tradition philosophique. &#171; L'esprit vivant, qui habite une philosophie, demande, pour se d&#233;voiler, &#224; &#234;tre mis au monde par un esprit de m&#234;me famille &#187; disait Hegel. Si l'existence d'auteurs &#171; majeurs &#187; est mati&#232;re &#224; d&#233;bat, chacun conviendra qu'il est difficile d'enseigner la philosophie sans avoir &#233;tudi&#233; et sans appuyer son enseignement sur la connaissance des &#339;uvres majeures de ces 6 ou 7 des auteurs auxquels les autres ne cessent de se r&#233;f&#233;rer : &lt;strong&gt;Platon&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Aristote&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Descartes&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Spinoza&lt;/strong&gt;, et &lt;strong&gt;Leibniz&lt;/strong&gt;, enfin, &lt;strong&gt;Kant&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Hegel&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conna&#238;tre et faire lire des pages de ces auteurs, ainsi que celles des autres auteurs du programme, fait pleinement partie de la mission du professeur de philosophie. Reconna&#238;tre leur importance n'est pas faire all&#233;geance. Les lire et les expliquer n'est pas apprendre simplement des pens&#233;es, c'est apprendre &#224; penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de &lt;strong&gt;culture g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;, il est naturellement indispensable, pour l'&#233;l&#232;ve et comme pour le professeur, de disposer de connaissances pr&#233;cises tir&#233;es de champs encyclop&#233;diques autres que celui de la philosophie : art, religion, droit, science, histoire, etc. La visite d'un mus&#233;e, la connaissance plus intime de l'&#339;uvre d'un peintre, de celles d'un r&#233;alisateur de cin&#233;ma, de grandes &#339;uvres litt&#233;raires mais aussi de th&#233;ories et de th&#232;mes scientifiques &#233;tudi&#233;s par ailleurs font partie int&#233;grante de son enseignement. Celui-ci ne doit jamais faire perdre le sens du concret ni n&#233;gliger l'existence d'univers ou de pens&#233;es radicalement autres : mythologies, rituels, pratiques sociales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La dissertation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Etude m&#233;thodique et progressive d'un probl&#232;me que l'analyse d'une question permet de construire &#187;, une dissertation &lt;strong&gt;ne doit pas comporter n&#233;cessairement trois parties (th&#232;se, antith&#232;se, synth&#232;se)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, La division en trois parties est une forme de plan qui ne convient pas &#224; tous les sujets ni &#224; tous les &#233;l&#232;ves. Elle pr&#233;suppose l'existence d'un tiers et d'un &lt;strong&gt;juste milieu&lt;/strong&gt; (Aristote, valeur de la mesure) ou bien la f&#233;condit&#233; de la &lt;strong&gt;contradiction&lt;/strong&gt; (Hegel et l'&lt;i&gt;Aufhebung&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dissertation r&#233;ussie peut parfaitement comporter &lt;strong&gt;deux parties&lt;/strong&gt;. Dans la premi&#232;re, une fois le probl&#232;me identifi&#233;, la dissertation expose et examine la th&#232;se qu'elle &lt;strong&gt;combat&lt;/strong&gt; (Non-A ou B s'il s'agit d'une alternative). La seconde partie d&#233;fend et illustre la valeur de la th&#232;se choisie (A) pour r&#233;soudre le probl&#232;me et r&#233;pondre &#224; la question pos&#233;e. Cette mani&#232;re de &#171; &lt;strong&gt;dramatiser&lt;/strong&gt; &#187; la r&#233;flexion, qui ne vaut pas davantage comme m&#233;thode g&#233;n&#233;rale, peut sembler plus proche de la r&#233;solution effective d'un probl&#232;me. Elle d&#233;pend de la mani&#232;re dont est prise au s&#233;rieux et bien choisie la th&#232;se combattue. &#171; Il faut pouvoir &#234;tre fier de ses ennemis &#187; disait Nietzsche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apprentissage des notions est aussi l'occasion d'initier l'&#233;l&#232;ve aux joies de la dialectique pour, &#224; la mani&#232;re de Socrate, mette en pi&#232;ce la &lt;strong&gt;doxa&lt;/strong&gt; gr&#226;ce &#224; la rigueur de l'&lt;strong&gt;id&#233;e&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Une fois &#233;tudi&#233;e l'id&#233;e de &#171; contrat social &#187;, montrer comment elle r&#233;duit &#224; n&#233;ant les notions de &#171; repr&#233;sentants &#187;, de &#171; s&#233;paration des pouvoirs &#187; ou de &#171; gouvernement d&#233;mocratique &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une fois la libert&#233; bien comprise comme &#171; ce qui existe par la seule n&#233;cessit&#233; de sa nature et est d&#233;termin&#233; par soi seul &#224; agir &#187; (Ethique, D&#233;f. 7), montrer qu'il ne peut exister de &#171; volont&#233; libre &#187; ni de &#171; libre-arbitre &#187;. Ces