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	<title>Montaigne et l&#8217;invention du scepticisme moderne - commentaires</title>
	<link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article617</link>
	<description>Une journ&#233;e de formation s'est tenue &#224; Fort-de-France le 9 f&#233;vrier dernier. Elle portait sur les th&#232;mes et sur les &#339;uvres au programme des classes pr&#233;paratoires en pr&#233;sence des &#233;l&#232;ves de ces s&#233;ries. Ce texte de pr&#233;sentation de l'Apologie de Raymond Sebond est une incitation &#224; lire ce texte fondamental et &#224; le faire &#233;tudier.</description>
	<language>fr</language>
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    <item>
        <title>Montaigne et l'invention du scepticisme moderne</title>
        <link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article617#comment232</link>
        <dc:date>2025-08-22T11:25:10Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Merci pour cette belle contribution &#224; l'introduction &#224; la lecture de l'Apologie.&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>Guillot-Vignot C</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Montaigne et l'invention du scepticisme moderne</title>
        <link>https://philosophie.ac-normandie.fr/spip.php?article617#comment228</link>
        <dc:date>2023-10-15T14:04:21Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;C'est une tr&#232;s belle analyse de l'&lt;i&gt;Apologie de Raymond Sebond&lt;/i&gt; que nous livre ici M.&#160;Leli&#232;vre, IA-IPR honoraire.&lt;br class=&#034;autobr&#034;&gt;
Sur plus d'un point, elle innove mais, c'est normal pour une &#233;tude sur le scepticisme, elle soul&#232;ve aussi certaines questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le caract&#232;re innovant, il faut relever le d&#233;placement qu'op&#232;re l'auteur quant au scepticisme lui-m&#234;me. Celui-ci, notamment, ne dresse plus une sorte d'acte de d&#233;c&#232;s de la raison, conditionnant un possible recours &#224; la foi. Cette approche a surtout servi la th&#233;ologie protestante et on en trouve sans peine les traces, par exemple, dans la doctrine de la sola fides kantienne apr&#232;s l'&#233;chec de la raison pure mais encore, bien avant, dans la doctrine de Luther lui-m&#234;me lorsqu'il qualifie la raison, on nous pardonnera l'expression, de &#171;&#160;p... du diable&#160;&#187;, ployable &#224; merci et m&#232;re de toutes les sophistiques, &#171;&#160;instrument de plomb et de cire&#160;&#187;.&lt;br class=&#034;autobr&#034;&gt;
Comme l'explique l'auteur, l'origine du scepticisme est plut&#244;t &#224; chercher dans le double &#233;chec de la raison &#8211; une raison incapable de fournir aucune r&#233;ponse ferme, d&#233;finitive, &#224; la plupart des questions qu'elle se pose, et la foi elle-m&#234;me qui, &#224; travers le kal&#233;idoscope des interpr&#233;tations, se d&#233;multiplie et ainsi, prolif&#232;re. Le scepticisme plonge ses racines plus loin que cela, plus en profondeur&#160;: c'est une &#233;cole de vie et sa source est au-del&#224; ou en-de&#231;&#224;, comme on voudra, de ces deux voies. Elle est une attitude.&lt;br class=&#034;autobr&#034;&gt;
On notera au passage une belle d&#233;finition, ou quasi-d&#233;finition, du scepticisme&#160;: &lt;i&gt;&#171;&#160;le scepticisme inclut dans le mouvement du doute celui qui l'op&#232;re&#160;&#187;&lt;/i&gt;. Mais on va le voir, m&#234;me cette d&#233;finition interroge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement signaler l'identification par l'auteur de l'&#233;tude &#8211; c'est l&#224; le point central de cette derni&#232;re, d'une nouvelle esp&#232;ce de scepticisme, propre &#224; l'auteur des &lt;i&gt;Essais&lt;/i&gt; donc. Le scepticisme de Montaigne n'est ni un doute critique, requis par la rigueur m&#234;me de la m&#233;thode scientifique (devenu un simple r&#233;quisit de la raison, il retomberait dans les r&#234;ts de cette derni&#232;re) ni un doute acad&#233;mique qui, par sa radicalit&#233;, vouerait le philosophe au silence (on sent planer, cette fois, le retour d'une mystique religieuse pr&#233;matur&#233;ment cong&#233;di&#233;e (elle l'est toujours, forc&#233;ment). C'est un doute perp&#233;tuel, une force qui va, ne cesse jamais d'avancer au gr&#233;, on va le voir, des circonstances ph&#233;nom&#233;nales &#8211; Etat et religion compris. C'est une dynamique et donc, une attitude dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est ici que les probl&#232;mes commencent. Nous en voyons deux principaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la question m&#234;me de ce dynamisme, de sa coh&#233;rence et donc de sa force. Il y a, &#233;crit, M.