exemples, au libre choix du professeur, peuvent &#234;tre, comme les duels oratoires, une mani&#232;re joyeuse de s'exercer &#224; la dialectique, &#224; l'&lt;strong&gt;oral&lt;/strong&gt; comme &#224; l'&lt;strong&gt;&#233;crit&lt;/strong&gt;, et d'&#233;prouver combien la philosophie &#171; met le monde &#224; l'envers &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il importe enfin d'apprendre &#224; l'&#233;l&#232;ve la &lt;strong&gt;gestion du temps&lt;/strong&gt; et de veiller &#224; un &lt;strong&gt;entra&#238;nement en temps limit&#233;&lt;/strong&gt; selon un cadre assez strict. Savoir qu'au moment de commencer la r&#233;daction, il est profitable d'&#233;crire la conclusion (savoir o&#249; l'on va) pour r&#233;diger l'introduction puis composer. Savoir que le sens de ce qu'on examine n'appara&#238;t que progressivement. &#171; Parti d'un sens qu'il n'a pas besoin de d&#233;finir, &#233;crivait Bergson, parce que c'est celui que tout le monde conna&#238;t, le philosophe aboutit &#224; un sens qu'il a parfaitement d&#233;fini, s'il est ma&#238;tre de sa pens&#233;e &#187;. Il s'agit naturellement d'un id&#233;al.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'explication de texte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle s'attache &#224; d&#233;gager les enjeux philosophiques et le d&#233;marche propre d'un passage extrait de l'&#339;uvre d'un des auteurs du programme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa mise en &#339;uvre ne r&#233;pond, pas plus que la dissertation, &#224; une m&#233;thode unique. Cependant, elle est davantage norm&#233;e. &lt;strong&gt;Elle ne consiste pas &#224; d&#233;couper le texte en parties et &#224; d&#233;couvrir le th&#232;me et la th&#232;se. Elle doit d&#233;gager et pr&#233;ciser&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La &lt;strong&gt;situation&lt;/strong&gt; du texte en contexte : partie br&#232;ve et difficile &#224; mettre en &#339;uvre par l'&#233;l&#232;ve mais indispensable pour le professeur lors de l'explication en classe.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Son &lt;strong&gt;projet&lt;/strong&gt; (par exemple : une d&#233;monstration, une r&#233;futation de telle id&#233;e, un d&#233;veloppement et une illustration de telle id&#233;e d&#233;fendue par l'auteur).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sa &lt;strong&gt;structure argumentative&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire sa structure logique (par exemple : il s'agit de l'&#233;nonc&#233; d'une th&#232;se suivie de sa d&#233;monstration par l'absurde puis d'un corollaire etc.).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ses &lt;strong&gt;mots-cl&#233;s&lt;/strong&gt; et le r&#233;seau de relations et des propositions dans lesquelles ils sont ins&#233;r&#233;s. C'est la partie qui doit &#234;tre le plus d&#233;velopp&#233;e et qui d&#233;ploie la substance du texte.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La &lt;strong&gt;port&#233;e&lt;/strong&gt; du texte : ses enjeux et les conclusions que l'on peut en tirer.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'essai&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'essai est un exercice d'argumentation ordonn&#233;e &#224; la fois plus bref et plus libre que la dissertation. L'important est qu'il rende compte d'une pens&#233;e personnelle, progressive et ordonn&#233;e, appuy&#233;e sur des r&#233;f&#233;rences et des exemples pr&#233;cis. &#187; Autrement dit, l'essai est une tentative. Il garde un caract&#232;re de recherche et de compte rendu d'un travail de l'&#233;l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le programme et l'organisation des notions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les notions n'indiquent pas des parcours qui seraient d&#233;termin&#233;s &#224; l'avance, pas davantage un ordre correspondant aux chapitres successifs d'un cours qui rel&#232;ve de la responsabilit&#233; du professeur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de philosophie est de nature &lt;strong&gt;constructiviste&lt;/strong&gt;. Ordonn&#233;es selon des &#171; perspectives &#187; les &#171; notions &#187;, comme l'Etre selon Aristote, sont des &#171; termes dot&#233;s de multiples sens &#187; et ne signifient rien par-elles-m&#234;mes. Elles renvoient &#224; des questions et &#224; des probl&#232;mes dont la d&#233;termination et l'explicitation sont &#224; la charge du professeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Commun&#233;ment partag&#233;es, les notions font l'objet d'une &#233;laboration conceptuelle mettant en &#233;vidence les probl&#232;mes que soul&#232;vent leur d&#233;finition et leur &lt;strong&gt;articulation entre elles&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un monde devenu labyrinthe, il est possible que convienne le hasard d'une disposition alphab&#233;tique. Il faut t&#226;cher de l'&lt;strong&gt;ordonner&lt;/strong&gt; et prendre garde &#224; ce que les &#233;l&#232;ves ne tiennent les notions pour des choses, m&#234;me abstraites, et ne perdent le fil. Il convient, &#233;galement pour des raisons d'&#233;l&#233;mentaire clart&#233; p&#233;dagogique, de toujours &lt;strong&gt;expliciter&lt;/strong&gt; la d&#233;marche adopt&#233;e, de &lt;strong&gt;pr&#233;ciser&lt;/strong&gt; les questions directrices choisies et de prendre en compte la mani&#232;re dont les &#233;l&#232;ves doivent pr&#233;parer le travail du cours, y contribuer et l'assimiler. Un cours n'est pas une le&#231;on. La division en &#171; perspectives &#187; qui correspondent &#224; l'organisation classique de la discipline (anthropologie, connaissance, action), peut &#234;tre une mani&#232;re utile d'organiser l'ann&#233;e et de structurer le traitement ordonn&#233; des notions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Composer son cours et le modifier en fonction des circonstances, inventer des exercices et en changer est un des privil&#232;ges du m&#233;tier. La mise en ordre qui suit n'a donc &lt;strong&gt;aucun caract&#232;re imp&#233;ratif&lt;/strong&gt;. Elle n'appelle &#224; aucun traitement exhaustif qui serait tout &#224; fait impossible. Elle vise &#224; faire appara&#238;tre des &lt;strong&gt;recoupements&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;syst&#233;maticit&#233;&lt;/strong&gt;. Elle met en relation les notions entre elles et avec des questions pr&#233;cises. Elle contribue &#224; d&#233;ployer leurs horizons de sens et leurs liens avec certains rep&#232;res plus appropri&#233;s. Elle recommande d'aller toujours des questions vers les auteurs et d'effectuer syst&#233;matiquement un rep&#233;rage pr&#233;alable des dimensions essentielles que recouvre une notion.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une mise en r&#233;seau des notions et des rep&#232;res&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;L'art &lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'art et la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; : imitation, repr&#233;sentation, r&#233;v&#233;lation, abstraction.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'art et la technique&lt;/i&gt; : inspiration, imagination, cr&#233;ation.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'art et la culture&lt;/i&gt; : l'art et le beau ; les beaux-arts : un exemple tir&#233; du cin&#233;ma, de la litt&#233;rature, ou de l'architecture, etc.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Abstrait/concret &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Formel/Mat&#233;riel&#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Intuitif/discursif &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif -Ressemblance/analogie &#8211; Transcendant/immanent.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bonheur&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le bonheur et la conscience&lt;/i&gt; : les biens et les maux ; le plaisir et la douleur ; le hasard et le destin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le bonheur et le devoir&lt;/i&gt; : les vertus et la vie heureuse ; les devoirs et l'ordre social.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le bonheur et la religion&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;le bonheur et l'&#201;tat&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Impossible/possible &#8211; Intuitif/discursif &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Public/priv&#233; &#8211; Transcendant/immanent.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;La conscience&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La conscience et la science&lt;/i&gt; : conscience de soi, conscience d'objet, conscience et reconnaissance d'autrui.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La conscience et la nature&lt;/i&gt; : l'&#226;me et le corps ; la motricit&#233; et la r&#233;ceptivit&#233;, la pr&#233;sence au monde ; action et passion.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La conscience et le devoir&lt;/i&gt; : La personne et l'identit&#233; personnelle, la responsabilit&#233; et l'imputabilit&#233; ; le sujet, le croyant et le citoyen (cf. la religion, l'&#201;tat).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Expliquer/comprendre &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Intuitif/discursif &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Public/priv&#233; &#8211; Transcendant/immanent &#8211; Universel/g&#233;n&#233;ral/particulier/singulier.