&#160;Leli&#232;vre, &#171;&#160;une implication ind&#233;passable de tout vivant dans un ordre qui est mobilit&#233; et mouvement perp&#233;tuel de naissance et de mortalit&#233;.&#160;&#187;. Dont acte. &lt;i&gt;&#171;&#160;Toutes choses branlent dans le monde. Le monde n'est qu'une branloire p&#233;renne&#160;&#187;&lt;/i&gt;. Le scepticisme de Montaigne est un h&#233;raclit&#233;isme.&lt;br class=&#034;autobr&#034;&gt;
Mais alors, comment amorcer un processus de recherche&#160;? S'il est pos&#233; d'embl&#233;e qu'aucune position d&#233;finitive ne peut jamais &#234;tre acquise, comment trouver la force d'&#233;laborer un projet, d'initier une d&#233;marche, une action&#160;? Et en quel fondement, dans quelle intuition primitive un tel projet, une telle action pourraient-ils s'ancrer&#160;? Montaigne semble lui-m&#234;me percevoir cette difficult&#233; qui se d&#233;ploie autant sur un plan m&#233;thodologique qu'&#233;thique, lorsqu'il &#233;voque, in fine, cette &#233;trange &#233;chappatoire qui consiste &#224; s'en remettre, autant qu'&#224; Dieu, &#224; la douce guidance de la &#171;&#160;nature&#160;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'h&#233;raclit&#233;isme, on bascule dans un relativisme que ne colore m&#234;me plus comme ce sera le cas dans la &lt;i&gt;Pens&#233;es&lt;/i&gt;, l'&#233;lan mystique. On pourrait m&#234;me parler de conformisme lorsqu'il devient question de se plier aux r&#233;gimes politiques ou aux religions &#171;&#160;en place&#160;&#187;, selon l'adage &#171;&#160;cujus regio, cujus religio&#160;&#187;, adage en vigueur &#224; l'&#233;poque des guerres de religion pr&#233;cis&#233;ment, et tout bonnement atroce. &lt;br class=&#034;autobr&#034;&gt;
Il reste &lt;i&gt; &#171;&#160;la lecture des livres, la compagnie des femmes, et la pratique de l'amiti&#233;&#160;&#187;&lt;/i&gt; mais entre ces trois &lt;i&gt;vade mecum&lt;/i&gt; - et en leur sein&#160;-, il faut pourtant bien encore op&#233;rer un choix et les crit&#232;res font d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde difficult&#233; est celle des ph&#233;nom&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.&#160;Leli&#232;vre cite, opportun&#233;ment, une d&#233;finition de Victor Brochard&#160;: &lt;i&gt;&#171;&#160;Le vrai sceptique est celui qui (&#8230;) doute de tout, except&#233; des ph&#233;nom&#232;nes&#160;&#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons d'abord que nous retrouvons ici la m&#234;me difficult&#233; que pr&#233;c&#233;demment&#160;: pourquoi les ph&#233;nom&#232;nes seraient-ils capables de mettre en branle une activit&#233; de recherche du vrai &#8211; et de la perp&#233;tuer &#8211; sans jamais fournir la moindre certitude quant &#224; leur capacit&#233; de voir cette recherche aboutir ni de voir tranch&#233;es les questions qu'ils ont eux-m&#234;mes nourries&#160;?&lt;br class=&#034;autobr&#034;&gt;
Mais passons outre. Le fait est que le ph&#233;nom&#232;ne joue un r&#244;le-cl&#233; dans la construction de la doctrine sceptique en tant qu'il d&#233;joue, par son &#233;vidence, le doute sceptique g&#233;n&#233;r&#233; par son traitement rationnel. Cette position, cette fois, renvoie &#224; la th&#233;orie &#233;picurienne de la connaissance, laquelle notamment fait du plaisir, en tant que signe ind&#233;fectible de l'harmonie du percept subjectif et de l'objet, le gage du vrai. Mais le scepticisme n'est pas un &#233;picurisme, pas m&#234;me un ph&#233;nom&#233;nisme (sur ce point il nous para&#238;t quelque peu excessif d'inscrire le distinguo kantien &#171;&#160;ph&#233;nom&#232;ne-chose en soi&#160;&#187; dans son sillage).&lt;br class=&#034;autobr&#034;&gt;