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Le devoir&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le devoir et la conscience&lt;/i&gt; : la responsabilit&#233; ; le d&#233;sir et l'interdit ; le respect ; le bien et le mal ; faute, honte et culpabilit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le devoir et la raison&lt;/i&gt; : fondements et formes ; vertus et obligations ; intention et cons&#233;quences.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le devoir et la religion&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;le devoir et l'&#201;tat&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Exemple/preuve - En fait/en droit &#8211; Formel/mat&#233;riel &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Identit&#233;/&#233;galit&#233;/diff&#233;rence &#8211; Impossible/possible &#8211; L&#233;gal/l&#233;gitime &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Obligation/contrainte &#8211; Origine/fondement &#8211; Principe/cause/fin &#8211; Public/priv&#233; &#8211; Th&#233;orie/pratique &#8211; Transcendant/immanent &#8211; Universel/g&#233;n&#233;ral/particulier/singulier.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'&#201;tat et la libert&#233;&lt;/i&gt; : le sujet et le citoyen ; fondement, organisation et fins de l'&#201;tat ; les formes de gouvernement, la d&#233;mocratie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; (le devoir)&lt;/i&gt; : &#233;ducation et socialisation ; &#233;conomie et politique ; droit et famille (filiation, conjugalit&#233;, sexuation).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'&#201;tat et la violence (la nature)&lt;/i&gt; : conflit et concurrence ; autorit&#233; et ob&#233;issance ; coop&#233;ration et hostilit&#233; ; guerre et paix, nations et empires.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; En fait/en droit &#8211; Formel/mat&#233;riel &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Identit&#233;/&#233;galit&#233;/diff&#233;rence &#8211; Impossible/possible &#8211; L&#233;gal/l&#233;gitime &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Obligation/contrainte &#8211; Origine/fondement &#8211; Persuader/convaincre &#8211; Principe/cause/fin &#8211; Public/priv&#233; &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Th&#233;orie/pratique &#8211; Transcendant/immanent.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;L'inconscient&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'inconscient et la conscience&lt;/i&gt; : automatisme, habitude, conflit psychique, traumatisme et gu&#233;rison.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'inconscient et la raison&lt;/i&gt; : folie, n&#233;vrose, psychose et perversions, normal et pathologique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'inconscient et la culture&lt;/i&gt; : l'art, la religion, l'&#201;tat.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Croire/savoir &#8211; Expliquer/comprendre &#8211; Impossible/possible &#8211; Intuitif/discursif &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Origine/fondement &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Transcendant/immanent &#8211; Vrai/probable/certain.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;La justice&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La justice et la science&lt;/i&gt; : la norme ; droit naturel et droit positif ; droits et devoirs ; justice et droit.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La justice et la raison&lt;/i&gt; : la vertu de justice ; &#233;galit&#233; et &#233;quit&#233; ; r&#233;tribution et distribution, vengeance et pardon ; le don.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La justice et l'&#201;tat&lt;/i&gt; : l'appareil de justice ; l'&#201;tat de droit ; les in&#233;galit&#233;s, la reconnaissance.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Exemple/preuve &#8211; En fait/en droit &#8211; Formel/mat&#233;riel &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Identit&#233;/&#233;galit&#233;/diff&#233;rence &#8211; Impossible/possible &#8211; L&#233;gal/l&#233;gitime &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Obligation/contrainte &#8211; Origine/fondement &#8211; Persuader/convaincre &#8211; Principe/cause/fin &#8211; Public/priv&#233; &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Th&#233;orie/pratique &#8211; Transcendant/immanent &#8211; Universel/g&#233;n&#233;ral/particulier/singulier &#8211; Vrai/probable/certain.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Le langage&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le langage et la conscience&lt;/i&gt; : expression et communication ; les signes et leur interpr&#233;tation ; dire et faire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le langage et la raison&lt;/i&gt; : concept, jugement, raisonnement ; logique, rh&#233;torique et dialectique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le langage et l'&#201;tat&lt;/i&gt; : id&#233;ologie et domination ; information, communication et critique.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Formel/mat&#233;riel - Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Intuitif/discursif &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Origine/fondement &#8211; Persuader/convaincre &#8211; Public/priv&#233; &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Universel/g&#233;n&#233;ral/particulier/singulier.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;La libert&#233;&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La libert&#233; et la conscience&lt;/i&gt; : spontan&#233;it&#233;, libre-arbitre et d&#233;lib&#233;ration, autonomie ; action et passion.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La libert&#233; et la nature&lt;/i&gt; : la servitude ; la violence ; hasard, destin, d&#233;terminisme et destin&#233;e.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La libert&#233; et l'&#201;tat&lt;/i&gt; : libert&#233; des anciens, libert&#233; des modernes ; libert&#233;, droit et pouvoir ; morale et politique (cf. l'&#201;tat).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Exemple/preuve - Expliquer/comprendre &#8211; En fait/en droit &#8211; Formel/mat&#233;riel &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; &#8211; Impossible/possible &#8211; L&#233;gal/l&#233;gitime &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Obligation/contrainte &#8211; Origine/fondement &#8211; Persuader/convaincre &#8211; Principe/cause/fin &#8211; Public/priv&#233; &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Th&#233;orie/pratique &#8211; Transcendant/immanent.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;La nature&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La nature et la culture&lt;/i&gt; : inn&#233; et acquis, nature et artifice, diversit&#233; des cultures.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La nature, la science et la technique&lt;/i&gt; : la vie, les vivants et les soci&#233;t&#233;s humaines.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La nature et la religion&lt;/i&gt; : le mythe, la science et la philosophie : procr&#233;ation et g&#233;n&#233;tique, &#233;volution des esp&#232;ces et place du genre humain, finalit&#233; et causalit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Exemple/preuve &#8211; Formel/mat&#233;riel &#8211; Genre/esp&#232;ce/individu &#8211; Hypoth&#232;se/cons&#233;quence/conclusion &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Impossible/possible &#8211; Intuitif/discursif &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Origine/fondement &#8211; Persuader/convaincre &#8211; Principe/cause/fin &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Th&#233;orie/pratique &#8211; Transcendant/immanent &#8211; Universel/g&#233;n&#233;ral/particulier/singulier &#8211; Vrai/probable/certain.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;La raison&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La raison et la nature&lt;/i&gt; : le c&#339;ur et la raison ; sensation, image, concept ; hasard et n&#233;cessit&#233; ; ordre, organisation et complexit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La raison et la science&lt;/i&gt; : logique, m&#233;thode et raisonnement ; cause et loi ; expliquer et comprendre.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La raison et le devoir&lt;/i&gt; : les moyens et fins ; la raison et la volont&#233; : courage, prudence, mod&#233;ration et justice ; le rationnel et le raisonnable.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Croire/savoir &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Exemple/preuve - Expliquer/comprendre &#8211; En fait/en droit &#8211; Formel/mat&#233;riel &#8211; Genre/esp&#232;ce/individu &#8211; Hypoth&#232;se/cons&#233;quence/conclusion &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Impossible/possible &#8211; Intuitif/discursif &#8211; L&#233;gal/l&#233;gitime &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Obligation/contrainte &#8211; Origine/fondement &#8211; Persuader/convaincre &#8211; Principe/cause/fin &#8211; Public/priv&#233; &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Th&#233;orie/pratique &#8211; Transcendant/immanent &#8211; Universel/g&#233;n&#233;ral/particulier/singulier &#8211; Vrai/probable/certain.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;La religion&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La religion et la raison&lt;/i&gt; : foi et raison, sacr&#233; et le profane ; mythe et raison ; Dieu, les dieux, le divin ; fanatisme et mystique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La religion et le devoir&lt;/i&gt; : la violence et la sacr&#233; ; le rite et la pi&#233;t&#233; ; les interdits et la morale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'&#201;tat et la religion&lt;/i&gt; : libert&#233; de conscience et libert&#233; religieuse ; communaut&#233; et soci&#233;t&#233; ; le spirituel et le temporel (la la&#239;cit&#233;).