Il est donc logique, m&#234;me si cela semble au prime abord contradictoire, de rencontrer presqu'aussit&#244;t une condamnation de ce m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne, simple &#171;&#160;&#233;tat int&#233;rieur&#160;&#187; sujet &#224; &#171;&#160;l'alt&#233;ration des sens&#160;&#187;. Ce faisant toutefois, le scepticisme ne se trouve-t-il pas rejet&#233; dans la seule sph&#232;re du doute et m&#234;me du doute critique, c'est-&#224;-dire la forme la plus l&#233;gitime du doute&#160;? Certes, ce glissement est rendu n&#233;cessaire par le &#171;&#160;ralliement&#160;&#187; aux ph&#233;nom&#232;nes et aux compensations pr&#233;c&#233;demment d&#233;crits. Il n'en reste pas moins logiquement inacceptable. &lt;br class=&#034;autobr&#034;&gt;
L'auteur de l'&#233;tude en est conscient puisqu'il &#233;voque aussit&#244;t le fameux &#171;&#160;trilemme de M&#252;nchhausen&#160;&#187;, cette triple invalidation de la raison (par la r&#233;gression &#224; l'infini, la p&#233;tition de principe et le diall&#232;le). Mais l&#224; encore, si l'analyse gagne en pr&#233;cision, elle reste fix&#233;e au stade logique. Or, on l'a vu, ce plan logique &#8211; qui n'est rien d'autre que celui de la raison &#8211; n'est toujours pas pertinent pour enraciner l'attitude sceptique puisque celle-ci se situe &#171;&#160;au-del&#224; de la raison&#160;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, aucune des trois invalidations &#233;voqu&#233;es par ce trilemme n'envisage la vraie contradiction du scepticisme qu'on peut ainsi formuler&#160;: &#171;&#160;tout est relatif, c'est le seul principe absolu&#160;&#187;. Ensuite, si &#171;&#160;contradiction&#160;&#187; il y a, celle-ci - la philosophie analytique ne manquera pas de le souligner - est de peu d'importance&#160;: qu'importe une contradiction logique pour qui d&#233;nonce les apories constitutives de la raison et la perp&#233;tuelle errance qui en r&#233;sulte&#160;pour cette m&#234;me raison&#160;? &lt;br class=&#034;autobr&#034;&gt;
L'auteur de l'&#233;tude le per&#231;oit clairement et sans doute est-ce pourquoi, presqu'aussit&#244;t apr&#232;s cette incursion dans l'universalit&#233; logique, il revient &#224; une position pragmatiste, celle qui consiste &#224; suivre les moeurs et traditions en vigueur, ici et maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai probl&#232;me du scepticisme appara&#238;t pourtant ici en filigrane. Quel est ce probl&#232;me&#160;? C'est celui du passage du singulier (ou plut&#244;t, pour &#234;tre exact&#160;: du particulier) &#224; l'universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois bien, en effet, qu'il y a une multitude de croyances, de fois, de religions et aussi bien, d'Etats, de soci&#233;t&#233;s, de cultures et de r&#233;gimes politiques mais en aucun cas cela ne m'autorise-t-il &#224; g&#233;n&#233;raliser et &#224; &#233;noncer, donc, un discours sceptique de port&#233;e g&#233;n&#233;rale. Hume, dans son &lt;i&gt;Enqu&#234;te&lt;/i&gt;, le verra bien lorsqu'il tente de purger ce m&#234;me discours de son universalisme en attribuant cet universalisme... &#224; la partie adverse, c'est-&#224;-dire aux sciences positives et &#224; leur concept de causalit&#233; et... &#224; la philosophie dans son ensemble. Mais on sait aussi que cette habile strat&#233;gie ne suffira pas &#224; le rendre inexpugnable et qu'il faudra Kant pour d&#233;finir une position critique d'un nouveau genre o&#249; la raison peut &#234;tre l&#233;gitime &#224; se mettre elle-m&#234;me en question sans... se contredire&#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, le scepticisme de Montaigne doit surtout nous appara&#238;tre, M.&#160;Leli&#232;vre a raison de le souligner, comme une posture pratique qui nous incite &#224; toujours chercher &#224; comprendre davantage la position, la posture de l'autre. Autrui est le p&#244;le qui doit aimanter la dynamique posturale du sceptique sans oublier, bien s&#251;r, que cette posture de tol&#233;rance doit, juste retour des choses, se prot&#233;ger elle-m&#234;me et veiller &#224; sa propre int&#233;grit&#233;. La raison n'existe presque pas mais ce &#171;&#160;presque pas&#160;&#187; est la chose la plus pr&#233;cieuse qu'il y ait &#224; d&#233;fendre, puisque c'est la seule.&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>VEYSSET</dc:creator>
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