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Croire/savoir &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Impossible/possible &#8211; Intuitif/discursif &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Obligation/contrainte &#8211; Origine/fondement &#8211; Persuader/convaincre &#8211; Principe/cause/fin &#8211; Public/priv&#233; &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Th&#233;orie/pratique &#8211; Transcendant/immanent &#8211; Universel/g&#233;n&#233;ral/particulier/singulier &#8211; Vrai/probable/certain.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;La science&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La science et la nature&lt;/i&gt; : m&#233;taphysique et science ; sciences de la nature, sciences de la vie et science de l'homme.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La science et la raison&lt;/i&gt; : la d&#233;monstration ; la preuve ; d&#233;duction et induction ; exp&#233;rimentation et v&#233;rification ; l'interpr&#233;tation.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La science et l'Etat&lt;/i&gt; : science et politique ; connaissance et action ; id&#233;ologie et communication.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Croire/savoir &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Exemple/preuve - Expliquer/comprendre &#8211; Formel/mat&#233;riel &#8211; Genre/esp&#232;ce/individu &#8211; Hypoth&#232;se/cons&#233;quence/conclusion &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Impossible/possible &#8211; Intuitif/discursif &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Persuader/convaincre &#8211; Principe/cause/fin &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Th&#233;orie/pratique &#8211; Transcendant/immanent &#8211; Universel/g&#233;n&#233;ral/particulier/singulier &#8211; Vrai/probable/certain.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;La technique&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La technique et la nature&lt;/i&gt; : la main, l'outil et la machine.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La technique et la science&lt;/i&gt; : la mesure, l'exp&#233;rimentation, l'invention.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La technique et le devoir&lt;/i&gt; : habiter, ma&#238;triser, pr&#233;server ; technique et progr&#232;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Formel/mat&#233;riel &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Impossible/possible &#8211; Intuitif/discursif - M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Obligation/contrainte &#8211; Origine/fondement &#8211; Principe/cause/fin &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Th&#233;orie/pratique &#8211; Transcendant/immanent.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le temps et la conscience&lt;/i&gt; : conscience personnelle, conscience social, conscience historique ; nature du temps : temps de la conscience et temps du monde.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le temps et la science&lt;/i&gt; : la mesure du temps ; l'instant ; la pr&#233;vision et l'impr&#233;visible.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le temps et l'&#233;ternit&#233;&lt;/i&gt; : temps cyclique, temps lin&#233;aire ; l'irr&#233;versibilit&#233; et le retour du temps ; histoire et salut.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Formel/mat&#233;riel &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Impossible/possible &#8211; Intuitif/discursif &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Origine/fondement &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Transcendant/immanent.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Le travail&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le travail et la libert&#233;&lt;/i&gt; : travail et ali&#233;nation ; travail et loisir ; travail, contrat et droit.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le travail et la technique&lt;/i&gt; : division du travail ; labeur, production et cr&#233;ation ; progr&#232;s et invention.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le travail et la justice&lt;/i&gt; : valeur d'usage et valeur d'&#233;change ; propri&#233;t&#233; et possession ; salaire, valeur, dignit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif &#8211; Abstrait/concret &#8211; En acte/en puissance - En fait/en droit &#8211; Formel/mat&#233;riel &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Identit&#233;/&#233;galit&#233;/diff&#233;rence &#8211; Impossible/possible &#8211; L&#233;gal/l&#233;gitime &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Obligation/contrainte &#8211; Origine/fondement - Principe/cause/fin &#8211; Public/priv&#233; &#8211; Transcendant/immanent.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;La v&#233;rit&#233;&lt;/h4&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La v&#233;rit&#233; et la raison&lt;/i&gt; : croyance et v&#233;rit&#233;, intuition et discours, exp&#233;rience et connaissance.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La v&#233;rit&#233; et la science&lt;/i&gt; : apparence et r&#233;alit&#233; ; &#233;vidence et coh&#233;rence ; hypoth&#232;se et v&#233;rification ; sens et interpr&#233;tation.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La v&#233;rit&#233; et la conscience&lt;/i&gt; : mythe, science et philosophie ; dogmatisme et scepticisme.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Rep&#232;res associ&#233;s :&lt;/strong&gt; Absolu/relatif - En acte/en puissance &#8211; Analyse/synth&#232;se &#8211; Concept/image/m&#233;taphore &#8211; Contingent/n&#233;cessaire &#8211; Croire/savoir &#8211; Essentiel/accidentel &#8211; Exemple/preuve - Expliquer/comprendre &#8211; Formel/mat&#233;riel &#8211; Hypoth&#232;se/cons&#233;quence/conclusion &#8211; Id&#233;al/r&#233;el &#8211; Intuitif/discursif &#8211; M&#233;diat/imm&#233;diat &#8211; Objectif/subjectif/intersubjectif &#8211; Origine/fondement &#8211; Persuader/convaincre &#8211; Ressemblance/analogie &#8211; Th&#233;orie/pratique &#8211; Transcendant/immanent &#8211; Universel/g&#233;n&#233;ral/particulier/singulier &#8211; Vrai/probable/certain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.education.gouv.fr/le-referentiel-de-competences-des-metiers-du-professorat-et-de-l-education-5753&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.education.gouv.fr/le-referentiel-de-competences-des-metiers-du-professorat-et-de-l-education-5753&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; la mani&#232;re de Confucius : &#171; On respecte les dieux en gardant ses distances &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://eduscol.education.fr/1702/programmes-et-ressources-en-philosophie-voie-gt&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://eduscol.education.fr/1702/programmes-et-ressources-en-philosophie-voie-gt&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Tol&#233;rance et la&#239;cit&#233;</title>
		<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article543</link>
		<guid isPermaLink="true">https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article543</guid>
		<dc:date>2021-02-07T15:35:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Rouill&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>L'&#201;tat</dc:subject>
		<dc:subject>Raison</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un article publi&#233; le 12 d&#233;cembre 2020 sur le site de philosophie du p&#233;rim&#232;tre de Caen. &lt;br class='autobr' /&gt; M. Didier Guilliomet, professeur de philosophie en classes pr&#233;paratoires au Lyc&#233;e Fran&#231;ois 1er (Le Havre), nous propose ici le texte d'une conf&#233;rence donn&#233;e lors de la journ&#233;e d'&#233;tudes sur la religion &#224; Rouen, le 6 f&#233;vrier 2009, accompagn&#233;e d'une s&#233;lection de textes d'auteurs au programme : Paul Ric&#339;ur, John Locke et Spinoza. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous lui adressons pour ce texte nos plus vifs remerciements.&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;Les valeurs de la R&#233;publique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;L'&#201;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Raison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un article publi&#233; le 12 d&#233;cembre 2020 sur le site de philosophie du p&#233;rim&#232;tre de Caen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M. Didier Guilliomet, professeur de philosophie en classes pr&#233;paratoires au Lyc&#233;e Fran&#231;ois 1er (Le Havre), nous propose ici le texte d'une conf&#233;rence donn&#233;e lors de la journ&#233;e d'&#233;tudes sur la religion &#224; Rouen, le 6 f&#233;vrier 2009, accompagn&#233;e d'une s&#233;lection de textes d'auteurs au programme : Paul Ric&#339;ur, John Locke et Spinoza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous lui adressons pour ce texte nos plus vifs remerciements.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_971 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://philosophie.ac-normandie.fr/IMG/pdf/tolerance_et_laicite_dguilliomet.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 768.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://philosophie.ac-normandie.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779444972' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-971 '&gt;&lt;strong&gt;Tol&#233;rance et la&#239;cit&#233; par Didier Guilliomet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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